mardi 1 janvier 2008

LES DEUX "JEAN" SONT DANS LE PASSE...

Le 22 Septembre 2007 dernier, Monsieur Jean-Claude Duvalier, ancien président d’Haïti, envoyât un message de réconciliation au peuple haïtien. Cet évènement éveillât les passions, des discussions politiques s’ensuivirent, et la nostalgie s’installât dans certains cœurs. Pour les fêtes de fin d’année 2007, Mr. Duvalier présentait ses vœux les meilleurs a la nation haïtienne. C’était un geste très louable et appréciable.
Selon des sources non-officielles, Mr. Jean-Bertrand Aristide, ancien président d’Haïti, envoyât a maintes reprises, au cours de ces trois dernières années, des messages codés a ses partisans. Avec l’internet, il est archi-facile de communiquer avec ses amis et ses ennemis.
Les partisans de ces deux anciens chefs d’Etat réclament leur retour en Haïti.
Je m’abstiens de verser dans le passé pour faire un étalage des bonnes ou mauvaises actions posées par ces anciens présidents ou de même les comparer. Un plan national n’a jamais existé d’alors, doublé d’une manque de vision. Un fait demeure : Port-au-Prince, sous les deux gouvernements sus-cités, fut le centre névralgique de toutes machinations politiques. Apres tout, la conjoncture politique actuelle m’en interdit, elle crie et continue de crier très fort pour un nouveau leadership.
- Haïti a besoin d’un leader qui a fait preuve de son dévouement pour le peuple.
- Haïti a besoin d’un leader qui va sacrifier ses intérêts personnels au dépends des intérêts de ses concitoyens.
- Haïti a besoin d’un leader charismatique qui peut unir le pays.
- Haïti a besoin d’un leader qui a une vision et un plan et qui peut les partager avec toutes les couches sociales du pays.
- Haïti a besoin d’un leader nationaliste qui défendra ses intérêts quelque soient les circonstances.
- Haïti a besoin d’un leader qui est capable de lier les intérêts de l’Elite Haïtienne, de la classe moyenne, et les besoins des masses populaires.
- Haïti a besoin d’un leader qui n’hésitera pas a conduire le pays dans une voie de développement ou certaines factions ne voudraient pas y aller a cause de leurs intérêts de caste.
Que vous soyez duvaliériste ou aristidien, être haïtien prend la primauté sur toutes les autres affiliations. La question maintenant est de savoir quel est et quel sera votre contribution dans cette marche inexorable de l’histoire vers le devenir de la nation. Un pays ne meure jamais. Les deux « Jean » sont dans le passe...
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2008 A TOUS!

jeudi 27 décembre 2007

L'ONCLE SAM (1823-2004)

(Extrait de "Le Monde Diplomatique")

MANIERE DE VOIR - AMERIQUE LATINE REBELLE

1823 (2 décembre). Formulation de la doctrine Monroe : sous prétexte de lutter contre les ingérences européennes, Washington entend instaurer son hégémonie sur tout le continent.
1824. Intervention des Etats-Unis à Porto Rico.
1831. Intervention en Argentine.
1846-1848. Guerre entre le Mexique et les Etats-Unis, qui s’emparent de la moitié du territoire mexicain – soit les Etats actuels de la Californie, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, ainsi qu’une partie de l’Utah, du Nevada et du Colorado.
1852-1853. Les marines débarquent en Argentine et au Nicaragua, secoués par des troubles, pour y protéger les intérêts américains.
1854. Un navire américain détruit la ville portuaire de San Juan del Norte (Greytown), au Nicaragua, en représailles à une offense faite au ministre-résident américain.
1855. Les armées américaine et européenne interviennent en Uruguay pour protéger les intérêts des Etats-Unis..
1860.Washington envoie des troupes en Colombie, où vient d’éclater une révolution.
1867. Les marines occupent Managua et León, au Nicaragua.
1891. Les troupes américaines affrontent les rebelles nationalistes au Chili et débarquent dans l’île de Navassa (Haïti) – revendiquée par les Etats-Unis –, après le soulèvement de travailleurs noirs.
1894. Occupation de Bluefields, au Nicaragua, après la prise du pouvoir du général « libéral » José Santos Zelaya, hostile aux Etats-Unis.
1896. Les marines débarquent dans le port de Corinto, au Nicaragua, en proie à des troubles politiques.
1898. Les Etats-Unis soutiennent la guerre d’indépendance des Cubains contre les Espagnols, auxquels ils déclarent la guerre après la destruction de l’USS Maine à La Havane. A l’issue du conflit, Madrid cède, entre autres, Porto Rico à Washington. Les Américains mettent en place un gouvernement militaire d’occupation à Cuba.
1899. Les troupes américaines et britanniques prennent le contrôle de San Juan del Norte et de Bluefields, au Nicaragua.
1902. Les Etats-Unis évacuent Cuba. En vertu de l’amendement Platt, ils en conservent la tutelle ainsi qu’un droit d’intervention, et se voient octroyer Guantánamo et l’île de Bahia Honda.
1903. Corollaire à la doctrine Monroe : le président Theodore Roosevelt octroie aux Etats-Unis le droit d’exercer « un pouvoir international de police ». Les marines occupent Puerto Cortés, au Honduras, et Saint-Domingue, en République dominicaine. Une « rébellion » protégée par l’US Navy déclare l’indépendance du Panamá (vis-à-vis de la Colombie).
1904. Le Panamá concède aux Etats-Unis l’usage à perpétuité du canal.
1906. Les Etats-Unis interviennent à Cuba à la suite de troubles consécutifs aux élections. Ils administreront l’île jusqu’en 1909.
1907.Washington dépêche des troupes au Honduras pour protéger ses intérêts, menacés par la guerre qui oppose le Honduras au Nicaragua.
1908. Les troupes américaines débarquent au Panamá afin de prévenir tout risque d’insurrection pendant les élections.
1909. Les marines sont envoyés au Honduras, où règne une guerre civile, afin de protéger les compagnies bananières américaines. Des troupes sont aussi dépêchées au Nicaragua, où Zelaya est « démissionné ».
1911. Les Etats-Unis interviennent de nouveau au Honduras.
1912. Les marines débarquent à Cuba après une révolte des travailleurs du sucre. A l’appel du président Adolfo Diaz, les Etats-Unis installent également des troupes au Nicaragua. Elles se retireront en 1925.
1914. L’armée américaine occupe plusieurs mois Veracruz, au Mexique, où la révolution a éclaté quatre ans auparavant.
1915. Des troupes sont envoyées en Haïti, en état d’insurrection. Le pays est placé sous protectorat jusqu’en 1934.
1916. Les Etats-Unis forment un gouvernement militaire en République dominicaine. L’occupation du pays prendra fin huit ans plus tard. Washington lance plusieurs offensives dans le nord du Mexique contre Pancho Villa.
1917. Les marines interviennent à Cuba pour réprimer une insurrection populaire et garantir les exportations de sucre.
1918. L’armée américaine occupe la province panaméenne de Chiriqui après des troubles consécutifs aux élections.
1919.Washington envoie les marines au Honduras pour y assurer l’« ordre public » pendant les élections. Des troupes entrent également au Guatemala, où un conflit oppose les syndicats au gouvernement.
1921. Les forces américaines prennent position des deux côtés de l’isthme de Panamá après un différend frontalier entre le Panamá et le Costa Rica.
1924. Des troupes débarquent au Honduras après une révolte populaire lors des élections.
1925. Au Panamá, les marines répriment violemment la grève générale qui agite le pays.
1926. Les troupes américaines occupent à nouveau le Nicaragua, qu’elles ont quitté un an auparavant, pour consolider le pouvoir de Diaz affaibli par l’agitation politique qui secoue le pays.
1927. Les marines affrontent la guérilla de Cesar Augusto Sandino lors de la bataille d’Ocotal, au Nicaragua. Celui-ci les tiendra en échec jusqu’à leur départ, en 1933, et sera assassiné l’année suivante sur ordre du général Anastasio Somoza, soutenu par Washington.
1932. Des navires américains croisent au large du Salvador après un soulèvement communiste dans le pays.
1933. Le président Franklin D. Roosevelt annonce qu’il veut substituer la politique du « bon voisinage » à celle du « gros bâton ».
1934. Fin du protectorat américain sur Cuba.
1947. Les Etats-Unis déploient des bombardiers B-29 après l’élection de Tomas Berreta à la présidence uruguayenne.
1950. Les marines écrasent la rébellion en faveur de l’indépendance à Porto Rico.
1954. Des exilés guatémaltèques entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent le président progressiste du Guatemala, Jacobo Arbenz, accusé d’être un « agent de Moscou ». Le colonel Castillo Armas instaure une dictature militaire.
1958. Les troupes américaines interviennent au Panamá après une mobilisation nationaliste.
1960. Le président Dwight Eisenhower donne son approbation à l’étude d’un programme d’action clandestine contre Cuba. Le 19 octobre, Washington promulgue un embargo sur le commerce avec l’île.
1961. Echec du débarquement de militants anticastristes, entraînés et équipés par les Etats-Unis, dans la baie des Cochons, à Cuba.
1962. Le 25 janvier 1962, l’Organisation des Etats américains (OEA), « ministère des colonies de Washington », exclut Cuba. Toutes les relations commerciales, diplomatiques et aériennes entre l’île et les autres pays du continent (sauf le Mexique) sont interrompues. Eclatant le 14 octobre, la « crise des fusées » oppose La Havane et Moscou à Washington.
1964. Les marines écrasent une révolte au Panamá en faveur de la restitution du canal. Encadrée par ses conseillers américains, l’armée colombienne attaque la « République indépendante » de Marquetalia, dont les combattants créeront ultérieurement les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
1965. Au nom du « danger » communiste, les Etats-Unis envoient vingt mille soldats en République dominicaine pour réprimer une insurrection dirigée par une fraction de l’armée qui proteste contre le renversement de Juan Bosch.
1966. Les « bérets verts » interviennent contre les rebelles au Guatemala.
1967. Ernesto Che Guevara est tué par l’armée bolivienne, qu’épaulent les Etats-Unis.
1973. Le président chilien Salvador Allende trouve la mort lors du coup d’Etat mené par le général Augusto Pinochet, aidé militairement par Washington.
1980-1992. Les Etats-Unis offrent un soutien militaire au gouvernement salvadorien, en lutte armée avec la guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN).
1983. Les marines débarquent dans l’île de Grenade après la prise du pouvoir par le général procubain Hudson Austin.
1984. Les forces américaines minent les eaux de plusieurs ports du Nicaragua, dirigé depuis 1979 par les sandinistes, qui se préparent à organiser les premières élections générales pluralistes et qu’ils remporteront peu après avec 66 % des voix.
1986. Les Etats-Unis sont condamnés pour « usage illégal de la force » au Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye. Scandale de l’« Irangate » : vente illégale d’armes à l’Iran pour financer les contras (groupes contre-révolutionnaires nicaraguayens).
1989. Les troupes américaines envahissent le Panamá et chassent le général Manuel Noriega du pouvoir au terme d’une semaine de combats.
1992. La loi Torricelli renforce le blocus de Cuba.
1994. Les Etats-Unis interviennent militairement en Haïti afin de rétablir à la tête du pays le président Jean-Bertrand Aristide, renversé en 1991.
1996. La loi Helms-Burton durcit notamment les sanctions à l’égard des pays commerçant avec Cuba.
2002.Washington participe en sous-main au coup d’Etat tenté, le 11 avril, contre le président vénézuélien Hugo Chávez.
2004. Les Etats-Unis, aidés par la France, démettent le président Aristide de ses fonctions et occupent Haiti.


