lundi 19 mai 2008

HAITI: PLUS DURE SERA LA CHUTE

Haïti : Plus dure sera la chute
samedi 17 mai 2008

Par Nancy Roc
Soumis à AlterPresse le 16 mai 2008

Un mois, jour pour jour, après le vote de censure du Sénat contre Jacques Édouard Alexis et son gouvernement, c’est au tour du Premier ministre désigné, Éricq Pierre, d’essuyer un échec devant la Chambre des Députés.
Ces derniers ont, en effet rejeté, le 12 mai, sa nomination par cinquante et une voix contre, trente-cinq pour et neuf abstentions.

C’est le second camouflet infligé en onze ans par la Chambre basse à Éricq Pierre officiellement, en raison, notamment, d’une absence de cohésion « dans les pièces d’identité du récipiendaire, dont le nom (Éricq Pierre ou Pierre Éricq) apparaîtrait dans des arrangements différents selon le document consulté. [1] ».

Si cet échec ne nous étonne pas, il semble avoir choqué plusieurs partis politiques, autant qu’une grande partie du public. La population haïtienne, toutes couches sociales confondues, est durement touchée par la hausse du coût de la vie, du pétrole et des produits de première nécessité. Sur les ondes des différentes stations de la capitale, elle ne peut plus cacher une fatigue frisant l’écœurement, face aux pratiques sans éthique qui caractérisent certains parlementaires, en particulier certains députés.

Faisant fi des menaces qui ont pesé sur certains de leurs confrères pendant les émeutes d’avril et feu de paille des attentes du peuple face à la vie chère, le bloc des parlementaires « anti-Pierre » est allé « jusqu’au bout d’un scénario qu’on redoutait dans l’opinion publique depuis plusieurs jours » [2].

Haïti se retrouve donc face à une énième impasse politique qui risque de plonger le pays dans une nouvelle zone de hautes turbulences aux conséquences graves pour une population déjà à bout de souffle.

Quelles sont les raisons officieuses de ce rejet ? Quels sont les principaux mandataires qui n’ont cure de la faim qui tenaille leurs mandants dans ce jeu macabre ? Quelles en seront les possibles conséquences pour l’avenir du peuple haïtien ? Quels sont les enjeux politiques qui se profilent à l’horizon de part et d’autre ?

Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre dans ce texte.

Tractations dans les coulisses du pouvoir
Le 12 mai, à l’issue de plusieurs heures de débats souvent houleux, la Concertation des parlementaires progressistes (Cpp) a confirmé sa force politique au sein de l’assemblée en réunissant les 51 voix ayant permis d’écarter la candidature d’Éricq Pierre.

Cette décision a été qualifiée de « revancharde » par de nombreux partis politiques, et la population a clairement exprimé sa désapprobation face à ce rejet qui oblige le pays à faire face à une nouvelle impasse politique alors que la situation socioéconomique est critique.
Même son de cloche du côté de l’Église et du secteur privé : « C’est un jeu politique » a déclaré l’évêque de Jacmel, Monseigneur Poulard, pour qui cette sanction ne fera qu’aggraver la situation du pays. De son coté, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (Ccih), Jean Robert Argant, a affirmé que le rejet du choix d’Éricq Pierre aura des conséquences négatives pour le pays, précisant « que l’absence d’un gouvernement légitime est un obstacle aux efforts des différents secteurs pour relancer l’économie nationale. Il est important que le vide soit comblé dans le meilleur délai [3] ».

Quant à la communauté internationale, alors qu’elle s’attelait à faciliter le déblocage de fonds d’urgence face à la crise alimentaire, elle a désormais les mains liées. L’Ambassadeur du Canada, Claude Boucher, a déclaré, cette semaine sur les ondes de Radio Métropole, que « le vide est préoccupant (…) Un mois sans gouvernement est une hypothèque très lourde pour le pays », a-t-il souligné en ajoutant que « les délais sont scandaleux et on connaît les enjeux », a lancé le diplomate canadien en espérant un sursaut des acteurs politiques pour normaliser la situation.

D’autre part, il a précisé que « la crise actuelle suscite des interrogations de la part des autorités canadiennes désireuses d’accompagner le pays sur la voie du progrès économique. Il faut répondre à ces interrogations par des actions, telles le vote de la Loi électorale et la ratification du Premier ministre » [4], a-t-il conclu.

La désapprobation est donc générale, et l’intérêt mesquin et personnel des députés de la Cpp est fustigé de toutes parts. Ils ont voté pour leurs intérêts et à l’encontre de ceux d’une nation en état d’urgence. « En mercenaires », a même lancé un port-au-princien, outré par l’attitude des députés, lors d’un micro-trottoir diffusé cette semaine sur Radio Métropole.

Que s’est-il donc passé dans les coulisses du pouvoir et de la Chambre basse ?
Les dissensions entre les députés pro-Éricq Pierre et anti-Éricq Pierre ont rapidement fait surface, notamment à travers les déclarations du député Dorson Jean Beauvoir. Ce dernier a révélé que « des députés de la Concertation des parlementaires progressistes (Cpp), tombeurs du Premier ministre désigné Pierre Ericq Pierre, ont, à travers des maires, des Casecs et des organisations bidon de leurs circonscriptions, obtenu de la Primature, à l’initiative de Jacques Edouard Alexis, des chèques allant de 400.000 à 600.000 gourdes pour financer des projets fictifs, dont la réhabilitation d’écoles ».

« Ce sont des accusations gratuites. Il faut faire de la politique autrement », a rétorqué le député Gasner Douze de la Cpp. « À la primature, il y a une liste de projets. Cela ne date pas d’aujourd’hui », a-t-il ajouté, en rejetant les accusations de favoritisme et de corruption. « C’est normal. Les fonds ont été débloqués. Il faut maintenant vérifier sur le terrain si les travaux sont réalisés [5] », a-t-il conclu.

Selon certains observateurs, à travers ce jeu macabre et cruel qui démontre le désintérêt total des députés de la Cpp par rapport aux préoccupations d’un peuple affamé, c’est bien la course à la présidence de 2011 qui est déjà lancée, et une course contre la montre a donc poussé les députés à cet acte irresponsable.

En effet, les élections pour le renouvellement de la Chambre basse auront lieu dans un an et les présidentielles dans deux ans, pour aboutir à la mise en place du prochain chef de l’État en 2011.
Or, c’est sous la gestion du prochain Premier ministre que seront organisées ces élections.
Il n’est donc pas étonnant que ces députés- qui avaient déjà été accusés d’avoir été monnayés par Jacques Édouard Alexis pour l’obtention du vote de confiance du 28 février dernier- se soient, une fois de plus, laissés tenter mais, cette fois-ci, en se désolidarisant du président. Ils veulent désormais assurer leurs arrières autant que leur éventuelle réélection.

Les déclarations du député Dorson Jean Beauvoir ne viennent que confirmer les rumeurs de monnayage de certains parlementaires par Jacques Édouard Alexis qui n’a certainement pas avalé le vote de sanction qui lui a été décerné par le Sénat le 12 avril dernier.
Homme orgueilleux et ambitieux, il avait tenu à souligner que sa chute « ne signifiait pas la fin de sa carrière politique » [6], en promettant au peuple de ne jamais l’abandonner en chemin. Les ambitions présidentielles d’Alexis sont connues de tous.

