vendredi 5 octobre 2012
ACTUALITÉS
Le CEM, collectif des étudiants de Mirebalais réclame la démission du Président Michel Martelly pour éviter un soulèvement populaire dans le pays -
Détails Catégorie : Actualités Publié le vendredi 5 octobre 2012 13:42 -
Lettre ouverte au Président de la République d'Haïti ; S.E.M Michel Joseph Martelly. -
Monsieur le Président,
Au nom d'un profond respect ancestral, nous tenons à saluer de manière révérencieuse, tous ceux qui ont atteint la magistrature suprême du haut état-major de la République d'Haïti. Avec une seconde de silence de plus, le Collectif des Etudiants de Mirebalais (C.E.M) se sentirait responsable voire coupable de ne pas vous dire la vérité telle que toute morale et dignité humaine l'exigent.
Ainsi, sommes nous fiers d'être la première république Nègre du monde, fiers d'avoir posé le problème de la colonisation avant l'Afrique mère. Et fiers d'avoir fait 1804 que nous considérons comme le pôle de l'accélération de la révolution industrielle. Jusqu'ici les haïtiens n'ont rien inventés comme certains le disent. Cependant, nous resterons à tout jamais le générateur des modes de pensées les plus éclectiques, qui ont conduit à la mise en question de l'exploitation de la force de l'homme par l'homme dans des conditions infrahumaines. A travers ces considérations historiques si nobles et si précieuses, nous voulons vous rappeler Monsieur le Président: « Que vous êtes le chef de l'Etat, le garant de toutes les institutions. Mais la république n'est pas à vous. Ceci dit, vous ne pouvez en aucun cas réduire la postérité de Dessalines et consorts en un chalet familial et amicale où les fonds publics se distillent dans des programmes futiles, bidons et inefficaces tels que : Aba grangou, Katye pam poze, Ti manmi cheri, Kredi ròz fanm...»
Alors que vous venez de changer votre flotte de véhicules, effectuer des voyages forts couteux sans aucune retombée économique pour le pays dont le plus récent est celui effectué au siège des Nations-Unies à l'occasion de la 67ème Assemblée générale avec une délégation de 45 personnes aux frais de la République. Contrairement au chef de l'Etat de la République Dominicaine qui en amène 5. Et que le peuple croupit dans la promiscuité, l'ignominie et atteint la dimension la plus sensible de l'indigence qu'est « la misère ». Joint à certains parlementaires (Conzé), vous n'abordez pas les grands défis nationaux avec sérieux, professionnalisme et le sens dextérité. Nous sommes arrivés au bout des dérives politiques. Les crises que nous connaissons aujourd'hui, ne sont pas la conséquence d'un quelconque déterminisme ni d'un pur hasard. Elles sont plutôt le résultat de l'exclusion consciente des masses, des laisser pour comptes et des incomptés de notre histoire. Ces derniers qui, aujourd'hui réclament leur droit, exigent la redistribution équitable des richesses de la république, usurpées par une dynastie chronique venimeuse. Eux, que votre chef de Gouvernement qualifie de mercenaires. Face à la problématique de la famine actuelle qui guette le peuple, de l'autre bout de sa tombe, Demesvar Delorme vous aurait proposé son livre « Réflexion diverses sur Haïti, la misère au sein de la richesse ».
D'emblé, vous comprendriez que tout vrai développement du pays est d'abord un phénomène endogène assis sur un choix économique clair et rationnel. Que le choix d'importer 300.000.00 sacs de riz dans le pays ne peut qu'envenimer la situation. Vous auriez compris Monsieur le Président ce que la misère veut dire en regardant les conditions de vies d'un Jean Val Jean et d'un Marius dans « les misérables » de Victor Hugo. Ce dernier vous amènerait à comprendre que les crises sociales ne peuvent être résolues ni par un juridicisme étroit ni par la surenchère politique. Combien vous aurait-il couté de prendre connaissance de l'Allocution prononcée en date du 16 juillet 2003 par l'icone de la révolution Cubaine Fidel Castro à « l'occasion du 50ème anniversaire de l'attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Cestedes à Santiago de Cuba ». ? Pour comprendre que très souvent l'aide internationale n'est qu'un cadeau empoisonné mettant les pays pauvres du Sud dans une dépendance structurelle et aveugle. La quelle position a été confirmée par l'Ancien Rapporteur des Nations-Unies au droit à l'alimentation Jean Ziegler à travers sa bible « Géopolitique de la faim ». Ceux qui meurent de faim aujourd'hui ne sont pas victimes d'une loi naturelle mais d'un acte d'assassinat.
Ainsi, devons nous vous dire qu'on ne saurait développer un pays avec le don, la charité présidentielle, la propagande, et la mystification politique. Et que l'ordre mondial repose sur le jeu des forces économiques existantes. Nous avons donc besoin des hommes et des femmes qui puissent enlever le pays de son état de pays le plus pauvre de la planète. On en marre des discours farfelus qui noient le peuple dans le bassin des promesses « douces-amères ». Votre administration est celle qui fait la charité, humilie et trahit. Y a-t-il de rupture de système quand un Député en fonction à été arrêté sur votre recommandation ? Quand la presse est injuriée de votre part ? Lorsque des perceptions fiscales sont faites illégalement à travers le FNE (Fond Nationale pour l'Education) lorsque vous appliquez le népotisme, et des politiques extérieures serviles voire mercantiles ? L'Oncle Sam ne pourra pas toujours gravir la tribune du peuple pour défendre ses intérêts dans la question relative à votre nationalité. La liste serait trop longue Monsieur le président. Hélas ! Il faudrait toujours s'en prendre aux peuples, qui malgré son innocence, rêve un jour d'être justifié par ses bulletins de vote. Toujours, faut-il s'attendre au pire à un gouvernement cauchemardesque.
En ce sens, Monsieur le président, face à votre impuissance constatée devant les nombreuses crises que traversent notre Haïti actuellement et la mort de vos promesses de campagne (Les 5 E), il est d'un impératif catégorique de laisser le pouvoir et vous rentrerez dans l'histoire du monde comme le premier président avoir fait preuve de patriotisme et de conscience de ses incapacités à diriger un peuple d'un passé si héroïque et glorieux. Pour éviter le pays d'un soulèvement rageux dans le département du Centre, nous voulons par anticipation remercier votre démission à la tête du pays.