L'AFRIQUE DIT "NON"

By Ignacio Ramonet

Ainsi donc, au grand dam de l’arrogante Europe, l’inimaginable s’est produit : dans un élan de fierté et de révolte, l’Afrique, que certains croyaient soumise parce qu’appauvrie, a dit « non ». Non à la camisole de force des accords de partenariat économique (APE). Non à la libéralisation sauvage des échanges commerciaux. Non à ces ultimes avatars du « pacte colonial ».
Cela s’est passé à Lisbonne, en décembre dernier, lors du IIe sommet Union européenne - Afrique, dont l’objectif principal était de contraindre les pays africains à signer de nouveaux traités commerciaux (les fameux APE) avant le 31 décembre 2007, en application de l’accord de Cotonou (juin 2000), qui prévoit la fin de la convention de Lomé (1975). Selon celle-ci, les marchandises en provenance des anciennes colonies d’Afrique (et des Caraïbes et du Pacifique) entrent dans l’Union quasiment sans droits de douane, à l’exception de produits sensibles pour les producteurs européens comme le sucre, la viande et la banane.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a exigé le démantèlement de ces relations préférentielles, ou alors leur remplacement – seul moyen, selon l’OMC, de préserver la différence de traitement en faveur des pays africains – par des agréments commerciaux fondés sur la réciprocité (1). C’est cette seconde option qu’a retenue l’Union européenne, le libre-échange intégral camouflé sous l’appellation « accords de partenariat économique ».
Autrement dit, ce que les Vingt-Sept exigent des pays d’Afrique (et de ceux des Caraïbes et du Pacifique (2)), c’est d’accepter de laisser entrer dans leurs marchés les exportations (marchandises et services) de l’Union européenne, sans droits de douane.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a dénoncé ce forcing et a refusé de signer. Il a claqué la porte. Le président de l’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, l’a immédiatement soutenu. Dans la foulée, la Namibie a également pris la courageuse décision de ne pas signer, alors qu’une augmentation des droits de douane de l’Union européenne sur sa viande bovine marquerait la fin de ses exportations et la mort de cette filière.
Même le président français, M. Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant eu des mots fort malheureux à Dakar en juillet 2007 (3), a apporté son appui aux pays les plus opposés à ces traités léonins : « Je suis pour la mondialisation, je suis pour la liberté – a-t-il déclaré –, mais je ne suis pas pour la spoliation de pays qui, par ailleurs, n’ont plus rien (4). »
Cette fronde contre les APE – qui suscitent, au sud du Sahara, une immense vague d’inquiétude populaire ainsi qu’une intense mobilisation des mouvements sociaux et des organisations syndicales – a porté. Le sommet s’est terminé sur un constat d’échec. M. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a été contraint de céder et d’accepter la revendication des pays africains de poursuivre le débat. Il s’est engagé à reprendre les négociations en février prochain.
Cette cruciale victoire de l’Afrique est un signe supplémentaire du moment favorable que connaît le continent. Au cours des dernières années, les conflits les plus meurtriers se sont terminés (seuls demeurent ceux du Darfour, de la Somalie et de l’est du Congo), et les avancées démocratiques ont été consolidées. Les économies continuent de prospérer – même si les inégalités sociales demeurent – et sont pilotées par une nouvelle génération de jeunes dirigeants.
Autre atout enfin : la présence de la Chine, qui, investissant massivement, est sur le point de supplanter l’Union européenne au premier rang des fournisseurs du continent africain, et qui, par ailleurs, pourrait devenir, dès 2010, son premier client, devant les Etats-Unis. Il est loin le temps où l’Europe pouvait imposer de désastreux programmes d’ajustement structurel. L’Afrique se rebiffe désormais. Et c’est tant mieux.

