mercredi 21 novembre 2012

HAITI: ENTRE LA RAISON HISTORIQUE ET LA DERAISON POLITIQUE

18 NOVEMBRE 1803---------18 NOVEMBRE 2012 HAITI: ENTRE LA RAISON HISTORIQUE ET LA DERAISON POLITIQUE, Par Me Jean-Henry Céant - 18 Novembre 1803 est une date marquante de notre histoire qui consacre la naissance de la Nation Haïtienne. C’est également, une date marquante de l’histoire de l’humanité, puisqu’elle prend acte de la défaite du colonialisme et de l’esclavagisme, et permet la redéfinition du concept de LIBERTE applicable désormais à tous les peuples. De ce point de vue, l’exemplarité de la première révolution anti-esclavagiste et colonialiste d’Haïti est chose évidente. Cette victoire, ce succès font d’Haïti un symbole. Nous en sommes conscients et notre culture porte la marque de ce passé de gloire et d’héroïsme. Mais de cette date à nos jours, bien des évènements ont pris place, qui ont mis à mal la geste de 1804 et ont fait de ce pays le seul PMA d’Amérique, et, selon une expression consacrée, l’exemple à ne pas suivre. C’est qu’aujourd’hui Haïti est terre d’exclusion et d’instabilité. Et au-delà de 1915, Haïti a sur son sol les troupes des Nations-Unies et connait une souveraineté limitée. La réflexion s’impose donc à nous, sans aucune concession. Il est urgent de comprendre, pour corriger, pour redéfinir, pour aller de l’avant. Car, il est question aujourd’hui de l’existence même de la Nation. Il est question d’un nouveau défi à relever, celui d’arrêter la marche vers la désagrégation d’Haïti, et d’assurer le bon fonctionnement du régime démocratique, garant des droits et des devoirs de tous les Haïtiens, au sein d’un nouveau monde en développement. La problématique de ce qui a pris l’allure d’une tragédie est bien le constat d’un succès historique, mal géré. C’est celui d’une dérive aux multiples visages. Je la pose et la traduis ainsi: Entre la raison historique et la déraison politique, Haïti se débat. Entre l’entrée glorieuse dans l’histoire et la déraison de choix politiques aux effets destructurants qui conduisent aux désastres. En effet, pour entrer dans l’histoire, nos ancêtres ont su analyser, discuter, comprendre et faire les choix décisifs. Malgré tout ce qui les poussait à la mésentente en un moment critique où tout séparait et portait à la division: l’oppression coloniale, les stigmates de l’esclavage, les luttes de classes et de races, les préjugés de couleur, etc..., les faits sont là. A leur gloire : Toussaint, Dessalines, Pétion et Christophe sont des symboles à niveau peu égalé de ce que les valeurs de générosité, de courage, de solidarité, de compromis peuvent réaliser. Si l’histoire a un sens, qui s’oriente contre vents et marées sociaux, économiques et politiques, vers l’accomplissement de l’Être, alors, Toussaint, Dessalines, Christophe, Pétion ont été les génies de la RAISON HISTORIQUE sur cette terre, au bénéfice du Bien-Être des Haïtiens et bien plus, de tous les peuples. Oui, La Raison Historique que les artisans du colonialisme et de l’esclavagisme ont voulu accaparer et manipuler pour en faire un Droit de commandement et d’oppression à l’encontre des autres peuples. Ce Droit de commandement, Haïti l’a brisé et redéfini. Sans aucune démagogie, ni fausse modestie, il est juste de dire, de reconnaitre, de proclamer qu’Haïti est une part de l’humanité sans qui, la totalité de l’humanité se comprendrait mal. Nous sommes un maillon de la chaine qui lie les nations entre elles, la borne qui consacre le moment fondamental de la redéfinition de la liberté, fondement de l’histoire,fondement de l’essence humaine. Tout homme est Homme. « TOUT MOUN SE MOUN ». Mais la liberté, la raison, l’a-t-on oublié, sont également choses humaines, et en tant que telles sont choses complexes qui, lorsqu’elles ne sont pas gérées, dans le sens du bien-être individuel et des intérêts de la cité, conduisent à des chemins d’errance et d’instabilité. C’est le cas d’Haïti, durant les deux siècles postérieurs à 1804. La Déraison Politique s’est installée, à travers les guerres intestines, les luttes fratricides pour le pouvoir, les pressions et interventions internationales, la permanence du régime dictatorial, le choix de politiques à courte vue et contraires aux intérêts nationaux. Du triptyque Liberté-Egalité-Fraternité, seul le premier occupera le discours dominant et conduira à des pratiques finalement liberticides, car non adossées aux autres pôles. La Société des Armes prendra définitivement le pas sur la Société des Lois et du Droit, logeant Haïti à l’enseigne d’une société, au modèle social épuisé, inégalitaire, non-fraternel, et anachronique, prélude à ce qui, de plus en plus, apparaîtra comme un ETAT EN FAILLITE. Ce parcours hors des voies du progrès et de la stabilité institutionnelle, je la présente et je la conceptualise de la façon qui suit, en montrant bien son fonctionnement analogue à un mécanisme de dérèglement à l’oeuvre. I.- « La Raison Historique de 1804 » a liquidé les rapports esclavagistes et le statut colonial. Mais qu’observe t-on ? Certes, l’esclavage a vécu chez nous au point, comme l’écrit Price Mars, que le paysan Haïtien ne se souvient même pas que ses ancêtres ont été esclaves à Saint-Domingue. C’est vrai ! Cependant, quel est aujourd’hui, le statut du monde rural, quelle est la part faite au monde rural au regard de l’éducation, du logement, de l’alimentation, de la sécurité, bref…de ses droits inaliénables dans le contexte du régime démocratique? Qu’en est-il, également, des conditions de vie dans les bidonvilles et les ghettos? En raccourci, nous constatons que l’assistanat tient lieu de politique économique, dans le contexte d’une souveraineté limitée assurée par la présence des forces des Nations-Unies sur le territoire Haïtien. II-« La Raison Historique de 1804 » a mis, certes fin, au statut colonial, mais la « Déraison Politique » a assuré le cheminement, à travers notre culture politique, de l’exclusion et de la stigmatisation qui caractérisent les relations entre les composantes sociales et économiques de la population. Il est évident que l’apartheid n’est pas, du fait des particularités de notre Histoire, une réalité sociale haïtienne, mais ses dérivés tels que l’exclusion, la stigmatisation sont bien présents et nuisent au progrès et à l’établissement de la paix sociale. Paysans, Jeunes, Femmes, nos trois majorités en sont les premières victimes. Ici, plus qu’ailleurs, une paupérisation inacceptable frappe à coups redoublés à nos portes, dans le contexte d’une économie anémiée, la « DERAISON POLITIQUE », dictant des politiques de type pompier occasionnel, partial et partiel, en dehors d’une planification indispensable à la réussite d’objectifs de progrès salutaires. III- « La Raison Historique de 1804 » a fait de l’UNITE le fondement social du pays. L’Union Fait la Force, telle est notre devise. Mais que constatons-nous? Des exigences d’unité et de progrès à construire, nous sommes passés à des politiques fondées sur des préjugés tels que le Noirisme, le Mulâtrisme, … . C’est bel et bien, l’expression du refus de la construction sociale et économique. C’est le choix du laisser-aller historique qui privilégie l’inégalité, la misère et l’anarchie. Opposées, ces deux conceptions d’origine Saint-Domingoise et d’inspiration coloniale, n’hésitent pas à s’allier, à s’unir pour bloquer toute tentative de redéfinition allant dans le sens de la démocratie et des droits humains. IV- « La Raison Historique de 1804 » commandait la défense de l’indépendance. Mais « La Déraison Politique » a vite fait de changer cette exigence en permanence de la Raison d’État et ses conséquences anti–démocratiques et de monopole de la direction politique. De l’Armée des vainqueurs, nous avons abouti à un militarisme dénaturé et désorienté, au service de l’intérêt des oligarchies qui se succèdent au pouvoir, devenu lieu de partage dans une dynamique de coteries. V- « La Raison Historique de 1804 » impliquait un partage équitable des terres, à côté des grandes propriétés à mettre en valeur en vue d’assurer les bases économiques de la nation. De liquidations en malversations, nous sommes parvenus à un système de parcellisation en milieu rural, équivalent de la bidonvilisation en milieu urbain. En peu de mots, c’est le constat de l’anarchie, qui définit les contours d’un ensemble environnemental qui a atteint le seuil de la catastrophe, comme cela se démontre à la moindre pluie entrainant destruction physique et perte de vies humaines. Là aussi, là également, et cela peut s’observer à l’oeil nu, « La DERAISON POLITIQUE » tient en échec « LA RAISON HISTORIQUE de 1804 ». Que faut-il ajouter de plus sinon que, de la Défense d’Haïti, nous sommes passés à la nonouverture sur le monde et le progrès; de la geste révolutionnaire de 1804, nous sommes passés à des postures de comédiens. Ce sont de durs et tragiques constats à voir en face, et sur lesquels il n’est plus possible de garder silence. Mieux, des constats qu’il importe aujourd’hui de contrer, de combattre, afin de replacer Haïti dans la ligne de son destin, en assurant une sortie d’Haïti de « La Déraison Politique ». Ce n’est certes, pas chose facile. Et nul gouvernement, nul parti ou groupement politique, nul citoyen, ne saurait seul mener cette réorientation à bien.Cette réorientation exige : engagement, consensus et compromis. Elle tirera tout le bien possible d’un dialogue nécessaire, franc, serein, loin de toute arrogance, entre partenaires nationaux et internationaux ouverts aux horizons d’un monde solidaire et en permanente concertation, tenant compte positivement de la géopolitique et de l’Amitié Internationale vraie. Car le mal est profond, qui a conduit Haïti à cette errance. Mais oeuvre humaine, elle doit être combattue avec succès par les Haïtiennes et Haïtiens afin de réaliser cet accord entre « La Raison Historique de 1804 » et le progrès. C’est plus qu’un devoir. C’est notre mission. Non réalisée, Haïti ne sera plus qu’un fait de mémoire. Oui, c’est cette rupture porteuse du nouveau statut démocratique que les fils responsables de cette terre doivent s’engager à réaliser, par les seules armes de l’entente, de l’éducation et de la détermination. 18 novembre 1803, qu’on le rappelle, fut une création, le produit d’un parcours de luttes, de combats. A travers Vertières, Barack Obama donne la main à Toussaint Louverture, Martin Luther King et Nelson Mandela. L’acquis fondamental sur lequel repose l’Universalité de la DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN a des racines profondes en Haïti. 18 novembre 1803 a ouvert une marche vers le progrès et la libération. Aux Haïtiens et Haïtiennes d’aujourd’hui d’affronter les défis du XXIe siècle. Pour finir, je redis qu’Haïti est une création des Haïtiens, une part essentielle de l’humanité, un jalon sur la route de l’accomplissement de l’Histoire Universelle. Haïti, si je puis m’exprimer ainsi, est un Humanisme. A nous de consolider cet Humanisme, en définissant cette nouvelle politique de progrès, garante du régime démocratique inscrit dans notre charte Fondamentale de 1987. Il est temps que « La Raison Historique » en Haïti, l’emporte sur « La Déraison Politique ». Que la démocratisation et la Modernisation de nos institutions tournent résolument dos aux traditions et pratiques de l’Etat Patrimonial, générateur de sous-développement et d’aliénation. Voilà ce que nous enseigne la commémoration du 18 novembre 1803. 1804 a tracé la voie, à nous de la paver pour qu’enfin nous marchions vers les rives de l’essentiel où s’articulent : DEVELOPPEMENT, MODERNITE, RESPECT DES VIES ET DES BIENS, au demeurant la construction de l’être haïtien digne de son passé et fier de son appartenance à la communauté d’hommes de droits et de devoirs. Port-au-Prince, Haïti, le 18 Novembre 2012 Me Jean-Henry Céant Leader Politique