Ernst EXILHOMME
Coordonnateur Général
Pierre Rigaud DUBUISSON
Secrétaire Général
Patriotiquement, Collectif des étudiants de Mirebalais (CEM) !
Mirebalais 28 septembre 2012.
mercredi 3 octobre 2012
Débat -
Par Leslie Péan * -
Soumis à AlterPresse le 1 er octobre 2012 -
Haïti est en pleine ébullition et peut-être à la veille d’une révolte populaire. La grande manifestation du Nord du 27 septembre écoulé a illustré l’existence d’une conjoncture de crise similaire à celle que le philosophe anglais John Locke définissait en 1690 comme « une rébellion visible, ouverte et éclatante [1]. » À la capitale Port-au-Prince, le 30 septembre 2012, brandissant le carton rouge signifiant la disqualification du président Martelly et la nécessité de l’expulser du terrain politique, plusieurs milliers de manifestants criaient Vle pa vle, fòl ale (Qu’il le veuille ou non, il doit partir) [2]. La présence des Paul Denis, Turneb Delpé et de nombreux autres ténors de l’opposition démocratique à cette manifestation est très significative. Il faut maintenant taire les contradictions secondaires avec le mouvement lavalasse et privilégier la contradiction principale avec le pouvoir absolutiste tèt kalé. C’est ce que demande la moindre réflexion mais aussi ce qu’exige le réalisme !
Les contestations pleuvent contre le gouvernement : Miragoâne, Petit-Goâve, Jérémie, Cayes, La Chapelle, et surtout le Cap-Haitien où trois manifestations ont eu lieu depuis le 13 septembre avec des foules scandant des cris de colère et de désespoir. Ailleurs, la résistance s’organise. Contre l’arbitraire et l’injustice d’un chef d’État qui nage dans l’improvisation et accumule gaffe sur gaffe, provocation sur provocation. Qui bâillonne les libertés publiques, viole la propriété privée, comme c’est le cas avec son voisin limitrophe, le docteur André Morno [3]. Réaction prévisible, les citoyens investissent les rues pour dire Non. Tous les citoyens et toutes les couches sociales sont concernés : parlementaires, juges, commerçants, paysans, ouvriers, chômeurs, etc. Tous prennent la parole pour dénoncer en chœur les forfaitures du Conseil Électoral Permanent, du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), de la corruption et du gaspillage des deniers publics qui s’étalent à vue d’œil.
La diaspora a répondu à cette levée de boucliers avec la manifestation tenue le mercredi 26 septembre devant le Brooklyn College à New-York. Les manifestations sont la preuve par quatre que le peuple a retiré sa confiance au gouvernement. Le peuple ouvre grand les deux bras et commence à exiger son départ pour trouver sa délivrance. Ce que d’autres traduisent par le slogan « Délivrer ou se désister ».
Le gouvernement en place n’est pas à la hauteur des défis de l’heure. Ses membres se comportent comme de vulgaires petits jouisseurs sans conscience et dont les seules préoccupations consistent à s’amuser, à boire, à forniquer et à courir les carnavals. Dans la crise économique et financière internationale actuelle, où les gouvernements des pays donateurs mènent une politique d’austérité, le gouvernement haïtien augmente sans vergogne le nombre des sinécures et portefeuilles ministériels confiés à des copains.
Sur le plan de la gouvernance, c’est l’imbroglio de la témérité avec 18 Ministres et 20 Secrétaires d’État au gouvernement Martelly/Lamothe (soit un total de 38 membres) alors qu’il n’y en avait que 27 sous celui de Préval/Bellerive en 2009, 24 sous Préval/Pierre-Louis en 2008, 23 sous celui de Préval/Alexis en 2006. L’inconscience triomphe avec ce cabinet ministériel de 38 membres pour une population de 9,9 millions d’habitants, tandis que le gouvernement français a 34 membres dirigeant un pays de 65 millions d’habitants.
Supériorité krizokal et politique du crachat
Aux Etats-Unis, le président Obama propose de réduire d’un tiers le déficit public de 14 mille milliards de dollars, soit de 4 mille milliards de dollars sur 12 ans et coupe le budget fédéral pour 2012 de 38 milliards de dollars. En France, face au président Sarkozy qui annonçait le gel des salaires du président de la République et des ministres jusqu’en 2016, son concurrent François Hollande est allé plus loin et a proposé, s’il est élu président, de réduire de 30% les salaires du président et des ministres. La mesure a été adoptée au premier conseil des ministres de son quinquennat le 17 mai 2012.
En Haïti, c’est la politique du gaspillage qui prédomine. Le président Danilo Medina, de la République dominicaine, vient en visite aux Nations Unies à New York avec une délégation de 7 membres [4], tandis que la délégation haïtienne conduite par le président Martelly compte 45 membres [5]. Contrairement à la délégation dominicaine, cette délégation est composée de comparses et d’éléments tellement insignifiants que le pouvoir n’a pas jugé nécessaire de les identifier. Surprenant ! Peccadille ou cas pendable ? C’est bizarre quand même. On ne comprend pas cet acharnement à se surpasser dans la bêtise. Cela ne ressemble-t-il pas à une arnaque pour encaisser des per diem, une escroquerie qui ne veut pas dire son nom ? Une manière inconsciente d’afficher la propension au gaspillage ?
La boucle est bouclée par Edwin Zenny, un sénateur du parti présidentiel, qui crache au visage du juge Bob Simonis en lui intimant l’ordre de se la boucler [6]. Sans tourner autour du pot, en voulant redorer son image mulâtriste et revendiquer une « supériorité krizokal », l’agresseur a déclaré : « Tu dois respecter un mulâtre, Edo Zenny te connait, mais pas le sénateur Zenny. Je suis blanc, et toi tu es nègre [7]. » C’est osé, scandaleux et explosif. La coupe est pleine avec un gouvernement qui après 16 mois au pouvoir est déjà émaillé de mésaventures les unes plus répréhensibles que les autres. La barbarie et la sauvagerie sont aux commandes avec une flagrante absence de lucidité.