Ignacio Ramonet.

, , , , , , , , , , , ,
Lien
Imprimer');
// -->
Imprimer
(1) Lire Alternatives économiques, Paris, décembre 2007.
(2) Les pays des Caraïbes ont accepté, le 16 décembre 2007, de parapher un APE avec l’Union européenne.
(3) Dans son discours à l’université de Dakar, le 26 juillet 2007, M. Sarkozy avait déclaré : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire (...), jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. » Lire Anne-Cécile Robert, « L’Afrique au kärcher », Le Monde diplomatique, septembre 2007.
(4) Le Monde, 15 décembre 2007.
Édition imprimée — janvier 2008 — Page 1
Qui sommes-nous ? - Ours - Abonnements - Boutique - Informatique et libertés - Logiciels - Articles récents

mardi 25 décembre 2007

VOEUX DE PAIX ET PROSPERITE

Le blog SANSSOUCI365 souhaite ses voeux les meilleurs de paix, de prospérité au peuple et gouvernement haïtiens. Que cette nouvelle année nous apporte réconciliation, bonheur, la paix dans les rues, dans les quartiers, les villes, les campagnes, les communes, les sections rurales, les écoles etc! Que les hommes de robes prennent la décision ferme de prêcher l'amour fraternel et que les haïtiens cessent de s'entre-tuer. Seulement les bonnes nouvelles de Jésus Christ, Dieu se faisant Homme peuvent changer le coeur des hommes. "Aime ton prochain comme toi -meme" il proclamât deux milles ans de cela et ces mots sonnent encore plus fort aux oreilles des hommes. Simple message mais profond.

Joyeux Noël & Bonne Année 2008!

lundi 17 décembre 2007

LA CONSTITUTION DE 1987...

Haïti : La Constitution de 1987, ce dernier verrou à faire sauter…
mercredi 24 octobre 2007