Y a-t-il eu un affrontement à distance entre Préval et Alexis à la Chambre basse ?
Oui, répondent sans hésitation certains observateurs. Pour eux, cet affrontement démontre aussi que Préval a sous-estimé Alexis et que ce dernier a conforté sa base au détriment de celle de Préval, au sein même de Lespwa [7].

Ainsi, trois tendances s’annonceraient-elles pour les prochaines élections :
D’un côté, Jacques Édouard Alexis pourrait se présenter comme candidat avec une base plus solide et former son propre parti. Une source parlementaire nous a d’ailleurs confirmé l’existence de conciliabules au sein de la Cpp pour que cette Concertation se transforme en parti politique. De plus, certains observateurs avaient avancé l’hypothèse que Préval aurait pu avoir laissé les émeutes d’avril s’empirer pour démettre Alexis. Ce dernier aurait donc pris sa revanche à travers le rejet du Premier ministre désigné par le Chef de l’État ; D’un autre côté, 72 heures après le rejet de son Premier ministre désigné, René Préval n’avait toujours pas fait de déclaration, malgré le grave blocage que pourrait entraîner la décision de la Chambre basse dans une situation de crise déjà alarmante. Or, les noms de trois personnes pouvant remplacer Éricq Pierre sont déjà cités au plus haut niveau. Le Ministre sortant de la Planification et de la Coopération externe, Jean Max Bellerive, Robert Manuel et Joanas Gué, Secrétaire d’État à l’Agriculture, font figure de favoris pour occuper le prochain poste de Premier ministre désigné. Tous les trois sont proches du président et, à travers le choix du prochain chef de gouvernement, Préval révèlera son poulain pour les prochaines élections ;

Enfin, l’ombre d’Aristide persiste sur l’échiquier politique haïtien. Selon certaines sources, Préval ne souhaiterait pas le retour de l’aile dure de Lafanmi [8] au pouvoir. Or, le Père Gérard Jean-Juste est cité ouvertement sur les ondes des stations lavalassiennes de Floride comme le poulain d’Aristide pour 2011.

Le rejet d’Éricq Pierre : quelles conséquences ?
Le rejet d’Éricq Pierre par les députés de la Concertation des parlementaires progressistes (Cpp) prouve que ces derniers ne sont, contrairement à leur appellation, non seulement pas progressistes, mais ils ont confirmé l’échec de la Chambre basse comme institution de la République.
D’autre part, après la déception du vote de confiance accordé le 28 février à Jacques Edouard Alexis, certains émeutiers avaient clairement montré leur hostilité à l’encontre de certains députés. Cependant, ces derniers ont bien vite oublié qu’en démocratie, la politique est l’art de supprimer les mécontentements [9].

L’acte posé le 12 mai par les députés de la Cpp a aussi renforcé le constat de l’échec de la Plateforme Lespwa, n’en déplaise aux présidents des deux Chambres, qui ont qualifié « d’exercice démocratique » le rejet du 12 mai, alors que Lespwa est l’objet de toutes les critiques. Ainsi, si Alexis avait été un fusible en avril dernier, à l’avenir, lors de l’éventuel -et très prévisible- éclatement de nouvelles émeutes, les nouveaux fusibles seront-ils certainement les députés de la Cpp et même, possiblement, René Préval.

Quant aux accusations du député Dorson Jean Beauvoir, elles sont virtuellement soutenues par la circulation, sur l’Internet, des copies de chèques de la BRH [10]signés par Alexis. Voilà donc une occasion en or de vérifier si l’allégeance, fièrement proclamée du Commissaire de Gouvernement Claudy Gassant à Préval, est réelle, autant que ses prétentions de vouloir lutter contre la corruption !

Au moment où l’on évoque la possibilité de représenter Éricq Pierre devant la Chambre basse, il faut espérer que cet homme de savoir-faire et de bonne volonté, ne se laissera pas humilier une troisième fois à la face du monde entier !

Alors que Joseph Jasmin, coordonnateur de Lespwa et ministre chargé des relations avec le Parlement a affirmé que la page Éricq Pierre a été tournée après le vote de la Chambre basse, l’ex-Premier ministre désigné a donné une conférence de presse à l’Hôtel Montana le jeudi 15 mai.

Avec une rare élégance, Éricq Pierre a remercié tout le monde : du Président de la République jusqu’à la Concertation des parlementaires progressistes (Cpp), en passant par les partis politiques, la société civile et la presse objective. Toutefois, il a aussi mis les points sur les « i » en révélant ceci : « dès le début du processus, je me suis heurté aux forces de la corruption. Mon refus de pactiser avec elles me vaut aujourd’hui d’être écarté par la Chambre des Députés. Les mots « patrie » ou « intérêt du pays » n’ont jamais été présents dans les messages des émissaires qui me pressuraient pour négocier en faveur de leurs protégés des postes de Ministres, des enveloppes d’argent ou des projets pouvant faciliter leur réélection. J’ai toujours professé que je n’accepterais pas d’être Premier Ministre à n’importe quel prix. Et je ne pouvais pas non plus prendre des engagements qui hypothèqueraient les ressources du Trésor Public avant même d’entrer à la Primature. J’ai aussi voulu jouer cartes sur table, refusant d’entrer dans le jeu de ceux-là qui pensent pouvoir se cacher indéfiniment derrière un masque anti-néolibéral ».

Éricq Pierre a tenu aussi à avouer qu’il avait sous-estimé le poids des forces de la corruption. D’un calme olympien, il a précisé qu’il ne vivait pas la décision de la Chambre des Députés comme un drame personnel. Il a noté qu’après sa rencontre avec les députés de la Concertation des parlementaires progressistes, qui avaient accepté de le rencontrer sur demande du Premier ministre Jacques Édouard Alexis qui, lui-même, avait acquiescé à la requête du Président de la République, il était convaincu que la Cpp n’allait pas l’appuyer : « à moins que le Président de la République et le Premier ministre Jacques Édouard Alexis arrivent à persuader les membres de la Plateforme Lespwa et les membres de Cpp de m’accorder leur vote. Ceci n’a pas eu lieu et je ne veux pas spéculer sur ce qui s’est passé ».

Éricq Pierre a donc, semble-t-il, tiré sa révérence, et il l’a fait avec courage et une grande classe, malgré la bassesse des différentes autorités en place qui l’ont amené à la boucherie.
En effet, Préval sachant pertinemment qu’Éricq Pierre ne disposait pas de base politique, aurait dû faire campagne pour la candidature de son Premier ministre désigné, autant auprès du public qu’auprès de la Plateforme Lespwa. Mais il n’a rien fait, absolument rien, ce qui prouve encore l’acuité de la pensée de Sénèque qui disait qu’ « aucun vent n’est favorable à celui qui ne sait pas où il va ». D’autre part, les déclarations d’Éricq Pierre viennent confirmer les informations de corruption contre la Cpp, notamment celles qui évoquaient que ces derniers souhaitaient obtenir cinq ministères au sein du prochain gouvernement.

