samedi 23 février 2013

ACTUALITES POLITIQUES: GRANDES LIGNES

Thèmes de l’Émission de la semaine - Orlando le 22 février, 2013 - Actualités Politiques : Grandes Lignes – ROBERT BENODIN - Certes, comparé à l’énorme accumulation d’innombrables crises non-résolues qui gruge ce pays depuis 55 ans, l’incident d’exclusion de groupe musical du cortège carnavalesque du Cap-Haitien, paraît insignifiant et banal. Cependant, il y a des signes et des indices déjà vus et vécus, qui ne trompent pas. Qui fait revenir à la mémoire collective des réminiscences définitivement inquiétantes, quand on comprend ce qui sous-tend ces impulsions et leurs conséquences. Il y a des mises en garde avec un certain ton, avec une certaine expression d’autorité, qui dévoilent clairement, certains penchants, certains réflexes tendancieux. La réaction musclée de Martelly, corrobore avec éloquence le fait que ses mesures draconiennes de censure révèlent et montrent que la critique a sans aucun doute atteint sa cible, dénonçant les lacunes du gouvernement. Il y a de fait, un ras-le-bol, qui s’exprime clairement à travers la lyrique de ces méringues carnavalesques. Elles sont l’expression rythmée et répétitive à travers le refrain, articulant et ponctuant une frustration générale qui n’est pas des moindres. Musicien de profession et un peu egocentrique, devenu chef d’état, croit-il puérilement que tous musiciens devraient éprouver envers lui un sentiment de loyauté collective inébranlable ? Pris de cours et à rebrousse-poil dans son propre domaine, la musique, Martelly a mal réagi, laissant libre cours à ses réflexes autoritaires, qui n’est qu’un aveu incontestable de sa désillusion ! Intervenu trop tard, après que la liste des participants ait été dressée. Voilà indubitablement la gaffe qui a provoqué ce scandale. Il lui fallait prévenir, garder ses distances et passer des instructions avant la création de la liste. Timing et tact en politique, sont fondamentaux. On est en train de percevoir un profile inquiétant qui se dégage depuis peu, montrant clairement un chef d’état qui prend graduellement les plis de ses prédécesseurs. Et qui s’y accommode avec aise et confort. De fait, il ne reste que très peu, qui peut encore le distinguer de ses prédécesseurs. Le réflexe autoritaire s’est définitivement manifesté sans équivoque, particulièrement dans un domaine que Martelly a dominé pendant longtemps, en tant que musicien. Aujourd’hui président, il tient encore à exercer cette dominance d’antan dans un domaine qu’il aurait dû dépasser, vu les circonstances ! Est-ce un cas de fausse conscience ? A-t-il encore des difficultés à prendre conscience que ce ne soit plus, ni sa profession, ni son domaine, ni son rôle ? Malgré les apparences, il paraît n’avoir pas grandi. Après presque 2 ans à la présidence, il est encore en porte-à-faux entre chef d’état et chef de bande ! Où se sent-il le plus à l’aise, ne peut plus être la question ? Dans ces circonstances, on est bien obligé de se rappeler le fait, que ce soit par le biais de la transposition d’une popularité acquise dans le domaine de la musique, en politique, que Martelly ait été catapulté au pouvoir. Comme ce fut le cas, 20 ans plus tôt pour Aristide, dont la popularité acquise dans la prêtrise, a été transposée en politique, en guise de légitimité politique ! Cependant, il faut bien se rappeler que ce soit l’Eglise qui a dû rompre avec Aristide, et non l’inverse. S’attacher au point d’ancrage et d’origine qui vous a façonné, où on se sent naturellement plus confortable, est compréhensible. Cependant, il est important d’être conscient quand dans sa vie, on a l’exceptionnelle opportunité de faire un tel saut qualitatif, de ne pas retourner en arrière, où on se sent plus confortable. Il faut embrasser le présent dans sa totalité et dans toutes ses nuances. Devenir le nouveau personnage que l’on est, pour arriver à gérer son nouveau rôle avec maestria. Voilà la tâche à laquelle on doit s’adonner corps et âme ! Pour Martelly, la célébration du carnaval dans une grande ville autre que Port-au-Prince, chaque année dans un département différent, est une stratégie politique d’expansion et de maintien de sa popularité (légitimité). C’est aussi l’expression simpliste d’une volonté de décentralisation. Mais, dans son esprit, il est en charge et en contrôle de cette stratégie. Alors que l’organisation du carnaval soit une fonction qui relève exclusivement de la municipalité. Certes c’est lui qui a pris cette décision de célébrer le carnaval dans différentes villes chaque année. Mais il ne lui revient pas pour autant d’en micro-gérer l’exécution ! A la présidence, il faut apprendre et savoir maintenir ses distances et déléguer, bien sûr avec des instructions. Malheureusement cette décision draconienne de censure, après que la municipalité du Cap-Haïtien ait inclus cette bande musicale dans la liste des participants, a mis en exergue le caractère possessif, autoritaire et obstiné de Martelly. Cela démontre aussi un certain crétinisme de sa part, dans sa volonté de micro-gérer les festivités carnavalesques. Même dans un domaine qu’il veut encore garder comme le sien, il n’a pas jugé nécessaire qu’il fallait à l’avance donner à la mairie des instructions bien spécifiques, établissant la liste des participants, pour ne pas avoir de mauvaises surprises, d’une part. Mais d’autre part, être forcé personnellement d’intervenir post-mortem. Il fallait prévenir pour éviter un tel scandale. Gouverner ce n’est pas prévoir ? Il y a un autre aspect important de cet incident qui révèle un point crucial à prendre en considération. Alors que Martelly s’est senti contraint par le besoin de frapper du poing sur la table pour faire valoir la prépondérance de son autorité, en assumant publiquement à la radio, sa décision d’exclusion de groupe musical de la liste des participants au cortège carnavalesque. Ce que cet acte a révélé en outre, avec un peu plus de clarté, est un contraste frappant et édifiant entre deux réalités politiques de deux époques différentes. Cet incident a dévoilé clairement que Martelly n’ait pas encore atteint le niveau de contrôle absolu, ni le niveau de prépondérance d’un pouvoir politique, lui permettant de s’imposer sans effort, par le biais traditionnel de l’internalisation de la peur, à l’instar de ses deux prédécesseurs, Duvalier et Aristide. Si c’était ces deux dictateurs, éprouveraient-ils la nécessité d’aller à la radio personnellement pour déclarer, assumer et renforcer une telle décision ? Absolument pas ! Ils n’auraient qu’à passer l’ordre à un subalterne. Et ce serait non-seulement fait immédiatement, mais automatiquement accepté et entériné dans le silence le plus absolu par toute la société. De plus, en réaction, on aurait ressenti instinctivement l’obligation de s’écarter le plus vite et le plus loin possible de ces exclus pour ne pas être soupçonné de complicité ou de sympathie. Aujourd’hui, avec Martelly, on constate exactement l’effet contraire. On sympathise. On se rapproche des exclus. Mieux on les défend. Or à la lumière de ce contraste, peut-on oser croire, que ce soit seulement une lueur de possibilité d’émancipation ? Ou mieux, que l’on soit enfin sur la voie, prêt à franchir le seuil de l’émancipation de l’ère traditionnelle de l’internalisation de la peur ? Réciproquement, est-ce aussi, parce que Martelly n’ayant jusqu'à présent que l’ambition d’atteindre ce plateau traditionnel, n’est pas encore arrivé à acquérir les moyens d’une telle politique ? Face à l’évidence de ce que l’on est en train de constater, est-il possible d’obvier et de faire obstacle à la possibilité d’un retour probable à la condition traditionnelle d’internalisation de la peur ? Compte tenu des tendances autoritaires que Martelly est en train de montrer manifestement à l’avant-scène politique à chaque opportunité qui s’offre à lui et l’effort qu’il est en train de déployer énergiquement pour y parvenir. Que faire pour prévenir et obvier à cette régression ? C’est une opportunité qu’il ne faut pas seulement saisir, mais empoigner avec vigueur et ténacité !