Débat

Par Gary Olius

Soumis à AlterPresse le 22 octobre 2007

En Haïti et au Venezuela les tentations politiques sont peut-être les mêmes, mais les réalités demeurent radicalement différentes. Et pour cause, les mêmes objectifs doivent se poursuivre différemment. Ce que le simple jeu des rapports de force permet d’acquérir au Venezuela, il faut et il faudra toute une gymnastique politique pour le conquérir en Haïti. L’isomorphisme des ambitions n’engendre pas automatiquement l’isomorphisme des espaces de possibilités politiques. De fait, Chavez n’a pas beaucoup sué pour arriver à faire passer le mandat présidentiel de 6 à 7 ans dans son pays et ouvrir la voie à l’éventualité de se faire re-élire indéfiniment. En Haïti, par contre, tout un arsenal doit être mobilisé rien que pour arriver à faire admettre le principe de l’amendement de la constitution en vigueur. Et que dire si les dirigeants souhaiteraient la tailler à la mesure de leurs fantasmes politiques…
Au pays de Simon Bolivar, il se passe des choses qui font saliver leurs homologues haïtiens et pour parvenir à des résultats similaires ceux-ci savent pertinemment que dans le contexte actuel ils doivent tenter, au bas mot, un vrai saut périlleux politique, c’est-à-dire une succession de manœuvres qui exige un mixage savamment dosé de force et de technique. Soit dit en passant qu’il y a aussi là-dedans le risque de se briser la nuque ou la ceinture ; bien sûr, figurément parlant. Une certaine maîtrise de l’art est nécessaire et c’est ce à quoi, paraît-il, les dirigeants travaillent. De fait, ils font déjà preuve d’un équilibrisme diplomatique remarquable dans leurs échanges avec deux ennemis jurés bien connus et jouent au plus malin dans leurs rapports avec les forces politiques locales. Ils se veulent incroyablement pragmatiques et postulent impassibles que (1) ce qui importe ce n’est pas le choix entre l’Ethanol de Bush ou le Pétrole de Chavez, l’essentiel est que le moteur marche ; (2) peu importe que le chat soit blanc ou noir pourvu qu’il attrape des souris. Cet exercice difficile et dangereux engendre un camouflage idéologique qu’il faut, en premier lieu, questionner chez nos dirigeants dans notre démarche pour comprendre les tenants et aboutissants leurs actions et de la conjoncture politique actuelle, laquelle est faite de provocations délibérées, de réactions apparemment inconsidérées, de risques majeurs de crises institutionnelles et aussi du silence – on dirait - négocié des partis politiques de l’ancienne opposition.
Le temps passe vite et on oublie qu’il y a un peu plus de 4 ans l’ex-Président Aristide a tenté un amendement de la constitution. Il passe si vite que certains ont du mal à se rappeler que c’est à la suite d’une série de visites au Venezuela et à Cuba que notre actuel Président a lancé, comme un ballon d’essai, l’idée d’examiner l’opportunité d’un reformatage de la constitution. Grâce aux efforts conjugués des factions encore saines de la société civile les décideurs ont éprouvé, pendant un laps de temps, une certaine gêne à clamer haut et fort leur aversion pour cette loi-mère. Mais, du reste, les décideurs se sont rendus compte que l’argument le plus récurrent dans le discours des adversaires de ce projet est qu’on ne saurait plaider pour le remaniement d’une charte dont on n’a pas encore testé l’applicabilité et les limites.
A malin, malin et demi, ce test d’applicabilité tant désiré le pouvoir en place semble vouloir le faire de manière artificielle, c’est-à-dire en simulant comme au labo ce que peuvent faire certaines autorités des milieux judiciaires et législatifs quand elles ont les coudées franches pour exécuter à leur façon leurs « prérogatives constitutionnelles » et ce, tout en utilisant sournoisement des incitatifs difficilement détectables par les principaux concernés. Et depuis lors, les crises entre les trois principaux pourvoir d’Etat se sont multipliées à un rythme inégalé, les mêmes personnes interviennent à tort et travers et font la une de l’actualité sans savoir qu’elles jouent les marionnettes. Les effets de leurs excès (provoqués par manipulation) ont réussi à maintenir la société haïtienne ou même la communauté internationale sous le stress d’un risque élevé de paralysie ou d’impasse politique. Pour s’en convaincre, on peut considérer le rapport Exécutif/Parlement ou Judiciaire/Parlement au cours des 10 premiers mois du gouvernement. Le nombre de frictions ouvertes ou déclarées se résumait aux remontrances faites au Premier Ministre pour son penchant maladif à négocier avec les bandits qui semaient la terreur au sein de la population haïtienne. Mais d’avril 2007 à nos jours, on a l’impression que les trois principaux pouvoirs de l’Etat sont en guerre permanente et les dirigeants feignent de vivre dans la crainte morbide d’une crise institutionnelle insurmontable qui serait de nature à re-plonger le pays dans le chaos. Et ladite crise serait imputable à la constitution de 1987. Mais en fait, qu’est-ce qu’il y a de différent entre ces deux périodes considérées ? Rien d’autre que le positionnement beaucoup plus clair des forces sur l’échiquier politique et la re-considération de l’enjeu du pouvoir sur le long terme. Ces deux éléments peuvent être résumés dans la question suivante : “Dans l’hypothèse que la MINUSTAH laissera le pays après 10 ans, qu’elle sera la configuration de l’espace politique sans les bandits qui pesaient très lourds dans les décisions de l’électorat haïtien et avec l’arrivée d’une nouvelle force publique et le possible retour des duvaliéristes ?”.
Depuis la tradition post-aristidienne et encore plus avec l’avènement du Président Préval au pouvoir, beaucoup d’Haïtiens se sont rendus compte que les politiciens les plus tonitruants du mouvement GNB n’avaient pas de grosses ambitions et que si Aristide avait eu la générosité de leur mettre quelque chose sous les dents il finirait tranquillement son mandat. On s’en souvient, il y a deux ans, tout était permis à Gérard Latortue. Et aujourd’hui tout est permis au Président Préval. La raison tient au fait que ces deux régimes ont manifestement un point commun : ils savent comment convertir les anciens « opposants » en leurs meilleurs alliés. Latortue en a fait l’expérience et Préval en a pris la leçon : Les politiciens haïtiens sont comme les jeunes filles dont parlait Maurice Sixto dans sa pièce ‘j’ai vengé la race’, quand ils s’ennuient, il faut leur donner à travailler … ou à manger. Les mauvaises langues diraient peut-être que cela est quand-même bon pour la paix de nos oreilles, de nos yeux, de nos rues et de nos nuits. Qui sait ?
Par ailleurs, avec le limogeage du dangereux gauchisant Juan Gabriel Valdés, la MINUSTAH a pu redorer son blason en marquant des points importants dans son projet de stabilisation de la situation sécuritaire du pays. Elle a permis à l’Etat de récupérer le monopole de violence qui lui a échappé depuis des lustres par la faute des politiciens sans popularité et qui ont vu dans les groupes armés une rampe de lancement sure pour accéder au pouvoir. Parallèlement, la progression du débat sur le retour d’une force publique, constitutionnellement l’Armée d’Haïti, plonge une part importante de classe politique haïtienne dans une profonde appréhension. Les “si” les plus abracadabrants se multiplient et alimentent les phobies politiques. Cela déchaîne une velléité irrépressible d’anticiper sur les événements et modifier le cours des choses. C’est à peine si les acteurs les plus influents gardaient encore le sens de l’histoire, ils cherchent à droite comme à gauche la solution qui leur permettrait d’arriver le plus sûrement et le plus rapidement possible à leur fin. Et puis, dans cette quête acharnée, ils ont découvert en la constitution le point d’appui idéal pour chambarder un système que leur propre schizophrénie politique a inventé. Dans l’état actuel des choses, l’essentiel serait de terrasser tous les vieux démons qui hantent leurs esprits et qui les empêchent de voir le pays avec des yeux du XXIè siècle.
Les assauts contre la constitution prennent une dimension inquiétante et on se demande si les responsables actuels lésineront sur les moyens et s’embarrasseront de pudeur politique pour parvenir à leur fin. Le discours du Président lors de la célébration de la mort de Dessalines a fait mouche et a forcé pour une fois certains leaders politiques à sortir de leurs gons. La presse s’est beaucoup arrêtée sur une fraction de cette déclaration tonitruante : “la constitution de 1987 est source d’instabilité”, mais on oublie que préalablement une brochette d’intellectuels a produit à la solde du Président un document qui lui a fourni les « arguments » pour corroborer sa déclaration. Misant sur un effet trompe-l’œil académique, ces « experts » ont remué mille et une théories pour apporter de l’eau au moulin de notre Président et lui faciliter la tache dans ses assauts répétés contre la loi-mère. Dommage, ils ont péché sur l’essentiel ; ils oublient que, dans le débat actuel, ce qui compte le plus c’est l’opinion des Haïtiens eux-mêmes,… n’en déplaise à Gosselin, Filion, Mirkine-Guetzevitch et consorts qu’ils ont appelés à leur rescousse.
Le caractère ultra-réaliste de la politique haïtienne veut qu’un président jure pieusement, au vu et su de tout le monde, de respecter la constitution pour ensuite l’identifier à tort ou à raison comme source première d’instabilité, oui tout juste bonne pour la poubelle. Ce réalisme de mauvais aloi flirte dangereusement avec l’hypocrisie et le pire est que finalement, on ne saura jamais quand nos dirigeants mentent ou sont sincères dans leurs déclarations. Notre Président était-il sincère lors de sa prestation de serment, en jurant fidélité à la constitution ? Si oui, on pourrait considérer ses dernières déclarations comme une mordante plaisanterie ; auquel cas il ne prendrait pas la société haïtienne au sérieux. Si, au contraire, notre Président n’était pas sincère lors de sa prestation et savait pertinemment qu’il allait crier haro sur la loi-mère tout en simulant devant Dieu et devant les hommes qu’il était disposer à la respecter ; là encore il fait preuve de mépris envers l’Etat et envers les Haïtiens qu’il dirige. Sous les deux hypothèses, on pourrait aboutir à la conclusion que la posture qu’a pris le Président le 17 octobre 2007 mérite un questionnement de fond. Le fait de voir un corpus de principes (jamais appliqué) comme une principale source d’instabilité est symptomatique d’un profond malaise entre la vision politico-idéologique de celui-là qui est placé pour le faire respecter et le corpus en soi. Il y a sans doute un besoin de re-formatage quelque part ; mais savoir de quel coté se situe ce besoin est déjà très problématique ? Nous y reviendrons….

REFLEXIONS SUR LA BONNE GOUVERNANCE...

Réflexions sur la Bonne Gouvernance et la Décentralisation énergétique en Haïti
mardi 17 avril 2007

Réflexions sur la Bonne Gouvernance et la Décentralisation énergétique en Haïti
Par Marc Antoine Archer [1]