Une chose est certaine : plusieurs masques sont tombés après ce rejet du Premier ministre désigné. De plus, le mécontentement est palpable à tous les niveaux de la société et les signes d’exaspération de la population pourraient facilement s’envenimer.
En effet, on apprenait le 5 mai dernier que « des leaders populaires de la Savane des Cayes, la zone la plus défavorisée de la région du Sud, avaient lancé un ultimatum au Parlement haïtien et au président René Préval pour qu’ils s’assurent de la ratification d’un nouveau Premier Ministre ». Ces « leaders populaires » - qui avaient organisé les émeutes de la faim dans la ville des Cayes au début du mois d’Avril - ont prévenu que des manifestations plus violentes que celles tenues récemment pourraient avoir lieu si, d’ici le 12 mai, « un nouveau Premier Ministre n’était pas ratifié, pour que ce dernier puisse commencer au plus vite à s’attaquer aux problèmes de la faim, du coût élevé de la vie et de la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité » [11].

Enfin, dans cette nouvelle impasse politique dans laquelle se trouve Haïti, comme stipulé par l’économiste Marc L. Bazin, « nous sommes une fois de plus à la croisée des chemins. La conjoncture est pleine de périls. Entre un président omni présent et un Parlement divisé, de plus en plus décidé à ne pas céder la moindre parcelle de son pouvoir, un nouveau Premier ministre va devoir se frayer sa voie vers l’efficacité. La crise alimentaire va certainement s’aggraver, car les causes qui l’ont engendrée -notre faiblesse de production et la montée des prix internationaux- ne vont pas disparaître du jour au lendemain » [12].

Les conséquences du prolongement du vide gouvernemental actuel risquent donc d’être incalculables, et plus dure sera la chute pour tout le monde.
Charles Péguy disait que « la politique se moque de la mystique, mais c’est encore la mystique qui nourrit la politique même [13] ».

Connaissant le côté mystique qui domine l’imaginaire haïtien, si l’on se réfère à l’image du récent naufrage du bateau dénommé « Dieu soit loué » en provenance de Pestel… alors, nous préférons ne pas nous prononcer sur la vision de la catastrophe nationale qui se profile à l’horizon.

À bon entendeur, salut !

Nancy Roc, Montréal, le 14 mai 2008

[1] Haïti en Marche, Les députés rejettent la nomination d’ Éricq Pierre, 15 mai 2008
[2] Radio Kiskeya, 13 mai 2008
[3] Radio Métropole, Des représentants de divers secteurs critiquent la chambre basse, 14 mai 2008.
[4] Radio Métropole, Le Canada est préoccupé par les retards dans la formation d’un nouveau gouvernement, 14 mai 2008
[5] Le Nouvelliste, Les tombeurs monnayés, 13 mai 2008
[6] Radio Kiskeya, Le premier ministre Jacques Edouard Alexis renvoyé par le Sénat, 12 avril 2008
[7] Parti politique du président Préval
[8] Parti de Jean-Bertrand Aristide
[9] Louis Latzarus, Extrait de La Politique
[10] Banque de la République d’Haïti
[11] Le Nouvelliste, Des groupes populaires des Cayes lancent un ultimatum. Le 6 mai 2008
[12] Le Nouvelliste, 2008-2011 : Une feuille de route, 9/11 mai 2008.
[13] Extrait de Notre jeunesse

samedi 17 mai 2008

HAITI: DOSSIER D' ERICQ PIERRE...

Haiti - Dossier d’Ericq Pierre : Une occasion à saisir par l’Etat pour se responsabiliser par rapport à l’Etat Civil
dimanche 11 mai 2008

Note de presse du GARR

Document soumis a AlterPresse le 11 mai 2008

Au moment où les démarches sont engagées pour la ratification de Monsieur Ericq Pierre comme nouveau Chef de la primature en Haïti, l’un des critères considérés touche à l’établissement des preuves de sa nationalité haïtienne d’origine.

Selon des informations rapportées dans la presse, les Archives Nationales n’auraient pas retrouvé les noms des grands-parents du Premier Ministre désigné dans les registres d’Etat Civil en provenance de Jérémie qui serait sa ville natale.

Le GARR, en la circonstance, veut attirer l’attention de la population sur la situation déplorable du système d’Etat Civil national et sur l’urgence pour les autorités d’y opérer les réformes nécessaires, seul moyen pour que de pareilles informations puissent être retrouvées aisément au besoin.

Deux études menées par le GARR, en 2007 et 2004- de concert avec d’autres organisations travaillant sur la problématique, ont confirmé le dysfonctionnement du système d’Etat Civil haïtien. De fait, les citoyens et citoyennes rencontrent beaucoup de difficultés quand ils/elles doivent effectuer certaines formalités, pour l’obtention d’un passeport, par exemple.

D’importantes catégories de la population sont délaissées par l’Etat haïtien qui n’a pris aucune disposition pour les enregistrer ni leur octroyer un acte de naissance. Pour ceux et celles qui en détiennent un, il n’est pas rare que cet acte de naissance n’ait jamais été enregistré et par conséquent les dossiers d’archives de ces personnes sont vides.

D’autre part, les services de supervision du Ministère de la Justice, faute de moyens adéquats, sont défaillants et les officiers d’Etat Civil en font à leur guise, écrivant ce que bon leur semble dans les actes de naissance. Il en résulte que des citoyens et citoyennes sont obligés de débourser gros pour payer des avocats aux fins d’aboutir à un jugement rectificatif des erreurs constatées. Un peu partout, les Bureaux d’Etat Civil fonctionnent comme des entreprises privées. L’Etat haïtien ne prévoit aucune ligne budgétaire garantissant leur bon fonctionnement. Fort souvent, ce sont les officiers d’Etat Civil qui assurent les multiples frais comme le paiement des locaux, des assistants, du matériel et des fournitures telles que papier timbré et registre.
Il arrive que plusieurs actes de naissance portent le même numéro d’ordre dû au fait que les officiers d’Etat Civil utilisent des copies. C’est avec difficulté que le Ministère de la Justice livre les formulaires nécessaires pour enregistrer les informations fournies par les parents venus déclarer leurs enfants.

Suite aux diverses catastrophes naturelles et humaines comme les inondations, incendies, déchoukages, survenus ici et là, des registres ont été détruits et il n’existe pas de double dans les greffes des tribunaux de première instance ni des Archives Nationales, aucune disposition n’ayant jamais été prise en ce sens. Aucune mesure sérieuse n’a été adoptée, non plus, pour reconstituer les Archives des zones affectées ni pour doter de nouveau, les riverains de leurs papiers d’identité. C’est après de longues démarches que certaines organisations sont parvenues à aider des citoyens-citoyennes à retrouver leurs actes d’Etat Civil et cela, au prix d’énormes débours.

En ce qui concerne la République Dominicaine, certaines démarches visant à faciliter aux Haïtiens-Haïtiennes l’obtention d’une pension de retraite, l’inscription de leurs enfants à l’école, ou la défense de leurs droits par-devant un tribunal, sont bloquées vu que ces personnes ne détiennent aucun papier d’identité.