Le petit clan au pouvoir
Le scandale est partout et quand il ne l’est pas, c’est le malaise. L’échec du petit clan au pouvoir vient en tout premier lieu de son inexpérience politique et du comportement aberrant du président consistant à agir comme si tout dépendait de lui et qu’il n’existait pas d’institutions dans le pays. Ayant été catapulté au pouvoir par une communauté internationale aux abois qui fuyait comme la peste le regroupement mascarade Inité-Préval, le petit clan au pouvoir n’a pas compris que les temps ont changé et que le président de la République ne peut plus faire à sa guise. Sans qu’aucune loi ne soit votée au Parlement, et avant même qu’un premier ministre soit approuvé, le gouvernement Martelly a imposé une taxe (présentée comme une redevance) d’un montant de $1.50 sur le montant de chaque transfert d’argent reçu en Haïti et de 5 cents sur chaque appel téléphonique vers Haïti. Ces mesures sont illégales, car n’ayant jamais été ratifiées avant ou après leur mise en vigueur par une loi de finances. C’est donc un vol perpétré contre les plus pauvres, un vol pratiqué par une clique dont les membres se comportent comme des gangsters qui ont fait main basse sur l’État.
La clique au pouvoir n’a pas analysé la situation de l’assemblée législative composée en majorité de députés frauduleusement élus. Comme le dit l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) dans sa dernière Adresse à la nation, cette assemblée législative regroupe « une flopée d’élus issus d’élections préprogrammées, les plus rocambolesques de l’histoire de ces trente dernières années, sous l’arbitrage scandaleux de juges électoraux vénaux. » Le petit clan au pouvoir a plongé tête baissée dans la voie tracée par ses prédécesseurs. En ayant recours à l’achat des votes des parlementaires afin que ces derniers votent pour son Premier ministre, il s’est enfoncé dans le piège infernal de la corruption. De nos jours, les députés ne se vendent pas mais se louent plutôt, l’espace d’un vote et même pas celui d’une législature.
Ne disposant pas de ressources financières pour acheter indéfiniment les votes nécessaires pour passer les moindres lois, le pouvoir exécutif creuse chaque jour sa tombe et commence à en creuser pour ses collaborateurs des pouvoirs législatif et judiciaire. Sa dernière découverte a été le recours aux arrestations arbitraires de 36 personnalités politiques dont les avocats Newton St. Juste et André Michel. La tentative a avorté grâce à la rectitude du commissaire du gouvernement Jean Renel Sénatus qui a payé cher cet acte de courage. Les élections pour le renouvellement du Sénat n’ont pas eu lieu aux échéances fixées de sorte que le président Martelly n’a pas passé le test fondamental de la démocratie qui fait du chef de l’État le garant du fonctionnement normal des institutions.
Le gouvernement Martelly, son propre ennemi
Ayant piteusement échoué, le petit clan au pouvoir est au bout du rouleau. L’opposition démocratique l’a placé devant une alternative : délivrer ou partir. Dans le premier cas de figure, le gouvernement abandonnerait sa logique de jeu à somme négative, dans laquelle tout le monde perd au moins une partie de sa mise, pour un grand jeu à somme positive où tout le monde gagne : la présidence, les partis d’opposition, le pays tout entier. Dans le second cas de figure, le gouvernement lui-même peut encore se racheter en démissionnant. C’est le choix qu’ont fait, ces derniers temps, Silvio Berlusconi en Italie et George Papandréou en Grèce. Quand l’exécutif ne peut plus corrompre avec des enveloppes bourrées d’argent, il doit se rendre à l’évidence : la partie est terminée.
Signe des temps, la population des Cayes a déjà manifesté son indifférence face à l’argent envoyé pour la corrompre. Hier, c’était celle du Cap-Haitien qui, le 27 septembre 2012, donnait la preuve que rien ne va plus. Comme l’écrit Daly Valet dans l’éditorial du 28 septembre 2012, « L’échec au Cap-Haïtien de la "tactique des enveloppes " n’est autre qu’un camouflet à tous ceux qui croient, en tout et partout, aux vertus anesthésiantes et aphrodisiaques de l’argent [8]. »
Le président de la République est aujourd’hui la principale victime de la guerre qu’il a déclarée à la société haïtienne. Guerre du divertissement carnavalesque qui a sur le coup apparemment réussi mais qui, en fait, a piteusement échoué. Avec les éléments en majorité sans scrupule qui le composent, le gouvernement Martelly est son propre ennemi. Pour essayer de sortir du pétrin, il doit commencer par résister à ses propres pulsions destructrices. Pourquoi l’ex-ministre de la Justice Josué Pierre-Louis (connu pour le crime d’arrestation d’un parlementaire en fonction) incite-t-il le commissaire Jean Renel Sénatus à envoyer au cabinet du juge d’instruction de Port-au-Prince le dossier de manipulation des fonds publics par Madame la présidente Sophia Saint-Rémy Martelly ?
Quel est le mobile caché de cette action terrifiante ? Un acte vengeur exercé froidement ? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il il existe bien au sein du pouvoir une équipe d’artisans du chaos. Paradoxalement, c’est ce même Josué Pierre-Louis que le président Martelly a nommé président de son Conseil Electoral Permanent. Une autre forfaiture. L’avenir est sombre. Ce que les perspectives actuelles promettent en fait de larmes et de souffrances ne saurait plaire à personne. Dans le bras de fer qui se joue entre le gouvernement Martelly et l’opposition démocratique, la réponse du pouvoir ne peut être ni la démagogie ni la rhétorique. Le président Martelly doit s’incliner. Les revendications du peuple haïtien sont légitimes et doivent être satisfaites. FIN - Leslie Pean
[1] John Locke, Traité du gouvernement civil (1690), Université du Québec à Chicoutimi, Canada, 2002, p. 139.
[2] Amélie Baron, « Haïti : la colère contre le pouvoir gagne Port-au-Prince », RFI, 1er octobre 2012.
[3] André Morno, « Lettre ouverte au Président Michel Joseph Martelly », Le Nouvelliste, 21 septembre 2012
[4] La délégation dominicaine accompagnant le président Danilo Medina et son épouse aux Nations Unies était composée de Carlos Morales Troncoso (Ministre des Affaires Étrangères) ; Gustavo Montalvo (Ministre de la Présidence) ; Jose Ramon Peralta (Ministre des Affaires administratives présidentielles) ; Roberto Rodriguez Marchena (Directeur de la Communication) ; Miguel Mercedes (Directeur adjoint du Département d’Investigation Nationale) ; Carlos Pared Perez (assistant du Directeur adjoint du Département d’Investigation Nationale) et le General Adams Caceres Silvestre, chef de la garde militaire présidentielle).