Soumis à AlterPresse le 17 avril 2007

« Quand il est urgent, il est déjà trop tard » Talleyrand

Les relations internationales, au besoin, créent parfois de nouveaux concepts pour justifier leurs échecs, échecs anciens et échecs actuels. Ce processus de création, vraie gymnastique intellectuelle, leur permet de se donner bonne conscience face à ces échecs permanents, continus, continuellement renouvelés. Il en est ainsi pour le concept de « Gouvernance » et de son évolution vers celui de « Bonne Gouvernance ». L’un et l’autre venaient à certifier l’échec des politiques d’ajustement, l’inconvenance des accords de coopération bi et multilatérale ainsi que des autres méthodes utilisées par les pays industrialisés donneurs de fonds, « bailleurs de fonds » et par les grandes Institutions Internationales, pour venir en aide aux pays pauvres.
Dans cette optique, les notions de « Gouvernance » et de « bonne Gouvernance » constituaient alors un mécanisme de transfert du sentiment de culpabilité permettant de ne pas assumer la responsabilité de l’échec ou des échecs consécutifs des différents programmes, élaborés par ces « pays donneurs », exécutés dans les « pays récepteurs permanents d’aide », paradis de la déchéance sociale, politique, économique.
Cependant, les mots, une fois créés, génèrent parfois des raccourcis, des liens externes, des chemins tortueux pour se donner d’autres acceptions. Et, en ce sens la profusion d’acceptions créent des malentendus, des mésinterprétations, des divergences. Cependant, malgré cette multiplicité de formes, malgré les divergences de forme ou de fond qui peuvent se produire, on peut arriver à s’entendre sur une définition généralisable et acceptable pour la Gouvernance et la Bonne Gouvernance.
La Gouvernance est la manière dont le pouvoir est exercé dans la gestion des ressources économiques et sociales d’un pays et au service du développement. Elle s’intéresse aux chemins qui mènent aux conditions ou aux résultats souhaités.
La gouvernance s’intéresse à la façon dont le pouvoir est exercé entre les différents secteurs ou groupes d’intérêts de la société de sorte que les libertés traditionnelles puissent s’exprimer, que le commerce puisse se développer et que les arts et la culture puissent prospérer. C’est donc dire que la gouvernance est importante en soi parce qu’elle fournit un contexte pour les choses que les gens valorisent énormément, comme l’histoire le prouve. Par exemple, la liberté personnelle et la liberté de réunion, que ce soit pour des fins sociales, commerciales, religieuses ou autres, doivent se produire dans un cadre social global incluant la primauté du droit et une constitution.
Une définition assez complète de la gouvernance, pourrait donc être la suivante :
« Somme des différentes façons dont les individus et les institutions, publiques et privées, gèrent leurs affaires communes. C’est un processus continu de coopération et d’accommodement entre des intérêts divers et conflictuels. Elle inclut les institutions officielles et les régimes dotés de pouvoirs exécutoires tout aussi bien que les arrangements informels sur lesquels les peuples et les institutions sont tombés d’accord ou qu’ils perçoivent être de leur intérêt… ». [2].
La bonne Gouvernance, quant à elle, suppose un système de règles réellement appliquées et d’Institutions qui fonctionnent vraiment et assurent une application appropriée de ces règles. Elle pourrait être définie comme un mode de gouvernance qui conduit aux résultats sociaux et économiques que recherchent les citoyens.
D’après les Nations Unies, la Bonne Gouvernance comprend les éléments suivants : La participation : donner à tous, hommes et femmes, la possibilité de participer au processus décisionnel ; La transparence : découlant de la libre circulation de l’information ; La sensibilité : des institutions et des processus vis-à-vis des intervenants ; Le consensus : des intérêts différents sont conciliés afin d’arriver à un vaste consensus sur ce qui constitue l’intérêt général ; L’équité : tous, hommes et femmes, ont des possibilités d’améliorer et de conserver leur bien-être ; L’efficacité et l’efficience : les processus et les institutions produisent des résultats qui satisfont aux besoins tout en faisant le meilleur usage possible des ressources ; La responsabilité : des décideurs du gouvernement, du secteur privé et des organisations de la société civile ; Une vision stratégique : des leaders et du public sur la bonne gouvernance et le développement humain et sur ce qui est nécessaire pour réaliser un tel développement.
Et quels sont les acteurs de la bonne gouvernance ? Ce sont les différents groupes « Porteurs d’intérêts », « Preneurs de décision » et « Fournisseurs d’opinion », ce que l’on appelle généralement les « Stake Holders » de la société. Ils sont les « Fournisseurs de services », les « Détenteurs de la technologie ». On peut les regrouper comme suit : Le Gouvernement, Les Collectivités Territoriales, Le Pouvoir Législatif, Les Associations d’écologistes, Les Autres Associations de la société civile, Les Investisseurs, Les Universités et autres centres de décision intellectuelle, Le Secteur des Affaires, Le Secteur Bancaire La Communauté Internationale
La gouvernance implique donc les modalités de prise de décision et les interrelations entre les différents intervenants dans le processus de prise de décision. C’est la capacité de l’État de servir les citoyens. Et, la Bonne Gouvernance, au niveau énergétique, fait référence à l’efficacité, à un rendement élevé, à la maîtrise de la consommation énergétique d’une société. L’application de ce concept, au domaine de l’énergie est évidente. Le secteur énergétique, en Haïti, ne fonctionne pas et les Stake Holders ne remplissent pas leur rôle. La décentralisation énergétique fournirait un outil de changement et d’optimisation. Elle entraîne des améliorations dans la fourniture et la gestion des services publics car : Elle crée un climat favorable à la motivation et à la productivité. Elle augmente l’efficacité dans la détection et la couverture des besoins puisque les fournisseurs de la couverture sociale sont alors plus proches des besoins et exigences des citoyens. Elle facilite une meilleure distribution des ressources par rapport aux besoins existants Elle permet de réduire les inégalités. Elle incite les citoyens à s’impliquer plus dans la prise de décisions et dans l’établissement de priorités, d’où un renforcement du contrôle citoyen, de l’appropriation citoyenne (contrôle renforcé du gouvernement régional et une capacité citoyenne accrue d’exercer des pressions sur le Pouvoir Local).
« Dans tout pays, le secteur public présente une structure territoriale à plusieurs niveaux de décision – central, régional, local –, la décentralisation des systèmes politiques est censée permettre l’adaptation des politiques publiques aux besoins des citoyens. Conçue, en termes généraux, comme un transfert de pouvoir et/ou d’autorité du niveau national vers des niveaux infranationaux (ou des niveaux centraux de gouvernement vers des niveaux locaux) dans divers domaines de compétence administrative et politique, la décentralisation peut néanmoins prendre plusieurs formes. Quand on transfert une capacité de prendre des décisions et de les mettre en pratique à un niveau administratif régional, on parle de déconcentration ou de décentralisation administrative. On parle en revanche de délégation administrative et de la gestion quand une telle capacité est transférée à des agences institutionnelles liées d’une manière distendue aux administrations publiques. Quand une compétence est dévolue à un niveau politique régional qui possède ses propres institutions de représentation, on parle enfin de décentralisation politique ou encore de fédéralisation. » [3]
La décentralisation doit permettre, en principe, de combattre l’inefficacité de la gestion centralisée et de faciliter l’engagement citoyen dans le fonctionnement du pays dans une approche de recherche de l’optimalité tout en : Réduisant le cadre global de la corruption et les mécanismes de corruptibilité Recherchant l’équilibre fiscal Établir des mécanismes d’équité sociale
Dans notre cas, nous ne nous intéressons qu’au secteur énergétique et à l’énergie en tant que « Bien Public », acceptant la définition de bien public comme toute solution coopérative aux fins de satisfaire un besoin collectif. En ce sens, tout membre de la collectivité doit pouvoir jouir des bienfaits apportés par la solution à laquelle il a contribué. L’énergie est un bien public et, en tant que « bien Public », elle est soumis à une série de principes qui peuvent se résumer en :
Principe d’accès démocratique à l’énergie : L’Énergie est un bien, un bien public. L’accès aux services énergétiques de base doit être garanti à tout Haïtien. Principe de co-responsabilité : L’Énergie a un coût. Tout Haïtien, tirant un profit, jouissant des services énergétiques, a l’obligation citoyenne d’assumer les coûts associés à la production desdits services. Principe de Qualité : L’État a l’obligation d’assurer à tout Haïtien les services énergétiques de base, dans des conditions de sécurité, de fiabilité et de qualité de service. Principe de consommation responsable et d’efficacité énergétique : L’utilisation des ressources énergétiques produit un impact sur l’environnement physique et social. La minimisation dudit impact correspond aussi bien à l’État qu’aux propres citoyens. Les utilisateurs de services énergétiques, aussi bien l’État que les citoyens, ont le devoir de consommer les ressources environnementales utilisées à cet effet, de façon responsable, d’en faire un usage non abusif et optimisé.
Haïti ne peut renoncer à créer des conditions de bien-être pour la totalité de sa population. La satisfaction des besoins énergétiques de base en est le premier pas. Il s’agit donc de « Faciliter la mise en place d’une couverture énergétique capable de satisfaire les besoins globaux de l’ensemble de la population haïtienne ».
Qui peut et doit financer ces services ? Comment, cependant distribuer les ressources ? Les Quatre Principes ci-devant énoncés sont clairs là-dessus et nous offrent toutes les réponses possibles aux différentes questions possibles. Un bien public est sensé être une solution coopérative venant à satisfaire un besoin collectif. En ce sens, non seulement l’État est fournisseur de biens publics. Au même titre, les organisations de la société civile peuvent le faire, l’État devant fournir alors le Cadre Institutionnel de fonctionnement. La décentralisation étant un mécanisme permettant la provision de « biens publics », aussi bien l’État que les organisations civiles ont tous leur rôle à jouer. Et l’État a l’obligation de faciliter ce mode de fonctionnement.
Pourquoi parler de Bonne Gouvernance et de Décentralisation dans le secteur énergétique haïtien. La réponse est évidente et, s’il restait encore l’ombre d’un doute, voilà les données officielles publiées, en 2004, par le Bureau des Mines et de l’Énergie qui devraient nous porter à réfléchir .