Quand on considère les documents exigés par la Constitution de 1987 pour l’accès à certaines hautes fonctions, cela implique qu’Haïti dispose d’archives d’Etat Civil bien organisées et conservées ; cela suppose également que l’Etat haïtien prenne des dispositions pour que tous les enfants à leur naissance, détiennent un acte de naissance bien rédigé, enregistré et conservé. Sinon, cela s’apparente à des pratiques démagogiques et un laissez-passer aux racketteurs qui produisent de faux papiers en abondance. Cela revient également à accentuer l’exclusion car, faute de papiers d’identité que l’Etat n’a jamais pensé à leur délivrer ni à leurs grands-parents, des citoyens-citoyennes se retrouvent dans l’impossibilité de jouir de certains droits civils et politiques.

D’autre part, le GARR se demande si l’article 11 de la Constitution qui oblige à remonter au moins, jusqu’à 3 générations en ce qui a trait à la jouissance de certains droits civils et politiques par une catégorie d’Haïtiens-Haïtiennes, comme le droit d’exercer certaines hautes fonctions, ne constitue pas une violation des droits de la personne ? Le GARR estime qu’une telle disposition mérite d’être annulée, car, la jouissance des droits, en vertu des principes régissant les droits de la personne, est liée directement à l’individu en tant que personne, et non en fonction des origines, de la famille, du pays, de la génération ou du groupe social.

La Constitution de 1987, dans toute l’histoire du pays, est celle qui a introduit pour la première fois cette appellation d’"Haïtiens d’origine", une disposition qui, de l’avis du GARR, mérite un amendement car elle ne correspond guère aux principes universels de droits humains inscrits dans les conventions internationales ratifiées par Haïti.

Le GARR, loin de se positionner pour ou contre le choix d’une personnalité comme Premier ministre, estime cependant que le processus actuel de ratification lié, entre autres, à la vérification de documents d’Etat Civil, offre une opportunité aux dirigeants de l’Etat- Exécutif et Parlement inclus- à réfléchir sur leur devoir de responsabilité et prendre davantage au sérieux, le dossier de l’Etat Civil national.

Il leur demande de considérer une réforme du système actuel d’Etat Civil comme l’une de leurs priorités ; de voter sans tarder la loi organique portant création de l’Office National d’Identification (ONI) et d’indiquer sans ambiguïté s’il revient à cet organisme de gérer à la fois l’enregistrement et l’identification des citoyens-citoyennes.

Enfin, le GARR exhorte les autorités à fournir des moyens adéquats pour que les Bureaux d’Etat Civil fonctionnent comme un véritable service public accessible à tous et s’activer à enlever toutes les dispositions inscrites dans la Constitution et les lois, qui se révèlent incompatibles avec les principes de droits humains.

Port-au-Prince le 9 mai 2008,
Pour le Bureau Exécutif du GARR
Colette Lespinasse Coordonnatrice

vendredi 9 mai 2008

ANALYSER LA PAUVRETE EN HAITI...

Analyser la pauvreté en Haïti, dans son contexte historique et les politiques d’ajustement structurel

vendredi 9 mai 2008

P-au-P., 09 mai 08 [AlterPresse]--- Le sous-développement que connaît Haïti actuellement, tant sur le plan écologique qu’au niveau humain, serait une conséquence de l’influence des politiques internationales sur la politique intérieure, indique à l’agence en ligne AlterPresse l’auteur de l’ouvrage Jean Yves Despinas.

A partir de cinq hypothèses mettant à nu le problème de la pauvreté en Haïti, Despinas propose une analyse, en recontextualisant l’origine de la pauvreté dans la république caribéenne et les raisons de sa persistance afin de trouver une solution pérenne à ce problème.

Dans cet ouvrage, Despinas retrace l’origine du sous-développement par une rétrospective des faits historiques. Il revisite la période esclavagiste, période pendant laquelle les anciennes puissances coloniales ont bati leurs richesses, jusqu’au grand capitalisme des années 1980, étape essentielle dans l’évolution du système libéral.

Cette situation d’extrême pauvreté serait une résultante de l’héritage colonial, signale Despinas.
En reproduisant le modèle du système colonial dans le seul but de s’enrichir, les élites contraignent la classe paysanne, pauvre et majoritaire, à supporter les lourdes taxations pour rembourser des dettes injustifiées, transférant les ressources financières du pays vers les pays capitalistes.

Par ailleurs, ce serait avec l’application des politiques d’ajustement structurel, marquées par la baisse du pouvoir d’achat et du salaire minimum, que les disparités entre le Nord et le Sud se sont accentuées vertigineusement.

Pour l’auteur de l’ouvrage, ce drame est surtout d’ordre économique car « le développement des uns a conduit au sous-développement des autres ».
Dans ses recherches, Despinas montre combien le système ultra-libéral, imposé par le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale, autrement dit les pays riches, a conduit à la concurrence internationale et à la privatisation forcée. Cette logique de mondialisation aurait précipité les pays pauvres vers la suppression de toute forme d’organisation collective, permettant la redistribution des richesses, et vers la suppression des mesures de protection des économies nationales, participant ainsi fortement à l’accroissement de la pauvreté.

Ainsi, l’auteur préconise-t-il d’aborder le phénomène du sous-développement sous un autre angle, en défendant la thèse qui relie la pauvreté à la question des groupes d’intérêts extrêmement puissants. Dans son ouvrage, Jean Yves Despinas présente différentes propositions à étudier afin de sortir de l’état de violence, de vulnérabilité et de pauvreté.

Consultant au Service métropolitain de collecte des résidus solides (Smcrs), JeanYves Despinas est licencié en Droit, avec une formation en Communication et Journalisme. Il a fait également des études post-graduées en Population et développement.

Avec « La pauvreté en Haïti : contexte historique et politiques d’ajustement structurel » Jean Yves Despinas signe son premier ouvrage. Ce livre est le fruit et l’aboutissement d’un travail commencé en 2001.[mv rc apr 09/05/08 0:30]

mardi 6 mai 2008

HAITI: QUELLE STRATEGIE POUR COMBATTRE QUELLE PAUVRETE?

Haïti : Quelle stratégie pour combattre quelle pauvreté ?
mardi 6 mai 2008

Par Gary Olius [1]
Soumis a AlterPresse le 2 mai 2008

La pauvreté qui sévit en Haïti est plurielle et, au fur et à mesure qu’on l’explore, on peut se rendre compte de sa monstrueuse dimension. Pourtant, on prétend la dompter par le biais d’un singulier document, désormais élevé au rang de panacée, le DSNCRP [2]. Sincèrement, il faut reconnaître que ce document est loin d’être vide et qu’il bénéficie d’une bonne presse dans les milieux politiques. Mais son efficacité ne saurait être garantie par le trop plein de confiance dont font montre ses partisans, lesquels vont jusqu’à le sacraliser pour en faire le lieu géométrique des solutions de tous les problèmes du pays. Ce malaise saute tellement aux yeux que le Premier Ministre désigné, Ericq Pierre, ne s’est pas embarrassé de convenance pour affirmer sans détour que le DSNCRP n’est pas une bible et qu’il nécessite des ajustements. Juste de quoi faire hurler de rage ceux qui se sont déjà octroyés un droit exclusif d’exégèse sur le contenu et la philosophie dudit document. Pour le bien d’Haïti et de ses millions de pauvres, il faut espérer que ce soit le début d’une démarche de démystification qui fera comprendre à plus d’un qu’il est dangereux de fonder trop d’espoir sur l’application de ce texte, car le risque de déception est énorme.