jeudi 15 novembre 2012

AFFAIRE BRANDT - RNDDH

Actualités - Affaire Brandt : le gouvernement Martelly-Lamothe savait quel gang avait enlevé les jeunes Moscoso, mais n’en a informé la DCPJ que sur injonction d’une “haute fonctionnaire US”, selon le RNDDH - Détails Catégorie : Actualités Publié le mercredi 14 novembre 2012 13:00. - Le chef du "CAT TEAM" basé au Palais national recevait chez Brandt un salaire supérieur à celui d'un ministre, révèle l'organisme de droits humains Le 22 octobre 2012, le richissime homme d'affaires Clifford H. BRANDT, impliqué dans l'enlèvement suivi de séquestration contre rançon de Nicolas MOSCOSO et de Coralie MOSCOSO, est arrêté par des unités spécialisées de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dans l'enceinte même de son entreprise, Compagnie Haïtienne de Moteurs, sise à Delmas 2. Face à l'ampleur de ce dossier, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) se fait le devoir de partager avec les communautés nationale et internationale, la reconstitution historique des faits, par la publication du présent rapport. I. Reconstitution des Faits - Le 16 octobre 2012, dans la soirée, Nicolas MOSCOSO et Coralie MOSCOSO âgés respectivement de vingt-deux (22) et de vingt-trois (23) ans, montés à bord de leur véhicule Subaru Impreza, de couleur grise, immatriculée AA-07561, se rendaient chez leur tante lorsqu'ils sont enlevés par des hommes armés, vêtus d'uniformes de la Police Nationale d'Haïti (PNH). Ils sont sommés de laisser leur véhicule et de monter à bord de celui de leurs ravisseurs, une Toyota Land Cruiser portant l'inscription Service de l'Etat. Le lendemain, soit le 17 octobre 2012, une plainte est déposée à la DCPJ. Le Parquet près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, informé formellement, ordonne la tenue d'une enquête célère. Le même jour, aux environs de minuit, les kidnappeurs prennent contact avec la famille MOSCOSO et réclament une rançon de deux millions cinq cent mille (2.500.000) dollars américains contre la libération des victimes. Rapidement, il est établi que l'homme d'affaires Clifford H. BRANDT, membre d'une des plus riches familles du pays est impliqué dans ce cas d'enlèvement suivi de séquestration contre rançon. Il en est même l'instigateur. Il est à la tête d'un gang considéré comme l'une des plus grandes associations de malfaiteurs du pays. Trois (3) jours après cet enlèvement, l'Inspection Générale de la PNH, le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique ainsi que le Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique détiennent des informations relatives au cas d'enlèvement et savent qu'il s'agit d'une opération menée par le puissant gang dirigé par Clifford H. BRANDT. Cependant, ils choisissent de ne pas intervenir pour des raisons non élucidées. Face à ce laxisme, une haute Responsable de l'Administration Américaine, sollicitée par la famille des victimes, contacte les autorités haïtiennes et exige que le gouvernement haïtien apporte secours aux victimes. Ce n'est que suite à cette injonction que le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) fournit les informations relatives au dossier à la DCPJ et ordonne que suites nécessaires y soient données. Il faut souligner que la collaboration des Compagnies de téléphonie, notamment, de la DIGICEL, a permis aux enquêteurs de la DCPJ de remonter à plusieurs personnes dont Cliford H. BRANDT, Edner COME connu aussi sous le nom de Jackson TRAVELINO, respectivement numéros I et II du gang, Ernst PIERRE, Franck SINTERINE, Frediane JEAN, Sawadienne JEAN, Junior CHARLES, Odens MARCEL, Elissoit CHARLES, alias I, Jean Marc MURAT, Jean BERNARD alias JB, etc. C'est ainsi que, le 22 octobre 2012 des unités de la DCPJ, aidées d'agents de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et accompagnées du juge de paix de Delmas, Me Samson JEAN, se rendent à la Compagnie Haïtienne de Moteurs et procèdent à l'arrestation de Clifford H. BRANDT. L'enquête policière révèle aussi l'implication de plusieurs agents de la PNH. Au total, quinze (15) individus sont arrêtés et mis en détention pour enlèvement et séquestration contre rançon, trafic illégal d'armes à feu, faux et usage de faux, usurpation de titre, association de malfaiteurs, détention illégale d'armes de guerre, enrichissement illicite, blanchiment d'argent, menaces de mort. Il s'agit : • De cinq (5) policiers : 1. Marc-Arthur PHEBE, Responsable de CAT Team au Palais National 2. Jacques Darly MICHELAIS, A4 3. Fritz ARISTIDE, A4 4. Oneste GABELUS, A3 5. Gérald FONTELUS, A1. • De dix (10) autres individus : 1. Clifford H. BRANDT 2. Ricot PIERRE-VAL, alias Dje, alias AG, connu aussi sous le nom de Edson FORGUE 3. Carlo Bendel SAINT FORT 4. Carline RICHEMA, concubine de Ricot PIERRE-VAL 5. Evince LARRIEUX, 6. Berthony DUMEZIL, ancien policier 7. Sawadienne JEAN 8. Franck SINTERINE 9. Junior CHARLES 10.Ernst PIERRE Suite à ces arrestations, le Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique, Réginald DELVA dénonce par la voie des ondes, l'existence d'une liste de plus de vingt (20) personnalités dont lui-même, sur lesquelles pèse une menace d'enlèvement aux fins d'exécution. II. Cas des policiers arrêtés dans le cadre de ce dossier - Voici la fiche signalétique des cinq (5) policiers arrêtés dans le cadre de ce dossier. • Marc-Arthur PHEBE, policier, responsable de CAT Team au Palais National, est aussi responsable de la sécurité de la famille BRANDT ainsi que des usines. Il a sous ses ordres environ quatre vingt dix (90) employés parmi eux, quatre (4) policiers. Il reçoit un revenu mensuel de deux cent vingt mille (220.000) gourdes, soit un salaire supérieur à celui d'un ministre, pour un travail partiel. • Jacques Darly MICHELAIS, A4 travaille à temps partiel dans une compagnie de sécurité dénommée Société Générale de Sécurité (SGS). Il assure la sécurité d'un (1) des enfants de BRANDT, Caroline BRANDT. Pour ce travail, il touche sept mille cinq cents (7.500) gourdes chaque quinzaine. Il est introduit dans le secteur par un ami policier du nom de Gamaliel SYLVAIN. • Fritz ARISTIDE, A4, policier de la 5ème promotion est introduit dans le groupe de sécurité par un ami ancien policier, Berthony DUMEZIL. Il reçoit par mois quinze mille (15.000) gourdes. Il est affecté au Commissariat de Port-au-Prince. • Oneste GABELUS, A3, policier de la 14ème promotion affecté au Commissariat de Port-au-Prince est intégré dans le secteur par son collègue Fritz ARISTIDE. Il touche sept mille cinq cent (7.500) gourdes chaque quinzaine. • Gérald FONTELUS, agent de la PNH, 19ème promotion affecté à Brigade d'Intervention Motorisée (BIM), est introduit dans le secteur par Marc Arthur PHEBE. Il assure la sécurité de certains membres de la famille BRANDT. Par ailleurs, depuis l'arrestation de Clifford H. BRANDT, au moins deux (2) policiers ont perdu la vie le 9 novembre 2012. Il s'agit de Patrick MATHIEU et de Yves Michel BELLEFLEUR. Ce dernier aurait été éliminé pour ne pas avoir l'opportunité de fournir des informations supplémentaires sur le fonctionnement de ce grand réseau de malfaiteurs. III. Saisies effectuées dans le cadre du dossier - Dans le cadre de ce dossier, plusieurs objets sont saisis par la PNH dont entre autres, des armes de guerre, des armes de poing, des sommes d'argent, des uniformes de la PNH et de la DEA, etc. Ils sont transférés à la Justice pour instruction judiciaire : • Quatre (4) chargeurs fusil M4 contenant cent dix-huit (118) cartouches de calibre 5.56 mm • Cinq (5) duplicata de reçus de transfert Money Gram pour un montant total de quinze mille (15.000) dollars américains • Trois (3) Galil • Un (1) FAL • Un (1) M16 • Un (1) Uzi • Cinq (5) pistolets dont deux (2) Gluck, deux (2) Beretta • Un (1) revolver • Un (1) magnum 357 • Trente-huit (38) chargeurs avec munitions • Une (1) carte d'identification du Palais National, dont la date d'expiration est le 21 avril 2012, émise au nom de Clifford H. BRANDT, Conseiller du Président • Un (1) véhicule blindé Rexton de couleur noire, immatriculée BB-53142 • Une (1) Toyota Land Cruiser blanche • Une (1) PickUp Mazda BT 50 • Trois mille huit cent (3.800) dollars en monnaie américaine • Six (6) pantalons d'uniforme de la PNH, cinq (5) maillots avec inscription DCPJ, dix (10) gants tactiques de couleur noire • Six (6) jackets de couleur noire en nylon • Douze (12) genouillères, cinq (5) cagoules noires, six (6) casques balistiques, six (6) paires de bottes noires de combat, cinq (5) ceinturons noirs, un (1) képi Swat Team • Onze (11) maillots avec inscription Drug Enforcement Administration (DEA) • Une (1) carte falsifiée DEA • Quatre (4) maisons sont mises sous scellé • Treize (13) téléphones. IV.Informations sur la maison ayant servi à la séquestration des victimes - La maison ayant servi à la séquestration des victimes est située sur l'Habitation Beauduy Pernier. Elle dépend de la section communale de Bellevue Charbonnnière, commune de Tabarre. La maison appartient à la dame Marie Elianne MOUSSIGNAC, identifiée au numéro de sa Carte d'Identification Nationale 08-01-1949-04-00038. Elle l'a achetée du sieur Ronald APOLLON, identifié au No 003-818-698-4 qui agissait alors en qualité de mandataire des héritiers de feu Jeanty ELOI savoir, Levy JEANTY, Dieudonné JEANTY, Roland MASSENAT, Mathieu DESULME, Levelt VILVERT, sur la base d'un mandat