Voir tableau
Le tableau est parlant. Rien ne peut être fait sans un changement radical, sans la modification des attitudes et des comportements, sans un engagement citoyen, sans le cadre régulateur de l’Etat Haïtien. La transformation de la situation existante ne peut donc se faire sans une volonté de transformation et la mise en place de structures décentralisées, dans un cadre de bonne gouvernance. La décentralisation doit permettre d’établir un réseau complet, cohérent, adapté aux réalités sociales, économiques et politiques du pays, tout en facilitant les interactions entre les différents Stake Holders de la société haïtienne, les vrais générateurs d’interactions et les seuls facilitateurs de transformation sociale, économique et politique du pays.
Il faut donc insister sur un mécanisme, prévu par la Constitution haïtienne qui, dans son Article 87.4, établit que : La décentralisation doit être accompagnée de la déconcentration des services publics avec délégation de pouvoir et du décloisonnement industriel au profit des départements. Et, parler de décentralisation, dans le domaine de l’énergie, veut dire, dans le cas d’Haïti :
1- La délocalisation des moyens de production de l’énergie électrique
2- L’optimisation des ressources énergétiques locales (du pays – des Départements – Des communes – Des Sections Communales).
3- L’appropriation, le contrôle citoyen des moyens de production.
4- L’adaptation de la production à la consommation locale et le contrôle des excédents pour la régulation de la consommation globale.
5- L’utilisation de micro-réseaux électriques pour l’utilisation optimale des ressources.
6- Le contrôle et la planification de l’approvisionnement.
7- Le contrôle et la planification dans les modalités de transport.
8- La création de pôles de production industrielle sous forme « d’enclaves de production ».
9- Le contrôle pédagogique de la consommation (consommation responsable) et la transformation du citoyen en Acteur Énergétique.
10- L’établissement d’un cadre de régulation (Juridique – Technique – Normatif - Administratif) permettant l’accès de petits investisseurs et de petits producteurs au marché de l’énergie.
11- L’aménagement du territoire et le contrôle foncier afin de faciliter le contrôle de la production de biocarburants et de l’éolien (2 options énergétiques très exigeantes en surface).
12- Existence d’un maillage routier cohérent, adapté aux réalités sociales, économiques du pays ainsi qu’aux besoins actuels et futurs du pays.
En définitive, la décentralisation devrait supposer : Une meilleure gestion des ressources économiques, énergétiques, environnementales. Une meilleure planification des besoins, des attentes.
Voilà donc pourquoi nous proposons ces réflexions, qui, à mon avis, me semblent importantes, intéressantes et pertinentes. Et maintenant que le « Vert » frappe à nos portes sous la forme de demande de biocarburants, et plus concrètement de demande d’Éthanol et de Biodiesel, c’est peut-être le meilleur moment de « Penser Global », de « Réfléchir Planification », pour « Agir Local ». Donc, « Parlons Décentralisation énergétique dans un cadre de Bonne Gouvernance ».
Contact : iphcaten@yahoo.es
[1] Physicien Industriel
[2] Commission sur la Gouvernance Mondiale (créée en 1992 par W. BRANDT)
[3] (Cit. A. Guillén & S. Alvarez dans Régionalisation et Protection sociale dans l’Espagne des Autonomies)

LA DISPONIBILITE ENERGETIQUE...

Haïti : La disponibilité énergétique, élément-clé pour la transformation du pays
jeudi 26 avril 2007

Organisations et mouvements sociaux d’Amérique du Sud manifestent une opposition catégorique à un projet de construction d’un mega-gazoduc (du Sud) d´interconnexion énergétique de 8000 km, passant par l’Amazonie….

Par Marc Antoine Archer (1)