L’élaboration du DSNCRP a été, on le sait, participatif ; mais force nous est de reconnaître que la participation à elle-seule ne peut constituer un gage d’efficacité. Et, de plus, les produits découlant d’un tel processus, pour valoir quelque chose, ne devaient pas se passer d’un dispositif de rétro-alimentation ; dès lors que l’on vit dans un milieu peuplé de coquins où l’on n’est jamais sûr que les propositions faites par les groupes consultés ont été fidèlement rapportées.

Un deuxième péché originel du DSNCRP est qu’il s’est passé aussi de certains diagnostics préalables visant à déterminer les racines structurelles ou culturelles de la pauvreté en Haïti, lesquels devraient servir d’ingrédients entrant dans la conception des interventions pro-pauvres. Par exemple, aucun élément de ce document ne montre que ses élaborateurs étaient conscients du mécanisme par lequel la corruption alimente la pauvreté dans certains segments précis de la société et vice versa. On n’a pas songé non plus à établir les liens existant entre le degré de fertilité [3] et la pauvreté, ne serait que dans les endroits où ce phénomène a atteint des proportions très inquiétantes. Or, personne n’est dupe du fait que pour avoir des résultats durables dans une lutte contre la pauvreté on devra s’attaquer systématiquement à ses racines profondes et que, réciproquement, s’atteler à ses seuls effets visibles seront tôt ou tard assimilables à des coups d’épée dans l’eau.

Qui sait si la plupart des causes de la misère massive des gens entassés dans les bidonvilles du pays ne sont pas à chercher dans la tête des hommes et des femmes d’élite résidant dans les maisons descentes ou somptueuses situées dans les zones « non pauvres » ! Oui, il y a de ces formes de pauvreté qui se laissent voir et qui sont étroitement corrélées à d’autres formes qui ne se laisseront jamais voir. La pauvreté matérielle, quand elle est liée à une pauvreté idéelle (celle des mentalités), pourra incroyablement résister à des stratégies comme celle inscrite dans notre DSNCRP.

N’étant pas conscient de cette éventualité, non seulement on risque de se retrouver après 2015 avec une quantité incroyable de gens à la fois plus frustrée (et plus pauvre) qu’avant à cause d’un cumul d’espoirs déçus nourris par la mise en œuvre d’une série d’actions incomplètes ou inappropriées, mais aussi on pourra se retrouver en flagrant délit de contribuer à l’alimentation de la pauvreté sans le vouloir. Alors, on prétextera que la pauvreté est comme une bête sauvage qui montre dents et griffes à chaque fois qu’on veut la combattre. Lè yo atakel li pi sovay…

Au stade où se trouve maintenant le DSNCRP, nous doutons fort que les responsables pourraient envisager la somme de profonds remaniements qu’il nécessite ; d’autant plus que le temps presse et qu’il a fallu se doter d’un instrument devant servir de cadre de coopération avec la communauté internationale. Au-delà du désir de coopérer pour se donner bonne conscience et de la détermination irrépressible d’avoir à sa disposition des ressources et de les utiliser dans des interventions sans commune mesure avec les grands problèmes du pays, il y a une question fondamentale d’efficacité qu’il fallait poser avec sang-froid. Cette disposition permettrait d’éviter de faire de la lutte contre la pauvreté en Haïti un véritable tonneau de danaïdes. Ainsi, en 2015 on pourrait chanter à bon droit les louanges de l’Efficacité et de l’Efficience, après en avoir expérimenté les vertus.

[1] Contact : golius@excite.com.
[2] Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté
[3] En Haiti le haut niveau de fertilité est soutenu par la croyance que ‘pitit se byen malere’ (les enfants constituent un capital pour les malheureux).

mercredi 16 avril 2008

HAITI: IL FAUT REBATIR L'ESPRIT!

Haïti : Il faut rebâtir l’esprit !

mardi 15 avril 2008

Par Camille Loty Mallebranche

Soumis a AlterPresse le 11 avril 2008
(Vers une alternative culturelle pour combattre le grave déficit d’humanité de la société.)

Dans un pays qui a hérité dans les traits culturels du maître contempteur et de l’esclave inapte à assumer la liberté au-delà des chaînes physiques et de l’esclavage formel, il faut épurer la culture et promouvoir de nouvelles valeurs et de nouveaux repères. L’homme haïtien doit être reconstruit à la dimension d’une nouvelle culture qui libère loin de la violence primaire acquise des structures répressives et exclusives des deux siècles écoulés !

Toutes les institutions d’éducation, de conversion ou de répression de l’homme et de la société ont été monopolisées par les classes de l’asservissement et l’éducation, l’école, l’église, la force publique convergent toutes dans une vision de terrassement des intérêts collectifs au profit de ceux d’une certaine oligarchie et d’intérêts privés. Parler de transformation du tissu social infect d’Haïti c’est d’abord penser à révolutionner cette information de mépris de l’homme qui prévaut à travers la structure sociale et la corrompt jusques en ses racines.

L’homme haïtien ne verra pas le jour sans avoir au préalable vu une humanisation des structures de la pensée et des institutions de la société haïtienne. Du goût macabre du lugubre « nou tout ap mouri » de l’haïtien, il faut le faire évoluer vers une vision vitale et constructive car tous les actuels meurtres crapuleux des gangs narcocriminels ou narcopolitiques sans revendication sérieuse ni autre motivation que la haine, relèvent aussi de cette vision nihiliste passant de la mort passive à la mort active !

Sur ce couple de concepts : Structure et Culture, je veux souligner pour nos amis lecteurs, que lorsque j’évoque les structures, je n’abstrais guère le rôle de l’homme ! Personnaliste et humaniste convaincu, quoique loin du catholicisme mouniérien, je suis fulminant contre la philosophie sociale structuraliste. Le structuralisme en littérature vaut son pesant d’or mais dans l’interprétation exclusive qu’il applique à la société et à l’histoire où il a été à juste titre appelé la philosophie de la mort de l’homme, a effectivement commis l’énormité d’évacuer l’intervention des hommes dans l’interstice de ces sortes de mutations qui font évoluer chaque société à travers les âges et conjonctures.

Par exemple, si nous prenons une révolution, après le chambardement du statu quo qui en constitue le premier moment, l’autre moment de sa réalisation, l’ordre de substitution qui est le nouveau système à établir, n’est guère donné par la structure pourrie qui appelait à son propre effondrement, cet ordre nouveau proprement révolutionnaire vient de l’homme qui, entre divers possibles, choisit, définit et applique le nouveau système. L’accomplissement révolutionnaire est un démenti à cette pensée anonyme qui, selon Foucault, précéderait toute pensée libre d’un homme !