[5] Haïti/Nations-Unies : Une délégation de 45 membres accompagnera Martelly et Lamothe à la 67e session de l’assemblée générale, AlterPresse, 25 septembre 2012.
[6] Thomas Péralte, « Un sénateur crache au visage d’un juge », Haïti Liberté, 18 Septembre 2012. Voir aussi Walter Cameau, « Le juge Bob Simonis humilié par le Sénateur Edo Zenny », Le Matin, 10 septembre 2002
[7] Thomas Péralte, op. cit.
[8] Daly Valet, « Le pouvoir comme hibou », Le Matin, 28 septembre 2012
lundi 1 octobre 2012
MARTELLY PEUT-IL SAUVER SON MANDAT - Par Marc-Arthur Pierre Louis -
Soumis à Tout Haïti ce 1er Octobre 2012 -
Je n'ai pas supporté le renversement d'Aristide en 2004, ce n'est pas aujourd'hui que je vais supporter aucune tentative qui viserait à renverser le président Martelly malgré toutes les irrégularités qui facilitèrent son ascension à la première magistrature de l'état. Comme je le dis toujours, la démocratie c'est défendre les droits de l'autre comme si sa vie en dépendait, comme s'ils étaient les siens. Le démocrate que je suis, veux que le président achève son mandat. C'est ce qui serait mieux pour notre frêle démocratie. Renverser Martelly n'est pas, de loin, ce dont le pays a besoin en ce moment. Cependant le capital politique que Martelly a amassé à son arrivée a été dilapidé, effrité, pulvérisé. Cela est nettement visible dans les trois plus grandes métropoles du pays qui l'ont propulsé au palais national. Les Cayes qui furent le fer de lance de son élection se soulevèrent en premier et cela était un très mauvais signe que ses bases commencèrent à le lâcher. Lorsque le Cap qui le porta en apothéose lors de ses tournées entra en éruption en deux occasions et annonce une grève générale pour le premier Octobre et que Port-au-Prince s'embrasa aujourd'hui tout en scandant des slogans anti-Martelly et en réclamant son départ du pays les choses se corsent et n'augurent rien de bon pour le pouvoir en place.
Il semble que Martelly n'a pas apprécié la dynamique de la grande majorité du peuple Haïtien qui ne chérit pas les idéaux démocratiques par ce que justement personne ne les lui a enseigné. Cependant tout comme St Thomas d'Aquin disait qu'il faut un minimum de bien-être pour exercer la vertu, les vertus démocratiques réclament un minimum de bien-être, un strict nécessaire. Dans presque tous les pays du monde si le peuple ne mange pas à sa faim et si les services les plus élémentaires sont hors de sa portée on peut s'attendre à des émeutes et à des chamboulements. Ce qui va exacerber la situation c'est la présence de ses ennemis politiques qui profitent du moindre faux-pas pour capitaliser et creuser votre tombe politiquement.
Le gouvernement Martelly parle d'un laboratoire de déstabilisation. Il est quasi certain que ce laboratoire existe. Cependant ce gouvernement lui a rendu la tache absolument plus facile. Si à ce laboratoire de déstabilisation le gouvernement n'oppose que son propre laboratoire de crises tous azimuts alors le mélange devient caustique, volatile, et peut exploser à tout moment. Il est évident que le schéma du pouvoir tel qu'il se découpe dans la pensée du chef d'état est rétrograde par ce que calqué sur le modèle duvalérien ou le leader est un chef suprême qui prend des décisions auxquelles ses subalternes s'empressent de donner une couverture légale la majeure parties des cas au prix des grandes contorsions et gymnastiques dénaturées. Cependant ces manœuvres ne sont plus à l'ordre du jour dans la période post 1987. La peur qu'inspiraient les hommes de main des gouvernements passés n'existant pas aujourd'hui il est extrêmement difficile de faire avaler des couleuvres au peuple comme ce fut le cas dans le passé. Ce n'est pas que les hommes du pouvoir n'ont pas essayé mais la stratégie s'est retournée contre eux toutes les fois. On n'a qu'à consulter les incidents Bélizaire, Apaid et Morno et Sénatus pour se rendre compte de la nouvelle fragilité de l'exercice des manœuvres d'antan extrêmement efficaces à museler l'opposition.
Il n'est pas trop tard à Martelly de sauver son mandat cependant il ne devra pas commettre les erreurs de ses prédécesseurs et surtout il devra dompter sa propre capacité à créer des situations explosives. Dans la situation actuelle ou il se trouve, en plus des vautours qui l'entourent qui ont le potentiel de le ruiner complètement, l'ennemi le plus farouche de Martelly est le Sweet Micky dynamique, polémiste hors pairs et qui va constamment au devant des défis, provocations et bagarres de toutes sortes et qui fait fi des lois établies ou cherche toujours le moyen de les contourner, en d'autres mots l'aura du bandit légal. Si Martelly veut réussir son mandat il devra commencer à se conduire complètement en chef d'état. Il n'est pas impossible de projeter cette image mais il lui sera extrêmement difficile car l'ennemi qui est dans son sein peut frapper mortellement à un moment ou l'on s'y attendait le moins. Il doit d'abord pacifier les foules. Un discours de grande envergure à la nation ou il peut en faire une livraison ininterrompue qui prendra tout le talent des rédacteurs de discours pour trouver les mots justes est une nécessité impossible à contourner. Ce discours devra assumer toutes les erreurs commises avec des promesses certaines de correction et comme gages des mesures immédiates garantes de sa bonne volonté.
Il faudra une assurance que les dépenses inutiles vont cesser avec un assainissement de son entourage et démontrer sans équivoques des mesures d'austérité au sein de la présidence même pour une parcimonie des deniers publics qui indique que le chef de l'état sent la souffrance des masses et fait preuve d'empathie avec elles. Avec cela l'annonce de mesures visant à contrecarrer la cherté de la vie devra être faite de sitôt. Certains arrêtés controversés devront être rappelés et cela montrerait une volonté ferme de redémarrer. La promesse de meilleures relations avec le parlement et une visite extraordinaire effectuée dans l'enceinte de ce corps avec un discours conciliateur empreint d'humilité et une main tendue à ses adversaires politiques sera un grand pas dans la bonne direction et un événement rare qui enverrait un signal positif au pays aussi bien qu'a ses amis. Il sera nécessaire de travailler à l'affermissement des relations du département de liaison avec le parlement et surtout un remaniement des protocoles qui gèrent ces relations sera aussi un signe distinct de détente et un désir arrêté d'en finir avec les antagonismes caractéristiques de ce bras de fer en permanence entre les deux pouvoirs.