Soumis à AlterPresse le 24 avril 2007

« Ceux qui ont le privilège de savoir ont le devoir de réagir. » Albert Einstein
Vous vous rendez sûrement compte que nous nous retrouvons actuellement à un tournant décisif de l’histoire énergétique de la Planète. Les ressources énergétiques existantes, prouvées ou estimées, indépendamment de leur importance quantitative, se trouvent soumises à des contraintes de plus en plus fortes.
Les conséquences de la surconsommation énergétique de la société moderne, que l‘on croyait inexistantes et/ou très lointaines, prennent une dimension nouvelle donnant ainsi naissance à de nouveaux paramètres qui modulent les interrelations entre l’être humain, l’habitat, les ressources naturelles, le patrimoine culturel et les éléments idéologiques. Cela crée de nouvelles préoccupations, présentant de sérieux défis et provoquant de graves problèmes pour lesquels la société moderne ne dispose d’aucune solution, immédiate.
Un contexte de contraintes et problèmes graves
Parmi les contraintes, nous pouvons citer :
Les problèmes créés par la localisation des gisements, la facilité d’extraction, la qualité des combustibles ; Les conflits existants dans les zones d’approvisionnement ; L’instabilité politique dans les zones d’approvisionnement ; La pression sociale de plus en plus forte sur l’utilisation des combustibles fossiles et fissiles ; Le nombre sans cesse croissant de « Sinistrés Énergétiques » ; L’obligation de disposer d’une énergie propre, fiable, abordable, afin de réduire le taux de pauvreté, améliorer les conditions de vie et faciliter l’accès à des services énergétiques à un plus grand nombre d’individus.
Parmi les problèmes, graves, nous pouvons citer :
Le changement climatique, le réchauffement global ; La réduction de la couche d’ozone ; La perte de biodiversité ; La pollution des mers, des océans ; La réduction des ressources hydriques et la mauvaise utilisation de la ressource ; La désertification causée par : l’utilisation inadéquate des sols ; les pressions sur les ressources ligneuses ; La dégradation des terres à usage agricole ou forestier et les approches de plus en plus mesquines qui se font de l’agriculture énergétique ; Les problèmes généraux d’assainissement ; Les problèmes d’accès à un logement digne et les conséquences de la pauvreté de plus en plus grave de plus en plus d’individus ; Les problèmes d’accès à l’énergie en général et à l’électricité en particulier pour des millions d’individus ; Les pressions sur les ressources fossiles et autres ressources énergétiques non renouvelables ; Les ponctions, agressives, indiscriminées, sur les ressources ligneuses et autres ressources renouvelables entravant leur mécanisme de renouvellement ; La vision biaisée de « l’agriculture énergétique » et les dysfonctionnements qui peuvent en découler ; La spéculation dans les marchés de l’énergie.
Les enjeux pour Haïti
Si nous voulons survivre, ces nouveaux défis, les contraintes existantes, devront générer de nouvelles attitudes, faciliter le développement de nouveaux comportements ainsi que l’émergence de nouvelles valeurs, à partir des notions de solidarité mutuelle, de la prudence dans les décisions, de l’éthique personnelle et institutionnelle, de la sobriété, aussi bien chez les riches que chez les pauvres.
Cela voudra donc dire une consommation responsable des biens naturels, une gestion cohérente, adaptée et guidée par la prudence face aux problèmes environnementaux, locaux et globaux.
Dans le cas d’Haïti, si l’on tient compte du cadre restreint que constitue l’espace haïtien, on ne peut que se sentir impuissant. L’ampleur de la tâche est surprenante. L’enjeu est de taille.
En plus, certains, et ils sont nombreux, croient qu’il va être impossible de trouver des fonds, en quantité suffisante pour changer la situation. On n’a peut-être qu’à abandonner et suivre le conseil d’un écrivain espagnol, Jorge Riechmann, qui, en 1992, disait d’Haïti qu’il était « … l’un des pays les plus dégradés de la Planète et, ayant dépassé sa capacité de sustentation, il ne reste qu’une seule solution, l’émigration massive des Haïtiens ». Ce qui peut causer la joie de ceux qui ont choisi la démission complète, la mise sous tutelle. Enfin.
Voilà le contexte dans lequel se produit une série de faits intéressants :
Le Venezuela décide de fournir une aide importante à Haïti sous la forme de vente subventionnée de produits pétroliers raffinés ; Le Président Hugo Chavez, suite à une visite à Haïti, décide de faire don au pays de plusieurs centrales électriques, à l’énergie fossile ; Les Etats-Unis d’Amérique, l’un des principaux bailleurs de fonds d’Haïti, décident de faciliter, en Haïti, la production accélérée et subventionnée, d’éthanol, pour l’exportation ; Le Brésil, qui commence à assumer le rôle de leader, dans l’Amérique non anglophone, décide de s’intéresser à aider Haïti sur plusieurs fronts (participation à la Mission des nations unies de stabilisation en Haïti - MINUSTAH – ; construction des usines de fabrication de l’éthanol,etc.)
Il y a de ces actions, qui, soumises à une analyse profonde, semblent correspondre à ce que John le Carré, dans « Le jardinier fidèle », a surnommé la « PHILANTHROPOPHAGIE ».
Comment dire non à des fonds qui peuvent servir de moteur de transformation du pays ?
« A caballo regalado, no le mires el dentado » (Si tu reçois un cheval en cadeau, ne sois pas trop exigeant avec la denture), dit-on en Espagne.
Cependant, dans ce contexte, et pour insister sur les précautions à prendre, je préfère le proverbe suivant : « Cuando la limosna es grande, hasta el santo desconfía » (Si l’aumône est trop grande, même le Saint s’en méfie). Qu’en pensez-vous ?
Revenons au fil de notre développement. Dans le rapport 439 du Sénat Français, vieux déjà de sept ans, nous pouvons lire :
L’énergie est un bien vital et stratégique : L’énergie n’est pas un bien comme un autre, pouvant purement et simplement faire l’objet d’échanges banalisés entre acteurs économiques, à l’abri du regard lointain et totalement désintéressé des pouvoirs publics. Il s’agit en réalité d’un bien nécessaire à tout développement économique et, par là même, stratégique pour tout pays, ou tout groupe humain : la guerre du feu fait partie de l’imagerie populaire, mais également de l’histoire de nos civilisations les plus anciennes.
L’énergie, Condition essentielle du développement économique : L’énergie est indispensable à l’exercice de toute activité humaine. Elle est précieuse, dans la mesure où elle est nécessaire à la satisfaction de l’ensemble des besoins de la société (alimentation, production industrielle, confort, éducation, santé, mobilité, loisirs...).
L’énergie, Fondement de la stratégie des États : « un pays sans énergie est un pays sans avenir. » Ceci explique la stratégie de nombre d’États tendant :
Pour les uns, à faire pression sur leurs partenaires et clients pour les maintenir sous une certaine tutelle économique, voire politique, en maniant les quantités et les prix des approvisionnements en combustibles fossiles. La Russie, après l’URSS, n’use-t-elle pas largement de ce type de pression à l’égard de ses voisins ? Songeons à l’Ukraine ou à la Biélorussie, par exemple ;
Pour les autres, à s’assurer la maîtrise de l’accès aux réserves de pétrole et de gaz. Ainsi, les États-Unis d’Amérique ont-ils toujours privilégié les importations de ressources énergétiques plutôt que l’exploitation de leurs propres réserves. Leur politique étrangère, en particulier au Moyen-Orient, mais aussi, depuis quelques années, à l’égard des pays producteurs d’Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan et Ouzbékistan principalement), est largement conditionnée par leur souci d’assurer la sécurité de leurs approvisionnements en pétrole et en gaz et, au-delà, de maîtriser ce que l’on pourrait qualifier « d’arme énergétique », pour établir un parallèle avec « l’arme alimentaire ».
L’énergie constitue un enjeu d’importance : deux milliards d’individus n’ont pas aujourd’hui accès à l’électricité. L’arrivée sur le marché de ces nouveaux consommateurs des pays en voie de développement pèsera sur le marché énergétique mondial au cours des prochaines décennies, et ce d’autant plus que les ressources énergétiques de la planète sont mal réparties.
Il faudra donc que l’État haïtien, que la Société haïtienne dans son ensemble, se mettent à travailler sur les points ci-devant énumérés de façon à créer un Capital Énergétique Adéquat, une Disponibilité Énergétique suffisante, pouvant faciliter la transformation du pays, car, comme on a dit avant :