Sur la structure sociale, définition sémantico-conceptuelle !
Dans ce discours fortement sémantico-conceptuel, je tiens à préciser, que la culture étant tout ce qui n’est pas naturel, il va de soi que les structures institutionnelles de la société et de l’État, sont culturelles. C’est même, sans doute, un truisme de le rappeler ! Toutefois, la structure telle que je l’entends et qu’elle se présente à nous, est duelle sur le plan de ses rapports avec les hommes.

Les structures viennent de l’homme.
C’est pourquoi, précisément quand nous parlons de structure de société quelle qu’elle soit : structure étatique, structure religieuse, structure éducative..., il est fondamental d’y voir une matrice, un moule de reproduction de la société et donc de conditionnement et de reproduction des mentalités, des réflexes voire des esprits (entendez ici esprit dans le sens d’entendement, de modes de pensée et de vision du monde "weltanschauung").

L’Homme crée la structure et la structure le recrée, en ce sens, la structure lui rend toujours bien son œuvre de créateur. Dans ce retour inévitable de l’effet sur la cause, il faut constater avec moi que la structure, une fois établie, prime l’homme qu’elle conditionne de part en part. Seuls des esprits émergents, des distanciateurs avisés et révolutionnaires arrivent à se séparer mentalement et intellectuellement de la structure où ils sont immergés, pour en envisager la réforme voire le rejet pur et simple en vue de son remplacement par d’autres.

L’homme crée les structures mais la structure le recrée, je le redis. Il sort de la structure pour y rentrer mais dans l’intervalle, il doit avoir la claire vision nécessaire pour fonder des structures qui servent et desservent son humanité en évitant celles qui l’asservissent ! L’homme doit primer les structures mais hélas ! partout il est dans les chaînes des structures qui l’aliènent ! Prenons par exemple les structures de la société industrielle, l’homme y est minuté et programmé pour le fonctionnement structurel. C’est que la conception structurale des establishments, une fois corsée dans les institutions, ces structures matérielles et idéelles de la rection sociale, finit par être la maîtresse des hommes ou tout au moins des majorités ainsi assujetties par quelques individus surhommes, démiurges qui façonnent entretiennent et maintiennent les structures le plus souvent opprimantes et aliénantes des masses.

Et le comble de l’inhumanité dans tout cela, est cette illusion démocratique qui laisse croire à l’esclave heureux et nourri qu’il est maître du système structurel qui le conditionne, le réifie et l’utilise à ses propres fins fonctionnelles et ludiques au profit des oligarchies ploutocrates.
Néanmoins, malgré cette prééminence de l’homme jamais mise en doute dans mes textes où je parle souvent de nouvelle humanité haïtienne et malgré la brève démonstration que je viens de faire des limites de la structures, je tiens donc à rappeler que la structure - en tant qu’une "gestalt" c’est à dire une forme composée de plusieurs parties imbriquées qui font jeu et fonction, la structure étant un système en soi - en société, c’est donc plusieurs structures institutionnelles donc systémiques qui vont composer le grand système ou la mégastructure sociale dont le fonctionnement est systématique, c’est-à-dire régulé et ordonné d’après des principes réguliers permanents !

La structure, parce que forme, opère comme moule qui régit et donne forme au mode d’être (hommes et action) qu’elle détermine. Lorsque la structure est expropriée parce que posée par les contempteurs, les ennemis de la société et que les dirigeants sont précisément des complices de ces contempteurs, il y a péril en la demeure ! Le cas haïtien est un cas plus unique que d’autres, l’on s’y trompe si l’on pense que d’autres peuples d’Amérique voire du monde aient connu les mêmes turpitudes car c’est le seul pays à avoir eu son indépendance par des esclaves révoltés et non par des colons séparatistes.

Dès lors, l’étrangeté des haïtiens étant totale aux puissances de l’époque, nous savons que les pays qui auraient pu commercer avec Haïti comme les États-Unis et l’Angleterre ont refusé de traiter formellement avec le nouvel État, Les États-Unis ont imposé un embargo à Haïti, la France a infligé la fameuse subvention aux colons dite dette l’indépendance, ce qui a détruit littéralement l’économie haïtienne.

Haïti n’a pas été invité à la conférence de Panama malgré ses aides aux libertadores Miranda et Bolivar. Sans être paranoïaques, nous ne devons pas être naïfs à ce compte, un pays nègre en Amérique et, de surcroît, qui a osé, imposé l’antiesclavagisme enclenchant les abolitions ultérieures de l’esclavage partout sur le continent - alors que l’esclave était la principale machine productrice du capitalisme de l’époque - était considéré et isolé par l’occident blanc comme un pestiféré.

Rappelons-nous les propos de Jefferson évoquant Haïti "la peste vient de ce pays" disait-il ! Par la suite, l’éducation haïtienne remise entre les mains de l’Église catholique française raciste, inculquant à côté des données académiques toutes sortes d’ordures mentales pour favoriser les pires préjugés et clivages, sans oublier les horreurs particulièrement violentes de l’esclavage restées présentes et douloureuses dans la mémoire collective, (traumatisme de l’histoire et du souvenir) a altéré l’esprit et le comportement haïtiens ! Car les majorités haïtiennes - dont le mode d’exclusion du système étatique et aliéné d’Haïti avec des dirigeants non moins aliénés s’est fait l’ennemi parce qu’au service de quelques familles, sans se soucier de jeter les moindres miettes ni de poser les plus minimes structures de partage - ont fini par basculer dans un sentiment de rejet et d’abandon au sein de leur propre pays où elles ont toujours vécu et vivent encore une misère restée proche de celle des esclaves d’avant l’indépendance.

La cicatrisation des béances du passé et la réhabilitation humaine des majorités opprimées et traumatisées, n’ayant jamais été entreprise ou favorisée par l’État Moloch haïtien, la société haïtienne est restée celle de la faille et de toutes chimères et dissensions liées aux vices de construction et d’orientation de départ jamais corrigés !

La culture évoquée est importante, mais rappelons-nous que la culture, c’est ce qui fait émerger l’esprit, l’homme proprement dit, alors que la nature enfantait l’animal humain préculturel. La culture parce qu’elle prend forme dans le rapport de l’animal humain à soi, à autrui et à l’univers et s’enrichissant sans cesse en cumulant les conquêtes ininterrompues de ce triple rapport, lorsqu’elle répète dans le cas d’une société, les merdes du colon, ne laisse nullement la place à la santé d’esprit pour forger la libération et l’élévation !

Au lieu d’un Big Bang, une explosion originaire qui produit un univers qui s’épand, la société haïtienne donne le triste et morne visage d’un Big Crunch où l’espace de vie se restreint et semble fatalement programmé pour la destruction, l’implosion ! Voilà donc pourquoi je parle de nouvelle humanité mais aussi de transformation des structures surtout celles du mental, celles de la culture et du comportement, si fortes et si infectes que je les compare souvent à des ferments tératogènes, des germes générateurs de monstres !