Martelly devra en appeler à tous ses talents de communicateur pour gagner à sa cause ceux qu'il a perdu et surtout de créer une disposition chez les sceptiques à vouloir lui donner une chance de l'observer pendant une période de temps. Il devra aborder sa présidence comme s'il commençait maintenant et devra se défaire complètement de l'opinion du pouvoir avec laquelle il a pris le pouvoir car le peuple sent qu'il a été dupé. Il devra donner les signaux indubitables qu'il veut désormais et irréversiblement mettre les intérêts de la nation au dessus des siens et intimer à ses collaborateurs l'essence du nouveau programme et leur donner l'opportunité de se retirer s'ils pensent qu'ils n'ont pas la capacité de se soumettre au nouveau régime. Il fera la promesse de livrer une lutte sans merci à la corruption, au népotisme, au trafic des stupéfiants et surtout à l'insécurité avec des mesures tangibles montrant une intention nette d'œuvrer et de réussir dans ces domaines. Il devra en appeler à la conscience citoyenne de tous les fonctionnaires de l'état et surtout du parlement et inaugurer une ère nouvelle dans les relations avec les pouvoirs du pays.
Martelly devra se rappeler qu'il avait fait des promesses qu'il n'a pas livrées. Notamment qu'il allait laisser Conille diriger après l'incident Bélizaire, qu'il allait faire une rupture complète avec les systèmes du passé, construire des universités, décentraliser le pays et tant d'autres. Un Martelly contrit et qui explique pourquoi il n'a pu tenir ses promesses et surtout qui fait état d'une volonté dure comme l'acier à changer de direction et à promouvoir une période de paix sur tout le territoire peut renverser la vapeur s'il est complètement honnête. Il devra se rappeler que les crises avec le parlement ne sont rien en comparaison avec les crises avec le peuple qui peuvent tout chambarder en un laps de temps très court et que jouer avec les sentiments du peuple est jouer avec un feu qui peut tout embraser et dévorer. Donc il n'aurait aucun intérêt à présenter une image au peuple qui ne serait pas la vraie. Qu'il se rappelle comme relaté plus haut que le peuple se soucie, malheureusement, guère des idéaux démocratiques et que des pays comme les Etats Unis vont l'abandonner à son sort et même lui demander de partir dès qu'ils perçoivent une volonté arrêtée du peuple de se débarrasser de lui. Qu'il se rappelle que la mesure d'un pays est souvent la mesure de son leader.
Les destinées de Martelly sont entre ses mains. Qu'il se rappelle de cette pensée : Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée. Mr. Martelly a été créé par l'histoire mais plus il oublie cette réalité plus il se met en position de nier la possibilité à l'histoire de se recréer sans des déchirures atroces. Mais s'il se dit qu'il a des redevances à l'histoire chaque fois qu'il se regarde dans un miroir alors il mettra tout en œuvre pour rendre à l'histoire sa réciprocité pour que le cycle de vie chez nous se préserve.
Par Marc-Arthur Pierre Louis
vendredi 28 septembre 2012
Thèmes de l’Emission de la semaine
Orlando le 28 septembre, 2012
Actualités Politiques : Grandes Lignes
A l’époque de la guerre froide et au-delà, c'est-à-dire de Kebreau à Préval, en Haïti, la gestion de la conquête, du maintien et de la perte du pouvoir, ont échappé totalement à la volonté citoyenne, dans la plupart des pays du tiers-monde. La dictature sanguinaire des Duvalier, a duré presque 30 ans, durant lesquels une bonne partie de la classe moyenne a été forcé de prendre le chemin de l’exile, ainsi que 85% des intellectuels, des professionnels, des technocrates et des administrateurs. Après son renversement en 1986, on a annoncé tambour battant l’avènement de la Démocratie émancipatrice en Haïti. Avec la nuance, que l’Internationale a choisi manifestement d’ignorer les rapports étroits existant entre la légitimité politique et l’expression de la volonté générale !
Bien que ponctuellement, on ait eu des élections pour tous les postes électifs. Force est de constater dans les faits que l’Internationale s’est réservé le droit d’intervenir ouvertement et ponctuellement à chaque élection présidentielle sans exception, pour imposer qui elle veut à la présidence. Mais en prenant soin de laisser à ceux catapulté au pouvoir, la liberté de faire à leurs guises, pour consolider leurs pouvoirs, en confisquant indistinctement toutes les élections, du législatif aux postes des collectivités territoriales. Voilà ce qu’a été la politique électorale, d’accès et d’octroi de pouvoir, pendant un quart de siècle, de désillusion, de bluff et de démocrature. Les vrais enjeux électoraux jusqu'à présent, restent et demeurent irréfutablement, le contrôle à la fois du CEP et de la machine électorale.
Pour ménager les apparences, l’International a adopté et réutilisé la transposition d’une popularité acquise dans un autre domaine, en politique, créant ainsi artificiellement l’apparence d’une légitimité politique pour ceux qui sont catapultés à la présidence. Avoir une popularité peu importe le domaine, est maintenant consacré comme qualification et pré-requis pour la présidence. Les conséquences directes de cette consécration, sur les partis politiques, sont énormes et catastrophiques. Le parti en tant qu’instrument politique moderne, est désormais en échec et mat. L’accès au pouvoir politique ne passe plus par le biais de l’appartenance à un instrument politique, qui est en Démocratie une étape de modernité. Ce processus est court-circuité par la consécration de cette formule.
L’hégémonie méridionale, leader de la force militaire multinationale de l’ONU, la Minustah, est allée encore plus loin. Elle a retourné au pouvoir, au lendemain du renversement du régime lavalas, dû à une longue lutte insurrectionnelle, le 1er premier ministre et le second chef d’état du régime lavalas. Pour ce faire, l’ex-représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Haïti, Juan Gabriel Valdès, a qualifié l’Opération Baghdâd et les zones de non-droit, orchestrés par lavalas, d’être des phénomènes de revendication sociale ! Et c’est par le biais du chantage de la terreur et du chambardement total que l’on a forcé Boniface Alexandre et le CEP à entériner une victoire au premier tour pour le retour de René Préval au pouvoir. C’est à partir de ce fait historique irréfutable qu’est venue un peu plus tard, l’idée de l’impératif de la négociation et du dialogue avec les bandits.