enregistré, daté du 9 août 2001. La vente a eu lieu en 2011 et est inscrite le 20 avril 2011 dans le registre des déclarations du Notaire Public Me Romuald ETIENNE, dont l'étude est située à Delmas 19, Rue Léonard # 10. Selon un contrat de bail, Marie Elianne MOUSSIGNAC loue sa maison au sieur Ricot PIERRE-VAL pour la somme de cent cinq mille (105.000) gourdes pour une période de six (6) mois, allant du 8 octobre 2012 au 7 avril 2013. Au moment de la transaction, Ricot PIERRE-VAL s'est identifié par les numéros de sa carte d'identité et de son passeport, 004-988-964-7 et PP2663732. La transaction est faite par l'entremise de Rodfort JOSEPH alias Wilfort car, la propriétaire habite à Jérémie. Elle est la présidente de l'orphelinat Centre Perpétuel Secours, situé non loin du Commissariat de la ville. Il convient de noter que Marie Elianne MOUSSIGNAC est mère de Johnny MOUSSIGNAC, un ancien policier qui a été tué par balles le 28 octobre 2006 non loin de cette maison. De plus, la maison dont il s'agit est aussi utilisée pour les entrainements du gang. V. Dénonciations et aveux dans le cadre de ce dossier Les dénonciations et aveux consentis dans le cadre de ce dossier sont accablants. • Le gang dirigé par Clifford H. BRANDT opère depuis plusieurs années et compte au moins treize (13) victimes. • Certains individus arrêtés affirment qu'ils étaient au nombre de six (6) sur le coup alors que d'autres parlent de préférence d'une association de huit (8) individus. Ricot PIERRE-VAL ainsi que Jean BERNARD étaient chargés de surveiller les victimes. Ils ont été contactés par Clifford H. BRANDT. Ce dernier leur a déjà donné cinq cents (500) dollars américains et a promis de leur verser à chacun vingt mille (20.000) dollars américains après le versement de la rançon. • A aucun moment, Clifford H. BRANDT ne comptait libérer ses victimes de peur que ces dernières ne puissent fournir les informations sur leur enlèvement et le lieu de leur séquestration. Il était donc planifié de les éliminer une fois la rançon empochée. • L'association de Clifford H. BRANDT est impliquée aussi dans le trafic d'armes à feu. En ce sens, il envoie régulièrement de l'argent aux Etats-Unis d'Amérique pour l'achat de nouvelles armes qu'il fait entrer au pays à l'intérieur de grands haut-parleurs. • Carline RICHEMA a livré à la PNH un pistolet Zastava, de couleur noire et grise, modèle 99, calibre 9 mm, de série 13477 qui lui a été confié par son concubin, Ricot PIERRE-VAL. L'arme ainsi que d'autres documents ont été enterrés par Carline RICHEMA dans la maison de sa soeur, sise à la zone de Château Blond. VI.Instruction du dossier par l'appareil judiciaire - Le dossier est transféré au Cabinet d'Instruction de la Juge Pierre Gabrielle DOMINGUE. Si la plupart des individus arrêtés dans le cadre de ce dossier sont transférés aux Prisons Civiles de Port-au-Prince et de Pétion-ville, certains jouissent de traitements de faveur. En effet, le 25 octobre 2012, après avoir été auditionné par le Parquet près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Clifford H. BRANDT est emmené au Commissariat de Carrefour avec, en sa possession, son portable. Le 3 novembre 2012, lui et trois (3) de ses complices, savoir, Franck SINTERINE, Junior CHARLES et Ernst PIERRE sont transférés à la Prison Civile de la Croix des Bouquets une prison à peine inaugurée, appelée à recevoir les individus jugés coupables des crimes qui leur sont reprochés. Le fait de placer ces quatre (4) présumés kidnappeurs à la Prison civile de la Croix des Bouquets semble banal. Mais pour ceux qui connaissent le système judiciaire haïtien, il s'agit là d'une situation troublante qui exige la vigilance de tous les citoyens haïtiens. VII. Rappel sur le dossier de Stanley HANDAL - Le RNDDH souligne à l'attention de tous qu'un dossier similaire a débouché, en 2005, sur la libération des présumés kidnappeurs. En effet, en août 2005, le nommé Nathanaël GENELUS, employé de la succursale de la UNIBANK de Damien est arrêté par la PNH et conduit au sous-commissariat de police de Delmas 62. Il est depuis porté disparu. L'inspecteur de police James BOURDEAU, responsable alors de ce sous-commissariat et d'autres policiers sont arrêtés sous l'inculpation d'avoir organisé le kidnapping et la disparition du caissier de la UNIBANK pour le compte de Stanley HANDAL, un riche homme d'affaires. Ce dernier est aussi arrêté. Confié à un juge d'instruction alors président de l'Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH), ce dossier a rejoint le nombre d'affaires classées sans aucune mention. En effet, le Juge octroie le 30 décembre 2005, main levée du mandat d'écrou aux quatre (4) présumés kidnappeurs arrêtés dans le cadre de cet enlèvement suivi de disparition : • Stanley HANDAL • Wilfrid FRANÇOIS, A1 • Sony LAMBERT, A3 • Rénal CINEUS A4 A date, personne ne sait ce qu'il est advenu du dossier. Commentaires et Recommandations Les cas d'enlèvement et de séquestration contre rançon sont aujourd'hui monnaie courante dans le pays. Ils appauvrissent la population, notamment la classe moyenne et favorisent la fuite des ressources humaines vers des pays étrangers. En effet, de nombreuses victimes d'enlèvement suivi de séquestration contre rançon abandonnent le pays après leur libération. De plus, l'implication d'hommes d'affaires, avérée dans les dossiers de Nathanaël GENELUS et des frère et soeur MOSCOSO prouve que les enlèvements constituent des crimes hautement organisés avec des ramifications puissantes. En ce sens, le démantèlement complet et définitif du gang dirigé par Clifford H. BRANDT constitue une priorité et sera considéré comme un grand pas dans la lutte effective contre cette forme de criminalité qui ne cesse d'endeuiller la société haïtienne. Si les autorités du pays qui détenaient les informations relatives au gang de Clifford H. BRANDT avaient rapidement passé les instructions à la DCPJ pour intervenir, le numéro II, Edner COME connu aussi sous le nom de Jackson TRAVELINO ainsi que plusieurs autres membres du gang seraient aujourd'hui sous les verrous. Parallèlement, il est incompréhensible que seul le nom du Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique, Réginald DELVA ait été communiqué à l'institution judiciaire pour enquête alors que c'est lui-même qui a affirmé qu'une liste d'une vingtaine de personnalités haïtiennes à être enlevées et exécutées par le gang de Clifford H. BRANDT est en circulation. De plus, en Haïti, les noms de personnalités civiles et politiques sont associés au trafic de la drogue, au blanchiment d'argent et à la criminalité financière. Les autorités policières et judiciaires doivent tout mettre en oeuvre en vue d'enquêter sur tous les cas de suspicion d'implication des citoyens dans ces crimes. Et, plus que jamais, les signes de richesse extérieurs d'agents de la PNH et de tous les fonctionnaires de l'Etat doivent faire l'objet d'enquêtes sérieuses. Cette pratique d'autoriser les agents actifs de la PNH à s'adonner à des activités parallèles constitue un grand danger car, ils peuvent facilement être mis sous payroll de grands kidnappeurs et de grands chefs de gang. C'est aussi une situation sous le couvert de laquelle ils peuvent s'enrichir illicitement. Dans de telles circonstances, il est difficile d'assurer la moralité des troupes policières. Dans une société où la Justice est aussi décriée, tous les délinquants doivent être traités de la même manière. Clifford H. BRANDT, Franck SINTERINE, Junior CHARLES et Ernst PIERRE ne sont pas les premiers kidnappeurs présumés, arrêtés dans le cadre d'une enquête. Tous ceux qui l'ont été avant eux, sont placés à la Prison Civile de Port-au-Prince. C'est aussi la place de Clifford H. BRANDT et de ses acolytes. Ils ne peuvent en aucun cas, bénéficier de traitements de faveur car cet état de fait suscite déjà de nombreuses inquiétudes quant à l'aboutissement du dossier à un procès juste et équitable. Il convient de souligner que les dossiers de Clifford H. BRANDT et de Stanley HANDAL se ressemblent drôlement. En effet, dans les deux (2) cas, deux (2) hommes d'affaires sont à la tête de bandits lourdement armés dont des policiers en activité de service ainsi que d'anciens policiers. Ces gangs sont spécialisés notamment dans l'enlèvement suivi de séquestration contre rançon, le blanchiment d'argent, etc. En ce sens, le RNDDH redoute la réédition de l'affaire Stanley HANDAL dans le traitement de l'affaire BRANDT. Enfin, le RNDDH met en garde les autorités politiques contre toutes démarches devant aboutir à la libération de Clifford H. BRANDT et de ses complices. Fort de tout ce qui précède, le RNDDH recommande aux autorités judiciaires de : 1. Donner suite à l'enquête menée par la PNH ; 2. Démanteler une bonne fois pour toutes, le gang dirigé par Clifford H. BRANDT ; 3. Traduire par devant la juridiction de jugement tous les membres de ce gang ainsi que tous ceux qui sont impliqués dans l'enlèvement suivi de séquestration de Nicolas MOSCOSO et Coralie MOSCOSO ; 4. Instruire tous les dossiers criminels équitablement ; 5. Rouvrir l'enquête judiciaire sur le dossier de Stanley HANDAL et juger tous ceux qui étaient impliqués dans l'enlèvement suivi de la disparition de Natanaël GENELUS ; 6. Mettre fin dans la pratique des activités parallèles des policiers actifs. RNDDH: Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH

samedi 20 octobre 2012

ENCORE UNE FOIS, LAURENT SALVADOR LAMOTHE A ASSASSINE L'EMPEREUR JEAN JACQUES DESSALINES

ACTUALITES Encore une fois, Laurent Salvador Lamothe a assassiné l’empereur Jean Jacques Dessalines. Par Herns Mesamours --- La cérémonie traditionnelle commémorant l'assassinat de Jean Jacques Dessalines, Fondateur de notre Patrie, a été, cette année, écorchée par le Premier ministre haïtien. Désinvolte, il n'a pas jugé utile de porter la tenue prescrite en la circonstance. Alors que le président, le cabinet ministériel, les représentants des autres pouvoirs, les fonctionnaires se sont conformés aux prescrits du cérémonial, Laurent Lamothe portait avec ostentation et fierté une « guyabera » en lieu et place du complet blanc et cravate noire exigés en la circonstance. Comme un enfant qui voulait jouer un mauvais tour à ses camarades, Lamothe riait, heureux de son espièglerie. Mais voilà, ce ne sont pas des affaires de petits copains dont il s'agit mais des affaires de la République. Il est difficile de comprendre un tel comportement. Quels sont les motifs d'un tel agissement ? A quoi riment tant de puérilités et de gamineries ? Un Premier ministre ne peut en faire à sa tête. L'Etat n'est pas une entreprise privée avec ses règles particulières émanant de son propriétaire. Ce fut une offense grave et un manque de respect certain aux Aïeux, à la Nation, au Chef de l'Etat, à l'administration en général et à la fonction de Premier ministre. La stupéfaction des uns et des autres a été à son comble en voyant le Président de la République serrer la main du Premier ministre en rupture de ban. Michel Martelly riait au lieu de lui demander simplement d'aller se conformer au protocole établi. Le Président Martelly n'a pas semblé comprendre que c'était une offense à sa propre personne, à son statut de Chef de l'Etat. Le Laurent Lamothe, l'ami et l'associé de Martelly dans la firme Global Voice, doit s'effacer devant les exigences de la fonction et doit se conformer aux règles et normes qui ne sont pas les siennes mais celles de l'Etat. Le temps de la camaraderie est révolu. Après avoir été renvoyé, il reprendra ses habitudes et continuera à jouer des tours à ses amis. Pour le moment, Premier ministre, il devrait avoir la posture d'un fonctionnaire de l'Etat nommé pour accomplir une mission et non être l'amuseur des uns et des autres. L'offense au Président, premier citoyen du pays, est surtout une gifle infligée à toute la Nation qui, en ce jour du 17 octobre, avait une pensée spéciale pour Jean Jacques Dessalines qui, avec tous les autres Aïeux, a mené une guerre implacable pour délivrer nos ancêtres des griffes de l'esclavage et du colonialisme. C'est toujours avec solennité que se déroule cette cérémonie à la mémoire du forgeur de notre Nation. Solennité reflétée dans le protocole établi par le service concerné du ministère intéressé. Lamothe, personnage à la nationalité douteuse, voulait-il marquer son mépris à Dessalines qui a chassé les étrangers de notre terre ? Ce fut une offense pour tous les participants à cette cérémonie qui, eux, se sont conformés aux prescrits du protocole. Ministres, députés, Sénateurs, fonctionnaires. Ce fut un mépris pour les fonctionnaires qui ont travaillé pour établir un protocole qu'ils pensaient être une tâche importante mais qui a été ravalé au stade d'un exercice inutile, dérisoire. Le Premier ministre Lamothe a raté l'occasion de montrer que le cabinet ministériel est une entité homogène. Il a prouvé que dans son gouvernement chacun en fait à sa tête, que personne n'est obligé de se plier aux règles qui devaient prévaloir pour tous. Il n'a pas su donner l'exemple à ses ministres qui désormais ont le droit, eux aussi, à en faire à leur tête alors qu'ils sont des fonctionnaires comme Lamothe, astreints aux mêmes exigences et servitudes de leurs fonctions. Ce n'est pas en violant les règles que l'on fait preuve de créativité. Etre créatif c'est travailler pour mettre en place les bases qui permettront à notre pays d'aller de l'avant, c'est de trouver les formules originales qui peuvent sortir notre République de l'ornière dans laquelle elle s'est embourbée. Quel exemple a-t-il donné à cette jeunesse confrontée chaque jour à la précarité, aux gangs, à la drogue, au visage grimaçant de la misère, cette jeunesse à qui il faut montrer à chaque minute les bénéfices des lois, des règles, des normes ? Chaque acte d'un gouvernement devrait avoir une portée pédagogique pour les gouvernés qu'il a la responsabilité de diriger et la jeunesse qu'il a la possibilité et l'opportunité de former par l'exemple pour que le pays puisse avoir des citoyens responsables, soucieux d'obéir aux règles et normes qui seules sont les garantes de la grandeur d'un pays. L'anarchie n'a jamais rien construit. Les étrangers, qui nous observent, ne nous prendront jamais au sérieux. Chez eux, ils observent les prescrits, les règles, les normes, les traditions, ayant la conviction que les dérogations conduisent à la ruine. Une photo du président Reagan s'étalant sur deux pages d'un numéro de Paris Match a fait le tour du monde. Devant assister à une cérémonie le président, dans la photo, était assis sur un grand sofa de la maison blanche en compagnie de sa fille qui devait l'accompagner en la circonstance. En face d'eux, un membre du service du protocole, debout, leur expliquait les moindres gestes à faire et les attitudes à adopter durant l'événement. Ce qui frappait c'était l'attention soutenue avec laquelle le président et sa fille suivaient les explications du fonctionnaire. Le président de la plus grande nation du monde se pliait au protocole que lui expliquait un fonctionnaire de second rang. C'est cela la grandeur ! Plus près de nous, a circulé dans la capitale haïtienne l'histoire d'un « incident » au cours duquel le président Jean Claude Duvalier est sorti de ses appartements du palais avec un complet marron pour assister à une cérémonie. Le chef du protocole, Yves Masillon, lui a simplement demandé de se changer car la tenue marron ne seyait pas aux cérémonies officielles. Jean Claude Duvalier a aussitôt rebroussé chemin pour se conformer aux exigences du cérémonial rappelées par le chef du protocole. Ce même chef du protocole avait renvoyé chez lui Guy Bauduy, ministre du gouvernement de Jean Claude Duvalier qui ne portait pas la tenue exigée par le protocole prévu en la circonstance. Bauduy savait qu'il ne pourrait défier le fonctionnaire chargé au respect des normes. La femme du Président Magloire, accompagnant le chef de l'Etat, en visite dans une ville du pays, avait porté un chapeau pour assister à un Te-deum. La première dame a dû changer de couvre-chef quand le chef du protocole lui a expliqué qu'en la circonstance c'était la capeline qui était recommandée. Certains diront : Quelle importance tout cela a-t-il ? C'est le respect de ces petits riens qui font les grandes nations. C'est le respect de ces détails qui aident à construire un moule dans lequel un pays se fond pour se diriger vers de hautes cimes. Ce n'est pas en défiant les règles qu'on fait preuve de personnalité et de caractère. C'est au contraire en s'y conformant. Le déclin continu de notre Nation est la résultante de ces négligences, de ces désinvoltures, de ce manque de rigueur qui font de notre pays un état failli. Ce dicton emprunté des Américains doit être pour nous tous un sujet sérieux et permanent de réflexion : The devil is in the details. Une autre Haïti est possible, ensemble construisons-la ! Herns Mesamours Chicago, USA (229) 364-8330