L’énergie est un enjeu d’importance ; L’énergie est le fondement de la stratégie des États ; L’énergie est une condition essentielle du développement économique ; L’énergie est un bien vital et stratégique.
Ceci dit, je suppose que l’on peut se mettre d’accord sur le principe de la disponibilité énergétique en tant qu’instrument de transformation. L’énergie n’est pas une finalité, sinon un moyen, un instrument. Sans énergie, on ne peut rien faire, mais, pour en avoir, il faut absolument savoir ce que l’on va en faire. Il faut une vision à moyen et à long terme et une approche holistique du développement du pays. Il faut une planification.
Créer des mécanismes de satisfaction énergétique durable à partir de la production de biocarburants
Les arguments exposés permettent de comprendre pourquoi l’annonce faite par les Etats-Unis d’Amérique, de financer la production d’éthanol en Haïti et dans certains autres pays du Continent américain, est en train de provoquer un spectacle qui montre crûment les différents intérêts créés par l’énergie et qui sont de nature diverse :
Identitaire ; Idéologique ; Économique ; Spéculative ; Technologique.
La proposition de George Bush ou de préférence la proposition conjointe Bush-Lula (Luis Inacio Da Silva), a donné lieu à une grande variété de manifestations de la part des « Acteurs » concernés : Intervention de Chavez, Réaction de Castro, Contre-réaction de Lula, Formalisation de la proposition états-unienne, et, j’imagine, maintenant, Prises de position des différents gouvernements concernés.
Chez nous, de plus en plus d’hommes et de femmes d’affaires s’affairent pour ne pas laisser s’échapper cette opportunité, sans se soucier que la production de biocarburants (non pas simplement d’éthanol) ne doit pas être considérée simplement comme une rentrée de devises pour le pays ou une opportunité en or pour gagner de l’argent, mais plutôt comme une opportunité pour :
Créer des mécanismes de satisfaction énergétique dans une optique de soutenabilité ; Créer les bases nécessaires à la transformation économique ; Créer un capital énergétique suffisant pour les besoins de transformation économique du pays ; Une occasion unique pour la création massive d’emplois.
Les conclusions du sommet de l’énergie à Isla Margarita
Dans ce contexte, les « Grands de l’Amérique Latine » se réunissent, à « Isla Margarita » (Ndlr : Venezuela), pour un « Sommet Sud-Américain de l’Énergie ».
En gros, quelles ont été les conclusions ?
Ils en ont profité, d’abord, pour enterrer la hache de guerre, brandie par Chavez, puis ils se sont accordés principalement sur :
La création d’un système, permettant de garantir les approvisionnements en énergie au niveau des pays de l’Amérique du Sud ; Consolider la Communauté sud-américaine des nations, regroupant les plus grands pays du sud du continent (Argentine, Brésil, Chili, Colombien, Bolivie, Equateur, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela), qu’ils ont rebaptisée Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) ; Lors du sommet, un Conseil de l’énergie (au niveau des ministres) a été créé pour élaborer un "traité de l’énergie régional" devant garantir à la région, selon Chavez, "un système de production et de distribution sûr" à partir des ressources disponibles en pétrole, gaz et hydro-énergie, en énergies alternatives (bio-combustibles, éolienne, solaire), grâce aux économies d’énergie ; Établir les bases de la construction du « Réseau du Gaz », le Gazoduc du Sud, sorte de Mégaprojet énergétique qui prétend relier sur quasiment 10.000 Km, le Venezuela, le Brésil, l’Argentine et desservir, par des bretelles, d’autres pays adjacents.
A l’époque du contrôle de la consommation, de la maîtrise de la consommation énergétique, de la recherche d’efficacité, de la décentralisation de la production, nous revenons encore une fois sur des procédés qui devraient commencer à disparaître même chez ceux qui ne souffrent pas de « privations énergétiques ».
Le problème de la construction d’un mega-gazoduc en Amérique du Sud
La disponibilité énergétique chez nos voisins, les mieux pourvus de l’Amérique, est énorme. Leur responsabilité aussi. Aussi bien au niveau de la gestion des ressources énergétiques que dans l’optique de faciliter aux plus dépourvus, aux plus nécessiteux, les ressources énergétiques dont ils ont besoin pour leur transformation. Cependant, cela ne peut se faire aux dépens de l’environnement et, l’impact d’un gazoduc est énorme :
Impact social (sur l’environnement humain et social des zones traversées) ; Impact environnemental ; Impact économique positif.
Déjà, les réactions ont commencé contre ce Projet Pharaonique. Voilà un extrait d’une lettre ouverte envoyée aux Présidents Nestor Kirchner, Lula da Silva et Chávez Frías :
Face à la dangereuse situation qui menace l’Amazonie à cause des décisions prises pour la construction de ce mega-gazoduc, qui commencerait dans l’embouchure de l´Orénoque au Venezuela, traversant le coeur de l´Amazone au Brésil jusqu’à Buenos Aires en Argentine, nous, citoyens, organisations et mouvements sociaux d’Amérique du Sud, qui signons cette lettre, préoccupés par la défense de notre planète, et compromis avec ses habitants et avec le destin des générations présentes et futures, manifestons notre opposition catégorique à ce projet d´interconnexion énergétique qui durant son parcours de 8000 km passerait par des régions de grande fragilité écologique, sociale, culturelle et d’extrême importance pour la vie, les affectant de manière irréparable. Cela, selon nous, serait le pas définitif vers la destruction de l’Amazonie, de la Guyane vénézuelienne et de divers écosystèmes de la côte caribéenne et atlantique, représentant un danger imminent pour la région avec des conséquences dévastatrices pour la planète…
… L´intégration entre nos peuples est pertinente et nécessaire, mais doit se baser sur un échange social et culturel enrichissant, sur un dialogue de savoirs, sur l´échange d´expériences agro-écologiques, sans éléments génétiquement modifiés, ni monoculture, sur la diminution du déficit énergétique basé sur l’emploi conscient de l’énergie et sur la production d´énergies alternatives au travers de processus écologiques …
… En conclusion et nous basant sur ce que nous exposons dans cette lettre, nous vous demandons de rejeter de manière définitive la construction du “Gazoduc du Sud” comme moyen pour couvrir les nécessités énergétiques de l’Amérique du Sud et chercher une option qui s’accorde avec la réalité écologique, sociale et économique de la région.
Pour un conseil assesseur de l’énergie en Haïti
Les grands débats actuels sont tous centrés sur l’énergie : la consommation, la disponibilité, l’approvisionnement, la sécurité énergétique et la sécurité des installations contre « le danger terroriste », l’épuisement des ressources, les impacts causés par l’utilisation abusive des ressources énergétiques (fossiles et fissiles surtout) sur l’être humain, sur l’environnement physique et social.
Tout tourne donc autour de l’Énergie, tout s’oriente vers la recherche de la satisfaction énergétique.
Et voilà qu’Haïti reste toujours le dernier de la classe. À attendre ce que les autres vont dire et faire pour nous.
Nous avons un besoin pressant de disposer d’énergie, en quantité suffisante, suffisamment bien consommée. Pour cela, des mécanismes de planification, de contrôle, de réglementation, sont indispensables.
Cela veut dire que l’existence, en premier lieu, d’un « Conseil Assesseur de l’Énergie » devient une priorité et, en deuxième lieu, un Ministère de l’Énergie, qui prenne les décisions adéquates et facilite un « Pacte pour l’Énergie » dont nous avons besoin de façon urgente.
Il s’agit enfin de voir et de croire qu’il faut absolument faire de l’énergie une priorité, car sa disponibilité n’est pas une finalité, sinon un instrument absolument nécessaire pour la transformation du pays.
Nous avons l’obligation de travailler à l’obtention d’un Capital Énergétique suffisant. C’est un Élément-clé pour la transformation du pays.
C’est une condition non suffisante, certes, mais absolument nécessaire. Et, il nous revient maintenant, à toutes et tous, le devoir de nous préoccuper pour son obtention et sa consommation de façon responsable.
Avril 2007
(1) Marc Antoine ARCHER , Physicien Industriel
iphcaten@yahoo.es