Or, c’est ce même régime lavalas qui a manifestement provoqué, en deux fois, dans l’espace d’une décade, la faillite de l’Etat haïtien, en pérennisant la déliquescence institutionnelle, introduite par le régime des Duvalier. A chacune de ces deux faillites, le Conseil de Sécurité de l’ONU a évoqué le Chapitre VII de sa Charte pour placer Haïti sous tutelle. On est jusqu'à présent sous la dernière tutelle en date.
Jugeant de l’effet de ces interventions directes de l’Internationale pendant plus d’un demi-siècle. Catapultant à son gré, ceux qui ont assumé les responsabilités de gouverner notre pays. On constate malheureusement, que ces gouvernants ont intentionnellement maintenu plus de 60% d’illettrés, pour réduire les risques de toute prise de conscience des masses et éliminer du même coup toute possibilité de réaction citoyenne, face à ces interventions qui sont manifestement contre l’intérêt national. Rendant ainsi possible à perpétuité la possibilité de ces immixtions internationales, par le maintien de l’indifférence totale des masses inconscientes de ces violations.
Le Wall Street journal, vient de publier dans sa rubrique 24/7 Wall St. la liste des pays les plus pauvres du monde, à partir d’un rapport de la Banque mondiale. Haïti, selon ce rapport, a remporté la palm cette fois-ci. Elle est en tête de liste, à 77% de taux de pauvreté, le pays le plus pauvre de la planète :
1. Haiti
· Poverty rate: 77 percent
· Population: 10,123,787
· GDP: $7.35 billion (66th lowest)
· GDP per capita: $726 (22nd lowest)
2. Equatorial Guinea
· Poverty rate: 76.8 percent
· Population: 720,213
· GDP: $19.79 billion (99th lowest)
· GDP per capita: $27,478 (40th highest)
3. Zimbabwe
· Poverty rate: 72 percent
· Population: 12,754,378
· GDP: $9.9 billion (72nd lowest)
· GDP per capita: $776 (25th lowest)
4. Congo (Democratic Republic)
· Poverty rate: 71.3 percent
· Population: 67,757,577
· GDP: $15.64 billion (91st lowest)
· GDP per capita: $231 (the lowest)
5. Swaziland
· Poverty rate: 69.2 percent
· Population: 1,067,773
· GDP: $3.98 billion (47th lowest)
· GDP per capita: $3,725 (82nd lowest)
Compte tenu du déclin précipité depuis plusieurs décades, cette classification n’est pas surprenante. C’est plutôt la conclusion que tire l’auteur de cet article, mettant sans nuance l’emphase uniquement sur la responsabilité citoyenne des peuples du tiers-monde. C’est un déni absolu de responsabilité des superpuissances dans la gestion catastrophique de leurs intérêts à travers le tiers-monde durant 67 ans d’affilé, de la guerre froide et au-delà, de 1945 à 2012. Voilà la conclusion verbatim : «"Our background and circumstances may have influenced who we are, but we are responsible for who we become." » Quelles sont vos réactions en lisant cette conclusion ? Est-elle juste ? Est-elle pertinente ?
Cette conclusion indubitablement déculpabilise et ignore totalement les conséquences directes des interventions hégémoniques prédatrices des puissances mondiales exploitant et vassalisant intentionnellement ces pays appauvris du tiers-monde, de l’époque des atrocités de la guerre froide à nos jours. Parce qu’aucun de ces pays des deux pôles gérant férocement les carnages de cette guerre froide, n’ont subi aucune conséquence négative directe de cette longue guerre sur leurs territoires. Et leurs nations n’en ont subi aucun dommage. Si pour ces deux pôles, ça a été une guerre d’influence idéologique, par proxy. Pour les pays du tiers-monde, ça n’a pas été le cas. Les pays leader des deux pôles et leurs institutions veulent, pour sauf-garder leurs prestiges et leurs dominations, ignorer le fait que cette guerre froide a été gérée avec toute sa violence et toute sa férocité, exclusivement sur le territoire des pays du tiers-monde, en y imposant et en y maintenant au pouvoir par la force des armes et des fois par le génocide, des gouvernement dictatoriaux et sanguinaires pour défendre exclusivement leurs intérêts. Cette « guerre froide » a causé des dommages physiques et psychiques profonds et inestimables dans les entrailles de ces populations appauvris et meurtris du tiers-monde.
Il y a eu le Plan Marshal pour les pays d’Europe victimes des bombardements indiscriminés de civils de la seconde guerre mondiale 1939-1945, 6 ans. Mais quant aux pays du tiers-monde qui ont subi ces atrocités de la guerre froide 1945-1989, 44 ans en théorie, mais 67 ans en réalité. Quel sera ce plan ? Quand certaines nations évoquent avec fierté la période de prospérité des 30 glorieuses, 1945-1975. On oublie trop souvent qu’à la même époque, c’étaient l’enfer des tranchés sanglants, jonchés de cadavres, hantés par les gémissements des suppliciés, qui se creusaient uniquement sur les territoires des pays du tiers-monde où la guerre froide faisait rage. De fait certain pays tel qu’Haïti, elle n’est pas la seule d’ailleurs, demeure jusqu'à présent sous le même régime de tutelle hégémonique, ne varietur, pendant plus d’un demi-siècle, avec des gouvernants catapultés et maintenus au pouvoir par l’Internationale ! In fine, qui a contribué le plus, directement ou indirectement au fait qu’Haïti ait pu atteindre 77% de taux de pauvreté ?
Les gouvernants haïtiens, pour se maintenir au pouvoir, y ont contribué aussi, sans aucun doute. Ils ont maintenu intentionnellement la grande majorité de la nation dans la pauvreté, l’ignorance et l’inconscience, pour s’assurer du pouvoir absolu et de sa pérennisation. Ils feignent d’exécuter ponctuellement le rituelle électoral, plutôt pour feindre une fausse légitimité politique, entérinée et consacrée régulièrement par le corps diplomatique, après chaque élection. En effet, l’entérinement et la consécration des résultats électoraux frauduleux par le corps diplomatique, clôture sans appel, à chaque fois, tous débats concernant la contestation électorale. De fait, les contestations électorales n’ont jamais abouti. Le corollaire est que les taux de participation ont proportionnellement décliné, reflétant ainsi le niveau de confiance accordé par l’électorat à ces élections bidon.