mardi 16 octobre 2012

DISCOURS DU PERE FONDATEUR DE LA NATION HAITIENNE

Liberté, ou la Mort. - ARMÉE INDIGÈNE, - Le général en chef, au peuple d'Haïti. - Citoyens, Ce n'est pas assez d'avoir expulsé do votre pays les barbares qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles. Ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux. Il faut, par un dernier acte d'autorité nationale, assurer à jamais l'empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître. Il faut ravir au gouvernement inhumain qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir. Il faut enfin vivre indépendant, ou mourir ! Indépendance, ou la Mort ! Que ces mots sacrés nous rallient, et qu'ils soient le signal des combats et de notre réunion ! - Citoyens, mes compatriotes, j'ai rassemblé dans ce jour solennel ces militaires courageux qui, à la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberté, ont prodigué leur sang pour la sauver. Ces généraux qui ont guidé vos efforts contre la tyrannie n'ont point encore assez fait pour votre bonheur. Le nom français lugubre encore nos contrées ! Tout y retrace le souvenir des cruautés de ce peuple barbare; nos lois, nos mœurs, nos villes, tout encore porte l'empreinte française. Que dis-je? Il existe des Français dans notre île, et vous vous croyez libres et indépendants de cette République, qui a combattu toutes les nations, il est vrai, mais qui n'a jamais vaincu celles qui ont voulu être libres! Eh quoi ! Victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence, vaincus, non par des armées françaises, mais par la pipeuse éloquence des proclamations de leurs agents : quand nous lasserons-nous de respirer le même air qu'eux ? Qu'avons-nous de commun avec ce peuple bourreau ? Sa cruauté comparée à notre patiente modération, sa couleur à la nôtre, l'étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur, nous disent assez qu'ils ne sont pas nos frères, qu'ils ne le deviendront jamais, et que s'ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions. - Citoyens indigènes, hommes, femmes, filles et enfants, portez vos regards sur toutes les parties de cette île. Cherchez-y, vous, vos femmes ; vous, vos maris; vous, vos frères ; vous, vos sœurs : que dis-je ? Cherchez-y vos enfants, vos enfants à la mamelle. Que sont-ils devenus ! Je frémis de le dire: La proie de ces vautours. Au lieu de ces victimes intéressantes, votre œil consterné n'aperçoit que leurs assassins, que les tigres dégouttant encore de leur sang, et dont l'affreuse présence vous reproche votre insensibilité et votre coupable lenteur à les venger. Qu'attendez-vous pour apaiser leurs mânes? Songez que vous avez voulu que vos restes reposassent auprès de ceux de vos pères, quand vous avez chassé la tyrannie. Descendrez-vous dans leurs tombes sans les avoir vengés ? Non ! Leurs ossements repousseraient les vôtres. Et vous, hommes précieux, généraux intrépides qui, insensibles à vos propres malheurs, avez ressuscité la liberté en lui prodiguant tout votre sang; sachez que vous n'avez rien fait, si vous ne donnez aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer un peuple fier d'avoir recouvré sa liberté, et jaloux de la maintenir. Effrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la ravir encore : commençons par les Français ! Qu'ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu'ils y ont exercées, du moins par la résolution terrible que nous allons prendre, de dévouer à la mort quiconque né Français, souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté. Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ? Quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves? Esclaves! Laissons aux Français cette épithète qualificative : ils ont vaincu pour cesser d'être libres. Marchons sur d'autres traces; imitons ces peuples qui, portant leurs sollicitudes jusque sur l'avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l'exemple de la lâcheté, ont préféré être exterminés que rayés du nombre des peuples libres. Gardons-nous, cependant, que l'esprit de prosélytisme ne détruise notre ouvrage; laissons en paix respirer nos voisins ; qu'ils vivent paisiblement sous l'égide des lois qu'ils se sont faites, et n'allons pas, boute-feu révolutionnaires, nous érigeant en législateurs des Antilles, faire consister notre gloire à troubler le repos des îles qui nous avoisinent. Elles n'ont point, comme celle que nous habitons, été arrosées du sang innocent de leurs habitants : ils n'ont point de vengeance à exercer contre l'autorité qui les protège. Heureuses de n'avoir jamais connu les fléaux qui nous ont détruits, elles ne peuvent que faire des vœux pour notre prospérité. Paix à nos voisins ! Mais Anathème au nom français ! Haine éternelle à la France ! Voilà notre cri. - Indigènes d'Haïti, - Mon heureuse destinée me réservait à être un jour la sentinelle qui dût veiller à la garde de l'idole à laquelle vous sacrifiez. J'ai veillé, combattu, quelquefois seul, et si j'ai été assez heureux que de remettre entre vos mains le dépôt sacré que vous m'avez confié, songez que c'est à vous maintenant à le conserver. En combattant pour votre liberté, j'ai travaillé à mon propre bonheur. Avant de la consolider par des lois qui assurent votre libre individualité, vos chefs que j'assemble ici, et moi-même, nous vous devons la dernière preuve de notre dévouement. - Généraux, et vous chefs, réunis près de moi pour le bonheur notre pays : le jour est arrivé, ce jour qui doit éterniser notre gloire, notre indépendance. S'il pouvait exister parmi nous un cœur tiède, qu'il s'éloigne et tremble de prononcer le serment qui doit nous unir ! Jurons à l'univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination ! De combattre jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance de notre pays ! - Et toi, peuple trop longtemps infortuné: témoin du serment que nous prononçons, souviens-toi que c'est sur ta constance et ton courage que j'ai compté, quand je me suis lancé dans la carrière de la liberté pour y combattre le despotisme et la tyrannie contre lesquels tu luttais depuis quatorze ans. Rappelle-toi que j'ai tout sacrifié pour voler à ta défense, parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberté; que mon nom est devenu en horreur à tous les peuples qui veulent l'esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en maudissant le jour qui m'a vu naître. Et si jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le génie qui veille à tes destins me dictera pour ton bonheur, tu mériterais le sort des peuples ingrats. Mais, loin de moi cette affreuse idée. Tu seras le soutien de la liberté que tu chéris, l'appui du chef qui te commande. Prête donc entre ses mains le serment de vivre libre et indépendant, et de préférer la mort à tout ce qui tendrait à te remettre sous le joug. Jure enfin de poursuivre à jamais, les traîtres et les ennemis de ton indépendance. Fait au quartier-général des Gonaïves, le premier janvier mil huit cent quatre, l'an premier de l'indépendance. Signé : J. J. DESSALINES Source: Beaubrun Ardouin, Etudes sur l’Histoire d’Haïti, pages 26-27-28-29