Il faut en finir avec la "tératogénie" culturelle, c’est à dire cette production sociale et politique de monstres qui se reproduisent aux dépens de notre droit de peuple au bonheur !
Combattre les trois moments de la corruption (Corruptible, corrompu, corrupteur)
En finir avec la corruption de l’esprit haïtien en promouvant des valeurs constructives et d’apaisement, voilà la mission de l’élite actuelle. La corruption est avant tout l’altération d’un corps qui pourrit et est détruit. Quand on parle de la société, c’est donc de la pourriture des mentalités et comportements et du pourrissement des institutions rendues dysfonctionnelles parce qu’altérées par les errements et malversations des administrants et administrés.

Mais bâtir des valeurs constructives comme repères, ne signifie guère qu’il faille démissionner comme ceux qui actuellement dirigent, devant toutes les actions sans merci et la force publique à mettre en branle contre les assassins qui se permettent d’agir en plein jour dans l’impunité. Mais au-delà de la juste répression sans pitié du crime, voici quelques-unes des tâches à entreprendre.

1) Nous devons prévenir la corruption d’abord du corruptible c’est-à-dire celle de ces jeunes haïtiens plongés dans cette déchéance, ce désespoir qui le rend, à force d’exclusion ou de vide d’estime de soi, disponible pour toutes sortes de crimes et de prostitution. Nous devons éradiquer les racines politiques de la corruption et créer un environnement pédagogique appuyé par un climat social et politique favorable pour une nouvelle éducation humano-citoyenne de l’haïtien !

2) Aux corrompus irrécupérables, aux criminels invétérés, pour éviter tout risque à la société, il faut les mettre hors d’état de nuire de quelque façon que ce soit. Dans ces cas il faut être sans complaisance et sans mollesse ! Quant aux autres, ils seront après examen sérieux et observation pertinente, rééduqués pour leur réinsertion sociale.

3) Dans le monde de la corruption, l’infernale chaîne de la pourriture, le premier maillon, le pire qu’il faut détruire est le corrupteur, celui à qui profite la salissure. Les parrains de la drogue qui arment leurs trafiquants subalternes, les proxénètes et/ou pédophiles qui financent les orgies et la prostitution hétéro comme homo des jeunes voire des enfants, les politiciens élus qui achètent des oisifs et les arment pour se maintenir en poste ou pour dissuader toute opposition, les commerçants immoraux qui font kidnapper et tuer tous ceux qui veulent protéger les consommateurs, tous ceux qui d’une manière ou d’une autre profitent et encouragent la malpropreté sociale, la marginalisation et les méfaits.

Rebâtir l’esprit par la communication d’autres valeurs comme repères est une urgence sociale pour Haïti et une exigence pour les élites responsables qui ne peuvent ni ne doivent l’éluder. Le prérequis de tout changement donc est l’établissement de ces valeurs d’intégration et d’éducation en tant que choix social de la politique d’État, puis la systématisation institutionnelle pour donner force opératoire à la nouvelle société projetée !

Vrais Partisans du changement et de la libération, Protagonistes de l’alternative culturelle pour la transformation positive, militants d’un nouveau mode d’existence sociale haïtienne, humanistes promoteurs d’une nouvelle humanité haïtienne : l’action doit être vôtre, pardon, nôtre !

UNE REVOLUTION AGRICOLE EN HAITI: LE CHANTIER DE L'AVENIR

Une révolution agricole en Haïti : le chantier de l’avenir !

mercredi 16 avril 2008

Article d’Agropresse [1]

Soumis à AlterPresse le 15 avril 2008

Le marché de riz en Haïti dépasse plus de 8 millions consommateurs. La production rizicole locale correspond à environ 20 % de la consommation nationale. Le reste – 80 % – est satisfait à partir des importations et de l’aide alimentaire. Le riz importé en Haïti provient d’une vingtaine de pays, parmi lesquels les États-Unis, avec 70 à 80 % des approvisionnements.

La production nationale, estimée à 125 000 tonnes métriques (TM) en 1985, est passée à environ 90 000 TM. 60 % de cette production proviennent de la Vallée de l’Artibonite et le reste (40 %) des autres périmètres du pays tels Maribahoux, Torbeck, St Raphael, Grison-Garde, etc.
En ce qui concerne la filière maïs, elle jouit d’une importance stratégique en Haïti compte tenu du nombre élevé de sous-produits auxquels le maïs donne lieu. De plus, cette denrée est cultivée par un nombre élevé d’exploitants agricoles. Les départements géographiques les plus concernés par cette culture sont : le Centre, le Sud, le Sud-Est et l’Artibonite.

La plaine des Cayes est l’un des plus grands centres de production de maïs dans le pays. Haïti aurait plus de 300 000 producteurs de maïs dont 10 % dans la plaine des Cayes. Les producteurs et leurs familles sont estimés à 1,5 million de personnes. Pour l’ensemble du pays, 240 000 tonnes métriques de maïs ont été produites en 2004.

L’augmentation de la production du riz et du maïs est essentielle pour réduire l’insécurité alimentaire, laquelle touche un segment important de la population haïtienne. Selon un rapport publié par la Plate-forme nationale de la sécurité alimentaire (PNFSA, 2005), il existe un déficit de 15,4 % au niveau de l’offre alimentaire en Haïti, laquelle comprend la production locale, les importations et l’aide alimentaire.
En raison du déclin de l’agriculture haïtienne, l’offre locale affiche une tendance à la baisse. La filière céréale, à travers la production de riz et de maïs, illustre très bien la situation de décroissance de la production nationale.

La baisse de la production nationale, particulièrement le riz, s’est produite parrallèlement à l’accroissement des importations de céréales. Depuis 1986, les aliments importés occupent, en effet, une place de plus en plus importante dans la disponibilité alimentaire haïtienne. La capacité des exportations à financer les importations se détériore au fur et à mesure. De 70 % en 1970, cette capacité est passée à 54 % en 1991, à 35 % en 1996 et 32 % en 2006.

Insécurité alimentaire : des formes diverses
La situation d’insécurité alimentaire prévalant en Haïti se manifeste sous plusieurs formes. La dépendance du pays vis-à-vis des ressources externes en est une première forme.
Les importations de produits alimentaires sont financées dans une large proportion par des capitaux étrangers, provenant de l’aide internationale et des transferts de fonds des travailleurs haïtiens vivant à l’étranger.

Or, le pays ne maîtrise pas le mouvement de ces capitaux. À n’importe quel moment, une rareté de devises peut être créée. Par conséquent, les difficultés à financer les importations peuvent conduire à une hausse des prix sur le marché local. Les ménages en seraient fortement affectés dans leur possibilité de se procurer une ration alimentaire suffisante.

D’autres facteurs conduisent également à l’insécurité alimentaire, comme par exemple : l’instabilité politique, la mauvaise gouvernance économique, la faible structuration de la société civile, les inondations et les sécheresses, et un manque de vision en matière des politiques alimentaires (PNFSA, 2005). À ces facteurs, il faut ajouter la hausse des prix sur le marché international.

Les données disponibles montrent que l’insécurité alimentaire est massive et largement étendue en Haïti. Les 2,4 millions d’Haïtiens, vivant en situation d’extrême pauvreté (avec moins d’un dollar américain par jour), sont les plus exposés.
Selon les prévisions de l’Institut haitien de statistique et d’informatique (IHSI), la population d’Haïti passera à 17 millions d’habitants en 2030. Par conséquent, la demande en produits alimentaires continuera de s’accroître suivant un rythme soutenu. Ce qui conduit à la nécessité de renforcer les filières agricoles porteuses.