L’Internationale paradoxalement se plaint constamment de l’incompétence et de la corruption proverbiale des gouvernants haïtiens. Ne devrait-elle pas s’interroger sur ce fait ? Pourquoi intervient-elle ponctuellement à chaque élection présidentielle, pour catapulter et maintenir les mêmes incompétents et les mêmes corrompus au pouvoir pendant plus d’un demi-siècle ? De quoi se plaint-elle ? Quel intérêt a-t-elle à ce jeu manifestement cynique et malsain ? Ne comprend-elle pas que ce soit l’une des causes principales de la mauvaise gouvernance, qui fait d’Haïti le pays le plus pauvre de la planète ? Si son intérêt est dans la destruction et l’éradication de la première République Nègre, qu’elle ait le courage de l’avouer ! On saura désormais à quoi s’en tenir ! Ou qu’elle ait au moins le courage, de se l’avouer. Elle cessera enfin de se plaindre ! Mais aura-t-elle jamais conscience du mal qu’elle est en train de causer à tout un pan d’humanité dans le tiers-monde ?
ROBERT BENODIN, ORLANDO, FLORIDA
mardi 5 juin 2012
HOW TO DEVELOP 5 CRITICAL THINKING TYPES
How to Develop 5 Critical Thinking Types
Holly Green, Contributor (FORBES.COM)
Great leaders think strategically.
They can understand and appreciate the current state as well as see possibilities. When dealing with today’s issues, they operate from a broad, long-term perspective rather than focusing only on short-term implications. And they can gather information and make decisions in a timely manner.
Most of all, strategic leaders know how to strike a balance between visualizing what might or could be and an effective day-to-day approach to implementation. They can look into the future to see where the company needs to go and what it will look like once they get there. And they can do this while making sure the right things get done on a daily basis.
This type of strategic leadership requires five different types of thinking. Knowing when and how much to utilize each one is the hallmark of great leaders.
Critical thinking is the mental process of objectively analyzing a situation by gathering information from all possible sources, and then evaluating both the tangible and intangible aspects, as well as the implications of any course of action.
Implementation thinking is the ability to organize ideas and plans in a way that they will be effectively carried out.
Conceptual thinking consists of the ability to find connections or patterns between abstract ideas and then piece them together to form a complete picture.
Innovative thinking involves generating new ideas or new ways of approaching things to create possibilities and opportunities.
Intuitive thinking is the ability to take what you may sense or perceive to be true and, without knowledge or evidence, appropriately factor it in to the final decision.
Until recently, most leaders could get by with critical and implementation thinking. But in today’s hyper-fast world, conceptual, innovative and intuitive thinking have becoming increasingly important, especially in industries where frenetic change represents the rule rather than the exception.
Business leaders still need to gather and analyze data, make decisions, and implement them well. But now they have to take in vast amounts of data from a more diverse array of sources. They have to make decisions much more quickly. And they have to do it knowing that everything could change overnight.
In such an environment, the ability to ponder possibilities, see patterns and connections that others don’t see, and look at the same data in new and different ways represents a formidable competitive advantage.
Some leaders seem to be born with these intuitive types of thinking skills. But since most of us are not so naturally gifted, here are some suggestions for developing these essential leadership skills.
Take time to look around. Browse business websites and read related publications to learn how other organizations have implemented various strategies in order to increase their competitive advantage.
Be willing to change directions and/or pursue new goals when strategic opportunities arise. Think about what is keeping you on the same path and force yourself to ponder whether or not you should shift plans. Consider worst-case scenarios.
When problems arise, don’t settle for a quick fix. Instead, carefully look at the problem and take the time to analyze all possible solutions. Create a checklist for yourself to trigger thoughts on long-term consequences and possibilities.
Help others in the organization feel that they are part of the overall mission and strategies by discussing it with them frequently and involving them as much as possible.
Pause and view your situation from another perspective – that of an employee, customer, supplier, etc.
Research and analyze your company’s major competitors. Create a detailed profile of each one and share it with your team. Constantly look for first-hand data rather than relying on anecdotal information.
Engage in “what-if” thinking. For example, “If we do this, how will our competitors respond? What will our customers think? What impact will this have on our suppliers and distributors? What if there is something we have not considered?”
Expand your data sources to include areas totally outside your business or industry. Analyze other industries to see what they’re doing well and how that could be adapted to your business.
Most of all, get in the habit of stimulating your mind by not thinking about your business. From time to time, go outside your office and take a walk. Turn off your processing and just soak in the sights, sounds, and scents of the environment. Let your mind wander, and allow yourself the luxury of daydreaming. You’ll be amazed at what you can come up with simply by shifting out of the critical/implementation thinking modes from time to time.
The human brain is a powerful leadership tool. It works even better when you use all five thinking types!
mercredi 9 mai 2012
HISTOIRE DE L'HOPITAL JUSTINIEN
Histoire de l’Hopital Justinien
Cap-Haitien, Haiti
En 1880, M. Justinien Etienne, alors magistrat communal du Cap-Haitien proposa aux membres du cercle du commerce la création d’un Hospice pour les mendiants et les infirmes de la ville, un rêve qu’il chérissait. Pour extraordinaire que fut l’idée, elle fut acceptée avec enthousiasme. L’impression produite par la vue des infirmes de toutes catégories qui circulaient librement a travers les rues de la ville était fort pénible. L’orgueil des vrais Capois, si chatouilleux quand il s’agit de leur ville, était blesse quand les étrangers aussi étaient témoins de cette triste situation.
Pour faire face a la difficulté initiale du financement du projet, Justinien et ses collaborateurs décidèrent de recourir aux souscriptions. Mais ses amis étaient loin de penser sérieusement a voir s’intégrer son projet dans le réel, ne concevant pas qu’il allait pouvoir, grâce a l’initiative privée, trouver les ressources suffisantes pour faire subsister une telle entreprise. Mais Justinien lui était comme envahi d’une véritable passion pour la réalisation de son œuvre. Et quand son ami l’architecte Frederick Rutter a qui il avait eu recours, lui souligna les obstacles qu’il lui faudrait vaincre pour réaliser son projet, il se contenta de lui répondre : « Donnez-moi un plan et je me charge de trouver l’argent ».