samedi 13 octobre 2012

DU PAYS LE PLUS PAUVRE AUX ESPOIRS LES PLUS GRANDS

ACTUALITÉS Du pays le plus pauvre aux espoirs les plus grands - • Détails - Catégorie : Actualités - Publié le dimanche 7 octobre 2012 15:19 - Aviol FLEURANT, Avocat Professeur d'Université - Par Aviol FLEURANT --- La pendule de l'État n'est pas à l'heure de la bonne gouvernance, ce, malgré l'accession au pouvoir du président Michel MARTELLY qui, pendant la campagne présidentielle, avait fait le serment de divorcer d'avec les pratiques politiques contraires à l'éthique républicaine. Ce serment, prononcé tant sur la montagne des promesses électorales que sur la Constitution, n'a valeur que de parjure puisqu'en lieu et place du code de la rupture, l'Administration centrale s'est mise à appliquer des recettes surannées, allant du népotisme au clientélisme, du marchandage politique à la perversion des consciences, de la cooptation à l'affaiblissement des institutions, le tout sur fond d'un amateurisme puéril et d'une propagande gênante qui génèrent méfiance, déceptions, volte-face, désenchantement et convulsions sociales. J'ose dire "méfiance" en ce sens que le mensonge d'État, caractérisé par la poursuite de la ''politique de l'inhabileté'', efface la présomption de bonne foi qui a toujours su militer en faveur de tout nouveau gouvernant. "Déceptions" puisque la tromperie en politique est la négation de la confiance et le défaut d'une telle valeur ne peut que transformer le rêve du citoyen en désespoir géant. "Volte-face", car, au seuil même du quinquennat, le Sud applique à l'encontre du chef le "carton rouge" au motif que celui-ci a violé la clause éthique du pacte politique. Je dis "désenchantement" parce que les agissements du pouvoir tuent les aspirations du peuple et par voie de conséquence le rêve du citoyen. Il est question de "convulsions sociales" notamment dans le Nord comme conséquence de la politique du pire. L'expression "politique du pire" se justifie au regard de ces 18 mois de gouvernance chancelante, perturbée par l'arrestation d'un député en fonction, par un bras de fer inopportun entre le chef de l'État et son Premier ministre, par des vagues de remaniements ministériels, par l'érection d'un Conseil électoral sans légitimité; une gouvernance axée sur la conversion du Parlement en caisse de résonnance de l'exécutif; une gouvernance hypothéquée puisque dosée à souhait et réorientée dans le sens des intérêts de l'autorité de tutelle: la Communauté internationale. Aujourd'hui, le coup de massue nous est donné avec une violence inouïe. Dans les rapports sur le développement humain, sur la compétitivité mondiale, sur la drogue, sur la corruption, les indicateurs sont au rouge.On occupe le dernier rang. Qui pis est, d'après une étude du Wall Street Journal, Haïti est le pays le plus pauvre du monde. Ô rage ! Ô désespoirs ! Ô fils de la Patrie ! N'avons-nous tant vécu que pour cette infamie !  De la terre de la "liberté première" au rang de la pauvreté extrême, quelle est donc la mesure d'une telle démesure ?  Peut-il être encore question d'espoirs au regard de ce tableau si sombre ?  Comment passer de l'extrême pauvreté aux espoirs les plus grands ?  Qui porteront ces espoirs? I. Le constat alarmant d'un pays dévasté - Si le pays, avant le 12 janvier 2010, relatait une situation de pauvreté extrême, après le séisme la proportion de gens vivant dans des conditions déshumanisantes s'est considérablement accrue. Cette situation s'explique tant par les pertes et dommages résultant de la catastrophe que par la détérioration de la situation socio-économique des ménages. Je ne vais pas évoquer les causes structurelles à l'origine des dégâts. Néanmoins, on conviendra que les dommages et les pertes doivent notamment leur gravité à l'irresponsabilité séculaire de nos gouvernants, à l'absence de vision de nos chefs d'État, à la passivité de la société civile. Rien ne justifie en vérité que le pays ne soit doté d'un vrai plan d'aménagement du territoire, que nos maisons soient construites en dehors de toutes normes de référence, que la capitale soit ceinturée de plus d'une trentaine de bidonvilles, que l'exode rural soit comme une pandémie. Rien ne peut non plus justifier cette densité excessive de population, cette destruction de la biodiversité, cette érosion alarmante des sols, cette terrible dégradation de l'environnement, encore moins la disparition des espèces. En fait, tout cela est à l'origine de ce bilan post-séisme si lourd : « 300 000 décès, 300 000 blessés, 1 500 000 sans abris, 600 000 déplacés, 105,000 résidences totalement détruites, 208 000 maisons endommagées, 1 300 établissements d'éducation effondrés, 50 hôpitaux et centres de santé inutilisables »[1]. Pourtant, malgré ces données alarmantes, malgré le degré de gravité et de précarité des conditions de vie de l'homme haïtien, l'administration Préval-Bellerive cherchait davantage à s'accrocher au pouvoir que de concevoir un vrai plan Marshall de reconstruction d'Haïti. Ceci a valu à ces dirigeants la réprobation du peuple. Ainsi, le président MARTELLY a-t-il été le grand bénéficiaire d'un vote de rejet du candidat du "système". En réalité, c'est la quête d'un Messie, en plein désert politique et sous le soleil brûlant des expériences amères, qui a poussé l'électorat, abattu et désespéré, à s'accrocher au candidat qui aurait singé le sauveur et qui aurait juré de briser la glace immense du statu quo, indépendamment du passé de ce dernier. Toutefois, arrivé au pouvoir, le "serment" sur la montagne est vidé de sa substance. Le Prince en appelle à la lumière des grands Conseillers du "système" et applique à la lettre les recettes tirées du livre de René PRÉVAL. Continuité! Mensonges! Parjure! Perfidie! Perversions! Élections programmées! Peuple trompé! Consternations! Regrets! Remords! Désespoirs ! Démophobie ! Haïtianophobie !!! Que reste-t-il donc de la première République noire indépendante du monde ? II. L'urgence d'un complot entre gens de biens pour changer le destin - Si, à ma gauche, s'ouvre le rapport mondial sur le développement humain de 2011 où la terre de Toussaint, frappée d'une pauvreté multidimensionnelle, est classée 158e pays sur 176, si à ma droite, on feuillette le rapport de la compétitivité mondiale où la terre de Pétion est classée 142e pays sur 144 et si devant moi Wall Street Journal, comme pour sanctionner la politique de l'administration MARTELLY-LAMOTHE, a déposé avec fracas une étude où il est démontré qu'Haïti est le pays le plus pauvre du monde, je ne peux logiquement que regarder derrière moi et me rabattre sur la beauté de ce grand patrimoine qu'est notre histoire de peuple. Une histoire fondée sur les idéaux de liberté, d'égalité et de non-discrimination, de dignité, d'humanité et d'universalité. Elle est remplie d'humanité puisque la liberté que nous avons revendiquée et acquise au prix du sang l'a été pour nous et pour tout autre terrien, doté de dignité et égal d'autrui, marqué au fer mais fuyant les entraves, qui a foulé de son pied le sol haïtien. Elle est universelle puisque la révolution haïtienne a influencé le bolivarisme – courant politique fondé sur la justice sociale, la liberté, l'égalité des droits – ainsi que le panaméricanisme – mouvement politique qui a créé une communauté d'intérêts entre les Etats de l'Amérique. Aussi, pouvons-nous dire que notre histoire de peuple a même influencé l'histoire du monde. En vérité, nous sommes les précurseurs d'une humanité décolonisée. En fait, nous avons la réserve capitale pour changer le cours des choses. Ce tableau de Wall Street Journal ne saurait torpiller les espoirs et nous condamner à la désespérance. Il faut avant tout un complot entre gens de biens, remplis d'humanité, dotés d'intégrité, de virginité politique et sociale, des gens qui puissent inspirer confiance, qui puissent incarner le prototype du nouvel Haïtien pour relever ce peuple, mis à genoux depuis la mort de l'empereur par des politiciens véreux, des amateurs qui s'improvisent hommes politiques, qui ne se soucient que de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la collectivité et des générations futures. Donc, le constat de cette déchéance sociale, caractérisée par la négation de l'éthique, des vertus et des valeurs, n'est pas irréversible. Au contraire, il motive des énergies positives et suscite les synergies nécessaires pour un changement réel et profond de la situation de l'Haïtien. Une concertation entre forces saines, jeunes et motrices du pays est capable de créer un rempart citoyen contre la corruption des mœurs et des valeurs, un rempart pour la bonne gouvernance, pour le respect de notre souveraineté de peuple libre et autodéterminé, le tout, sur fond d'un leadership collectif pour une Haïti nouvelle, inclusive et prospère. En réalité, si la construction de la nouvelle Haïti doit absolument reposer sur l'inclusion, il n'en demeure pas moins que face aux extrêmes que sont les mouvements de gauche et de droite, anti-institutionnels et anarcho-populistes, la nécessité d'une troisième voie, rassembleuse et crédible, s'impose désormais. Il va falloir que la jeunesse haïtienne, soucieuse de son avenir, s'implique dans la vie politique de la cité pour le bien des générations futures. Les jeunes sont appelés à s'organiser en réseaux locaux, communaux, départementaux, dans la perspective d'un grand mouvement social pour la création de la nouvelle Haïti. Ils devront influencer positivement l'activité politique et aider la communauté à choisir ses représentants tant au Parlement qu'à la présidence suivant des critères d'intégrité, de vertu et de compétences avérées. Le