Le gouvernement haïtien annonce une réduction prochaine du prix de l’engrais. Cette mesure pourrait être inscrite dans une stratégie globale et de long terme pour favoriser l’accès à l’engrais. Parrallèlement d’autres mesures pourraient être envisagées. Il s’agit, entre autres, de l’amélioration des conditions de transformation des céréales, en particulier, et des produits alimentaires, en général.

Il y a lieu aussi d’apporter un soutien aux secteurs agricole et agro-industriel pour améliorer la qualité et la présentation des produits. L’ensemble des mesures pourraient être couronnées par un meilleur accès au crédit au bénéfice de la production nationale.

Une révolution verte en Haïti : un grand chantier à envisager

mardi 15 avril 2008

HAITI-CRISE: L'APPLICATION DE LA POLITIQUE NEOLIBERALE...

Haïti-Crise : L’application de la politique néolibérale, remise en question par les secteurs sociaux
lundi 14 avril 2008 par Djems Olivier

P-au-P, 14 avril 08 [AlterPresse] --- A la faveur des émeutes de la faim de la deuxième semaine d’avril 2008 en Haïti, les secteurs sociaux remettent à nouveau en question les modes d’application, depuis 1986, de la politique néolibérale par les gouvernements qui se sont succédé sur le territoire national,
Dans différentes prises de positions, acheminées à l’agence en ligne AlterPresse, ces secteurs sociaux nationaux souhaitent la poursuite de la mobilisation, par la population haïtienne, pour mettre fin à la « politique néolibérale et encourager des initiatives visant à l’amélioration des conditions de vie dans le pays.

L’organisation féministe Kay Fanm (La Maison des femmes), la Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa), Batay Ouvriye (Luttes ouvrières), les prêtres jésuites d’Haïti, ainsi que le Mouvement démocratique et populaire (Modep) figurent parmi les organisations ayant exprimé des revendications pour un plan de développement soutenu, reflétant une vision basée sur l’intérêt collectif national.

Ces différentes organisations et/ou institutions demandent au peuple haïtien d’amplifier leur mobilisation en vue de forcer les autorités concernées à mettre un terme à la « politique néolibérale » appliquée dans le pays depuis plus d’une vingtaine d’années.
Pour ces secteurs sociaux, les récentes levées de bouclier de la population haïtienne sont la conséquence de la politique néolibérale mise en oeuvre dans le pays.
Signalant que la politique néolibérale est appliquée, sans les mêmes conséquences, dans d’autres pays des Caraïbes, certains économistes haïtiens voient ailleurs les causes des émeutes de la faim, comme celles enregistrées la semaine dernière dans diverses villes du pays.

D’autres économistes estiment que les dirigeants haïtiens vont, en général, trop loin dans la politique néolibérale, offrant aux institutions internationales l’opportunité de prendre des mesures beaucoup plus drastiques que celles préconisées.
Aujourd’hui, le tarif douanier pratiqué en Haïti sur les importations de biens de consommation courante s’avère le plus bas de toute la région, en moyenne 2.9%.

Pour sa part, la Solidarité des femmes haïtiennes opte pour l’application de politiques capables d’aboutir à des solutions durables. Des dispositions doivent être prises au niveau de l’Etat pour augmenter l’assiette fiscale et pour permettre à la population de mesurer les impacts visibles de ces politiques de développement durable.

La présidence de la République, selon Sofa, doit prendre des mesures urgentes et appropriées, en liant le geste à la parole, pour soulager la misère du peuple haïtien.
Une note, en provenance de la Faculté des Sciences humaines de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), suggère la fixation du salaire minimum à 300 gourdes [Ndlr : US $ 1.00 = 37.75 gourdes aujourd’hui, la monnaie nationale], la baisse des prix de l’essence dans les stations-services et celle des produits de première nécessité.

Tout en souhaitant, par ailleurs, le départ du pays de la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah). les signataires de cette note plaident pour la fin des révocations massives à la compagnie nationale de téléphonie (Téléco). Ils demandant également au gouvernement de cesser d’investir des sommes mirobolantes dans les voyages à l’étranger ainsi que dans l’achat de voitures.

Le Kolektif solidarite idantite ak libète (KSIL) – Collectif de solidarité, d’identité et de liberté – croit important de décréter l’état d’urgence, durant une période de six mois en Haïti, et de former un gouvernement restreint, composé de personnalités conscientes des desiderata de la population.
La stabilité politique, préconisée par l’équipe au pouvoir, avait pour objectif, selon KSIL, de satisfaire les caprices de la communauté internationale, représentée par la Minustah.
Toute politique, qui ne vise pas les revendications de la population, est vouée à l’échec, selon ce collectif de citoyennes et citoyens.

Face à la situation socioéconomique désastreuse du pays, les masses populaires haïtiennes doivent assumer leurs responsabilités historiques, selon l’organisation Chandèl dans un communiqué.

De leur côté, les prêtres jésuites de l’église catholique romaine estiment que le peuple haïtien doit « continuer d’appeler, de crier et de convoquer ceux et celles que tu avais choisis pour te servir » tout en l’invitant à choisir la voie de « la non-violence organisée et soutenue ».
Pour les prêtres jésuites, cette situation de misère qui prévaut en Haïti relève, entre autres, de « l’incapacité totale de la majorité de nos gouvernants à faire face aux problèmes fondamentaux de la société » et de « l’absence totale d’une opposition politique constructive, susceptible de contrôler et de stimuler l’action gouvernementale au bénéfice de la nation ».
Cette situation de misère, ajoutent les prêtres jésuites, découle également de « l’annihilation totale de la fonction politique du Parlement au moyen de procédés malhonnêtes, tels que les pots de vin, la corruption ».

Cependant, ces secteurs invitent la population à manifester pacifiquement contre la hausse du coût de la vie.
« Le peuple doit rester mobilisé pacifiquement, sans se laisser intimider par des individus malintentionnés s’adonnant à des actes de vandalisme et de pillage », indique l’organisation Kay Fanm dans sa note de presse.
D’autres organisations sociales partagent toutes ces positions, exprimées par des secteurs vitaux de la société haïtienne, tout en espérant la poursuite des mobilisations contre la cherté de la vie.
Les émeutes de la faim, survenues en Haïti au cours des dernières semaines, ont fait au moins 6 morts, plusieurs blessés ainsi que d’importants dégâts matériels.
Ces tensions sociales ont occasionné le renvoi du gouvernement de Jacques Edouard Alexis, sanctionné par un ensemble de 16 sénateurs, lors d’un vote d’interpellation tenu le samedi 12 avril 2008.
Un nouveau premier ministre doit être désigné sous peu par le président René Garcia Préval, en accord avec les présidents des deux chambres du corps législatif.
Entre-temps, des rumeurs circulent quant aux noms de personnalités « premiers ministrables ».

Est-ce à dire que des solutions durables à la crise seront à la fois économiques et politiques pendant les semaines à venir...[do rc apr 14/04/2008 19:00]