L’autre difficulté escomptée, celle de trouver le personnel hospitalier, fut résolue avant même le commencement des travaux de construction car, sur qu’il allait pouvoir réaliser son projet, Justinien Etienne, avec l’appui de Mgr Hillion, avait sollicite l’aide des religieuses de la Congrégation des Filles de la Sagesse et celles-ci avaient acquiescé a sa demande et lui avaient promis qu’elles lui apporteraient leurs concours des que l’hospice ouvrirait ses portes.
Il restait a trouver un local approprie. Justinien eut l’idée d’utiliser une ancienne caserne coloniale située sur la colline connue sous le nom de Mandeau (ou Mando), aux pentes douces et a la fraicheur prenante alimentée par une brise constante qui fait de ces lieux un havre de paix et de repos. Cette question fut résolue quand le futur président Florvil Hyppolite (1889-1896), a l’époque sénateur de la république, s’empressa de prêter ses bons offices pour les démarches devant les chambres législatives pour l’obtention d’une concession du terrain- concession qu’il obtint non sans de grands ennuis. Par la suite, il put obtenir aussi une subvention de 3,000.00 gourdes.
Ils obtinrent donc du gouvernement la cour des grandes casernes et firent placer sur la porte d’entrée un écriteau avec ces mots : « Hôpital a construire ». En 1882,, avec seulement 600 gourdes en caisse, au grand étonnement de ses amis, et alors qu’une terrible épidémie de petite vérole qui avait éclaté en 1881 décimait les familles a travers le pays, la première pierre et les premières fondations du bâtiment principal de l’Hospice Justinien furent posées.
Les travaux devaient durer huit ans, ralentis par le manque de fonds et interrompus par les troubles politiques causes par les renversements successifs des présidents Salomon (1879-1888) et Légitime (1888-1889). Mais Justinien ne se découragea pas et le 16 mars 1890, l’Hospice fut enfin inaugure solennellement avec » d’imposantes manifestations » Le journal « La Liberté » du jour rapporte que « la ville du Cap tout entière, y compris les corps constitues, était debout en ce jour pour participer a l’interminable procession partie de la cathédrale pour se rendre a l’Hospice. L’inauguration se termina par la bénédiction solennelle des lieux et celle du Saint Sacrement.
Justinien fut nomme administrateur de l’Hospice et le resta pendant 22 ans, jusqu'à sa mort en 1912. Pendant 30 ans, l’Hospice Justinien vécut de la charité publique et la charité des médecins désintéressés qui ont consacre à l’établissement leur science et leur dévouement. Le Service d’Hygiène en assuma la responsabilité en 1917 sous l’Occupation Américaine, et en 1920, il fut transformé en vrai hôpital. En 1920/1930, l’Hôpital Justinien fut doté d’une salle d’opération et de services de radiologie, d’ophtalmologie, d’Art Dentaire, et de Dispensaire, au milieu d’un environnement sain et accueillant ou on retrouvait un magnifique kiosque, des parterres agréables, reliées par des allées de buis et de plantes décoratives bien entretenues, des salles spacieuses aux toits élevés faits pour maintenir la fraicheur et de large ouvertures pour leur bonne aération, en particulier des salles privées confortables, les meilleures du pays jusqu'à un passé récent, avec fourniture d’eau a profusion a partir d’un puits artésien et de grands réservoirs et des cuisines importantes. Ces améliorations se firent sous l’administration du Dr. Laning (1922-1926), un chirurgien américain, un homme d’un dévouement inlassable qui allait transformer cet hospice en un vrai hôpital. Pour financer ces travaux, Laning sollicita l’aide de la Croix-Rouge qui donna $10,000.00. Le gouvernement contribua $40,000 mais comme cela ne suffisait pas, il organisa des fêtes de charité et ouvrit des souscriptions.
Depuis lors, plusieurs bâtiments tels que le bloc opératoire ont été érigés. D’autres pavillons ont été agrandis. Citons le pavillon de pédiatrie et plus récemment le pavillon des cliniques externes qui s’est vu coiffe d’un étage hébergeant le service de Médecine de famille. Le gouvernement israélien vient de faire don d’un pavillon préfabriqué qui sert d’unité de soins intensifs. Ce pavillon se situe entre l’allée principale de l’hôpital et le pavillon de la Maternité (Obstétrique et Gynécologie)
L’hôpital a cependant perdu beaucoup de sa splendeur, mais surtout il est dépassé par l’explosion démographique que connait tout le pays. L’hôpital dessert actuellement une population de près d’un million de personnes et le périmètre de l’institution est reste le même depuis plus de 130 ans. Le flot incessant de patients et de visiteurs cause une congestion de personnes et de voitures. Bien que les soins de sante soient officiellement gratuits en Haïti, les patients sont obliges de payer pour chaque test de laboratoire et d’acheter tous leurs médicaments, les solutés et les aiguilles intraveineux, et même les bonbonnes d’oxygène, s’ils sont en détresse respiratoire.
Au jour de l’inauguration de l’Hôpital le 16 mars 1890, le rédacteur du journal La Liberté écrivit : » Justinien Etienne a pose un acte de patriotisme qu’on n’a pas l’habitude d’admirer chez nous et a donne une belle leçon d’énergie a tous le hésitants et les faiblards qui n’entendent rien entreprendre de nouveau pour changer certains états de choses chez nous dont l’archaïsme nous frappe et porte l’étranger qui nous visite a souligner notre état de peuple arriéré, sous le fallacieux prétexte qu’ils n’ont pas les moyens nécessaires a leur disposition ».
Et Marlene Rigaud Apollon de conclure : A combien d’entre nous ces reproches s’adresseraient-ils aujourd’hui ?
Louis J Auguste, MD – 6 mai 2012
Ce texte a été rédigé a partir d’un article de Mme Marlene Rigaud Apollon, intitulé « Justinien Etienne, Héros peu connu- Modèle pour notre temps » publié dans l’ouvrage collectif « Cap-Haitien – Excursion dans le temps / Voix Capoises de la diaspora » sous la direction de Max Manigat, Educa Vision Inc. Pblshrs, Coconut Creek, FL.
vendredi 13 avril 2012
Stanley Lucas: Haiti Solutions: RAPPORT DE LA COMMISSION SUR L’ARMEE D'HAITI AU PR...
Stanley Lucas: Haiti Solutions: RAPPORT DE LA COMMISSION SUR L’ARMEE D'HAITI AU PR...: Port-au-Prince, le 23 décembre 2011 Monsieur Michel Joseph Martelly Président de la République Palais National Monsieur le Président, La C...
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