mouvement social, en vue de permettre l'émergence d'une société plus juste et plus humaine, partagera certaines valeurs, telles amour de la Patrie, volontariat et solidarité, laïcité et non-confessionnalisme, tolérance et droit à la différence, non-violence comme force de changement, égalité et non-discrimination, humilité et détermination, intégrité et vertu. Les jeunes devront désormais se joindre aux forces saines et vives de la nation pour faire comprendre au peuple, à l'électorat des années à venir, que la Nouvelle Haïti passe impérativement par la conception et la mise en œuvre d'un plan Marshall de reconstruction. III. La nécessité d'un Plan Marshall pour la Nouvelle Haïti - L'heure est aujourd'hui au relèvement, à la refondation de la nation, à la reconstruction de l'État. D'aucuns parlent d'un vrai Plan Marshall de reconstruction et de développement. Nous devons, néanmoins, opter pour un Plan de reconstruction qui inclura d'abord et inévitablement une refonte de la mentalité, une quête de l'identité nationale, avant ou au moment d'instituer les grandes avenues routières, les grandes infrastructures portuaires et aéroportuaires. Ce plan Marshall sera d'abord mental. Il doit précéder la mise en œuvre du plan de reconstruction infrastructurel. Le mental de l'Haïtien devra s'accorder aux exigences de l'éducation avant qu'on ne prenne, en autobus, le grand boulevard à huit voies, parsemé de palmiers, de pins et de fleurs, partant des côtes du Cap-Haïtien vers Saint-Marc, passant par les côtes des Arcadins jusqu'aux Côteaux avec une vue presque constante sur la mer. Aussi, ce plan devra-t-il être spirituel en ce sens que l'Haïtien devra apprendre à cultiver l'amour pour son prochain, à honorer ses parents, à tolérer les divergences d'opinions et de vues, à apprécier sa culture et son histoire, à aimer son pays et se sentir redevable envers lui. Aussi, va-t-il falloir repanser les plaies et recoudre le tissu social lamentablement déchiré dans des luttes fratricides. Il s'agira d'un plan inclusif où la diaspora dira son mot, où les partis politiques s'exprimeront, où les masses dicteront leur bien-être, où la classe moyenne verra son relèvement, où la bourgeoisie soutiendra la refondation de l'économie, où la société civile incluant le secteur syndical, les paysans, les organisations socioprofessionnelles, les églises, les chambres de commerce, l'Université, mettra en œuvre le plan de reconstruction d'Haïti. Ce plan sera si inclusif qu'il s'ouvrira aux "dignes" apports de la communauté caribéenne, à ceux des Organisations régionales et au soutien des Nations unies. Cependant, la responsabilité de la reconstruction de l'État, de la refondation de la nation, de la grande réforme économique, de la réorganisation des services sociaux, de la régénération de notre environnement, est essentiellement une œuvre haïtienne quoique la présente réalité, témoin de l'effondrement de l'appareil étatique, semble nous contraindre de la mener en partenariat avec la communauté internationale. Cette œuvre de reconstruction, colossale dans sa conception, véritable mémorial immatériel qui aura témoigné de l'amour d'une génération d'hommes et de femmes pour leur patrie, est d'abord nationale. Elle préconise un plan de refondation incluant au premier chef la mise en valeur des ressources, des potentialités et des compétences du terroir. Elle requiert la systématisation d'une approche ascendante et inclusive pour asseoir une Haïti autrement reconstruite, du moins, reconstruite sur la bonne gouvernance, la croissance économique, le respect des droits de l'homme, les vertus démocratiques, la justice sociale, sur un développement endogène, équitable et durable. Ascendante, en ce sens que, rejetant l'option d'une refondation sur fond de table rase, l'œuvre de reconstruction tiendra compte de nos acquis en termes de richesses historiques, patrimoniales, culturelles, artistiques. Elle tend vers l'élévation de la pensée haïtienne, vers le renforcement de l'identité nationale, dans la perspective d'un État fort, d'une nation responsable et autonome. Inclusive, puisque la réalisation de l'œuvre n'est possible que si l'ensemble des forces haïtiennes y adhère. Ainsi, je vous convie tous, hommes et femmes de ce pays, paysans et citadins, jeunes et vieux, grands et petits, croyants et non croyants, à emboîter le pas, ce, pour la transformation de cette crise en une opportunité de développement. IV. Un plan inscrit dans la logique d'une réforme institutionnelle - La réforme institutionnelle est capable de combler le déficit démocratique que connaît le pays depuis plus d'un demi-siècle. Ce déficit, rappelons-le, est dû au fait que les gouvernants, croyant souvent avoir la commande d'un pouvoir providentiel ou tout simplement animés de mauvaise foi, se sont toujours placés au dessus de la loi et des institutions. A titre d'exemple, le corps judiciaire n'a jamais été un pouvoir. Il a fallu qu'il demeure une institution vassale, affaiblie à dessein, tant par l'exécutif que par le législatif, sinon, en cas de reddition de comptes, elle serait une guillotine imparable pour le Prince, pour ses ministres, pour ses comptables et pour tout dilapidateur du Trésor public. Il en a toujours été de même pour les institutions militaire, policière et électorale. Car, si les premières jouissaient d'une indépendance réelle, elles seraient au service de l'État et non pas un instrument politique dont se servirait le chef pour mater toute résistance à l'oppression. En revanche, un Conseil électoral indépendant est une garantie pour la démocratie. Ainsi, lui enlever son indépendance va absolument dans le sens des intérêts du Prince qui doit s'en servir pour fabriquer des Parlementaires à la solde de son pouvoir. La réforme institutionnelle ne peut être que la toile de fond de la refondation de l'État. Elle passe absolument par la réorganisation des pouvoirs et des institutions publiques. En effet, l'appareil de l'État présente un déséquilibre structurel entre les Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ainsi qu'un dysfonctionnement permanent des Institutions. Cette réalité compromet le jeu de la séparation des pouvoirs et fait écran à l'exercice de la bonne gouvernance. Ce déséquilibre structurel – consistant notamment en un partage inégal de pouvoirs entre les pouvoirs – a souvent été à l'origine de tensions politiques et sociales très fortes résultant d'interminables bras de fer entre une majorité parlementaire constituée et les autorités gouvernementales. D'aucuns ont démontré en quoi ce déséquilibre entre les pouvoirs et en quoi une absence de contrepoids de l'exécutif par rapport au Parlement peut paralyser l'activité étatique et rendre inopérante la vie républicaine. Ils ont démontré l'inadéquation de ce régime politique à prépondérance parlementaire avec nos traditions présidentialistes. Notre système ne s'inscrit pas dans la logique du parlementarisme rationalisé, ce qu'il va falloir redéfinir pour la nouvelle Haïti. Cette réforme de l'État – qui n'exclut pas une autre révision du droit constitutionnel formel – vise également l'établissement d'une bonne gouvernance administrative et fiscale dans la perspective d'un développement endogène, la décentralisation, la déconcentration des services publics, la réforme des partis politiques, le renouvellement d'une classe politique léthargique, la refondation des services sociaux, la structuration de l'économie, l'aménagement du territoire, la régénération de l'environnement, la sécurité nationale. En somme, le constat est alarmant. Les rapports sont accablants. Haïti est reléguée à l'arrière-plan. De la terre de la liberté première au pays le plus pauvre du monde, c'est une énorme démesure. En lisant l'étude du Wall Street Journal, en vérité, plus d'un, malgré la fierté d'être haïtien, a été atteint jusque dans ses entrailles. Que reste-t-il donc de la première République noire du monde ? Le vieux semble aujourd'hui refuser de vivre. La jeunesse est sans vie. Elle est sans repères, livrée à elle-même, traumatisée, abattue. Elle se cherche. Elle se perd sur un territoire délavé, banalisé, gangrené par la corruption. Elle est troublée par une réalité politique faite de déficits de modèles, de négation de la confiance. Cependant, j'ose croire, malgré ce constat si sombre, que le feu des remords n'a pas encore consumé l'espérance de ce grand peuple. Malgré le cœur transpercé par ces flèches mortelles, Haïti espère encore. Elle espère que vous jetterez sur elle un regard rempli d'amour et d'humanité, un regard rempli de dignité, un regard qui réconforte, qui guérit; un regard qui puisse l'inciter à se relever. Notre pays a besoin de changement, de changement de politique, de changement de paradigme. Il a besoin d'un rêve. Il a surtout besoin de patriotes qui puissent guider ce rêve. Et la jeunesse haïtienne, en tant que force motrice, mérite de savoir la place qui lui revient dans le processus de reconstruction de son pays. Sa place est donc au cœur de la refondation de l'État. Nous avons la responsabilité historique de lui dire que nous ne sommes pas condamnés à l'extrême pauvreté; que celle-ci ne doit être qu'un puissant motif de changement; que par-delà la pauvreté extrême, il y a la détermination de se relever et pour que brillent les espoirs les plus grands. "Haïti ne mourra pas. Haïti vivra tant que nous existons". [1] Plan d'action pour le relèvement et le développement national, Mars 2010, pp. 2,3,4. Aviol FLEURANT, Avocat Professeur d'Université Master 2, Droit international et européen des droits fondamentaux aviolfleurant@gmail.com

ONA ET SES EMPRUNTEURS...

Courtoisie de Fred Leflo : Pour l'Histoire... Beaucoup de citoyens aimeraient savoir si l'ONA reçoit des paiements réguliers des gens ci-après mentionnés 1) Mme Jeanne Bernard, ex-Directrice du Bien Etre Social, Ex-Directrice de l'Immigration, Ex- Directrice de L'ONM, ex- maitresse de Préval, qui a emprunté de l'ONA 196 millions de gourdes dont le remboursement est étalé sur 30 ans, alors qu'elle était âgée de 67 ans. Son prêt se soldera à l'âge de 97 ans, si Dieu lui prête vie, si elle continue à vivre dans la pays, si elle se souvient qu'elle a une dette envers les contributions des pauvres, si... 2) Charles Suffrat, ex-conseiller de Préval, ex-coordonnateur de Koze Pèp qui s'est octoyé 30 millions de gourdes dont le remboursement est étalé sur 30 ans pour se construire sa petite maison de retraite à Belle Ville. Il est âgé de 62 ans. Enfin, ce pays doit tellement de choses à ces gens... 3) Marie Claude Calvin, sœur du Président Préval. Elle remplit aussi la fonction de secrétaire exécutive, qui a gargarisé 186 millions de gourdes de l'ONA, remboursable sur 35 ans. Invisible sur le territoire haïtien. 4) Kelly Clédor Bastien, ex-Président du Sénat et sa Femme, se sont attribué 176 millions de gourdes payables dans 30 ans. Le même Kelly Bastien qui était impliqué dans cette sale affaire de gaspillage des fonds du Sénat sur la rubrique de restaurant et de distribution de nourritures gratuites. Quelles affaires ? 5) Mme Joseph Lambert, épouse de l'ex-président du Sénat, le sénateur de la république du Sud Est Joseph Lambert. Elle a reçu 7 millions de gourdes des fond de l'ONA, remboursables sur 25 ans 6) Herivaux Rudy, ex-énateur de l'Ouest, représentant du parti de Jean Bertrand Aristide, Fanmi Lavalas, s'est gratifié de 108 millions de gourdes des fond de l'ONA, remboursables sur 30 ans 7) Evalière Beauplan, Sénateur du Nord Ouest, 9 millions de gourdes des fonds de l'ONA, remboursables sur 25 ans 8) Cassy Nenel, Sénateur de Nippes, vendeur de visas américains. L'ex-Sénateur Gabriel Fortuné dans sa déposition formelle et publique au Sénat avait mentionné le cas. Monsieur Cassy : 3 millions de gourdes des fonds de l'ONA, remboursables sur 15 ans 9) Assad Volcy, ex-Conseiller du président Préval, dont le véhicule a été impliqué, dans une affaire de kidnapping d'un enfant mineur. Le véhicule était alors piloté par un autre conseiller du président Préval, le chimère Lavalas bien connu, Samba Boukman, porte-parole de l'Opération Bagdad de 2004. Remarquons que si Assad Volcy était le bras droit, Samba Boukman était le bras gauche du bruyant Commissaire de gouvernement Claudy Gassant. Assad s'est octoyé 25 millions de gourdes des fonds de l'ONA, remboursables sur 30 ans 10) Aviol Fleurant, avocat, militant des droits humains 40 millions de gourdes pour 28 ans. A quel titre??? 11) Osner Fevry, avocat-politicien 35 millions de gourdes pour 18 ans . A quel titre??? 12) Guyler Cius Delva, actuel secrétaire d'état de l'Information du gouvernement Martelly-Laurent, ex-Coordonnateur de la Commission des Journaliste de Rêne Préval, laquelle Commission était chargée de protéger les intérêts du gouvernement Préval et d'orienter les enquêtes sur les assassinats des journalistes survenus au cours des années précédentes. Par exemple dans les affaires Jean Dominique/Brignol Lindor Delva a tout fait pour éviter qu'on enquête sur les auteurs intellectuels de ces assassinats. La commission protège les principaux bourreaux. Delva a été payé: 17 millions de gourdes des fonds de l'ONA remboursables sur 27 ans. 13) L'ex Député Axène Joseph 113 000 000 pour 32 ans Généralement, l'haïtien a peu de mémoires. Mais là.....

HAITI AND THE DOMINICAN REPUBLIC: A BRIEF HISTORY OF A LONG STRAINED RELATIONSHIP

Haiti and the Dominican Republic: A brief history of a long strained relationship - Ezra Fieser | The Christian Science Monitor | Oct 10, 2012 - In the long-strained relationship between Haiti and the Dominican Republic, perhaps the darkest moment took place near this border town in October 1937. Dictator Rafael Trujillo ordered the killings of thousands of Haitians, whose bodies were dumped in the aptly named Massacre River that separates the two countries. Seventy-five years have passed since the so-called Parsley Massacre killed upwards of 12,000 Haitians and Dominicans who tried to come to their aid. Yet in spite of its importance, the massacre was largely forgotten, not discussed or taught in Haiti and widely misinterpreted in the Dominican Republic. Scholars and activists, however, say its effects lived on, forever changing the relationship between Haitians and Dominicans, neighbors on the Caribbean island of Hispaniola. Last week, however, led by members of the Haitian and Dominican Diasporas living in the US, hundreds of people gathered along the border to recall the massacre and address its legacy. The three-day Border of Lights initiative was highlighted by a vigil in which hundreds of Dominicans and Haitians met on opposing sides of the river and sent candles adrift in its shallow waters. “None of our governments have paused for a moment of silence in 75 years to say that this was a sad and painful chapter in our history and we have to learn from it in our daily dealings as a state, and as part of a total island,” says Edwidge Danticat, an acclaimed Haitian author who helped organize the event. “It's important to reflect on both sides of the border what this history means in terms of our dealings from now on,” Ms. Danticat says, “how we see each other as island neighbors, consumers and producers, and in some cases as binational family members and generally as human beings.” ‘Institutionalized’ anti-Haiti sentiment - Prior to the massacre, Haiti and the Dominican Republic enjoyed years of good relations. Removed from the power centers of Santo Domingo and Port-au-Prince, the border was peaceful and fluid. That changed, however, over five days in early October 1937 when, acting on President Trujillo’s orders, soldiers killed thousands with machetes, bayonets, and rifles. Trujillo's exact reason remains unknown, although historians have speculated it was part of his effort to control the border and "whiten" the country. It earned the moniker Parsley Massacre because some soldiers carried a parsley sprig and asked suspected Haitians to pronounce the Spanish word for it, perejil. Mispronunciation of the “R” in the word – difficult for native creole speakers – was enough to get you killed. After the massacre, Trujillo commissioned papers that sought to justify the killings by highlighting the 22-year Haitian occupation of the Dominican Republic – which had ended more than a century earlier – and stirred up fears that Haitians were trying to overrun its neighbor. The historical tensions between the countries are still apparent. Each year, Dominicans celebrate independence from Haiti as well as Spain, despite winning independence from the European colonists most recently. “The legacy [of the massacre] was to reverse the long period of peaceful relations between the countries that had existed in the years before the massacre,” says Michele Wucker, whose 1999 book “Why the Cocks Fight” examines Haitian-Dominican relations. The tragedy marked the start of “institutionalized” anti-Haitian policies within the Dominican government, says Edward Paulino, a Dominican-American history professor at the City University of New York (CUNY) who helped organize the commemoration. “It’s not true that this anti-Haitianism that you see today is timeless,” he says. “Much of it began with the massacre in 1937.” Mr. Paulino points to current government policies, such as the change in law that has deemed Dominicans of Haitian descent as foreigners rather than citizens, despite being born in the country. Under those laws, hundreds of people have been stripped of their documentation, leaving a group of functionally stateless people, human rights groups say. Solidarity - There was another side of the massacre, however, says Edwin Paraison, executive director of Santo Domingo-based Fundación Zile, a nongovernmental organization that works on Haitian-Dominican relations. “From this painful episode … was born the solidarity between Dominicans and Haitians that still exists,” he says, mentioning that many Dominicans lost their lives in the massacre while trying to protect Haitian victims. Mr. Paraison was the minister of Haitians living abroad when the January 2010 earthquake destroyed his country. “The Dominicans were the first to respond to lend support and aid to Haiti,” Paraison says. “What’s important here is to rescue and highlight the solidarity between Dominicans and Haitians.” That solidarity, he says, was on full display last week during the commemoration of the massacre. “You have people from both Haiti and the Dominican Republic, notable people, artists, authors, who are recalling an event 75 years later that affected both countries. That demonstrates solidarity.