samedi 16 février 2013

NOTE DE PROTESTATION DE L'ASSOCIATION NATIONALE DES MEDIAS HAITIENS

Note de protestation de l’association Nationale des médias haitiens (Anmh)- Document transmis à AlterPresse le 15 février 2013 - L’association nationale des médias haïtiens (Anmh) proteste énergiquement contre le communiqué musclé du ministre de la justice, Me Jean Renel Sanon, qui, le dimanche 10 février 2013, a menacé, de manière à peine voilée, d’imposer des restrictions à l’exercice de la liberté de la presse en Haïti. Dans une claire tentative d’intimidation des professionnels des médias, le ministre assimile toute diffusion d’information non conforme aux vues de l’Exécutif à de la diffamation ou de l’incitation à la violence. L’Anmh estime intolérable qu’un membre aussi influent du gouvernement Martelly-Lamothe, qui se targue de respecter l’État de droit démocratique, se réfère à des articles d’un décret-loi autoritaire et obsolète qui avait été pris, en juillet 1986, sous le gouvernement militaro-civil du Général Henry Namphy. Un acte antérieur à la Constitution de 1987 que le pouvoir a mis en avant comme dispositif de répression légale pour museler la presse. A ce propos, il faut rappeler que la liberté de la presse est garantie par la Constitution en ses articles 28-1, 28-2 et 28-3. En outre, l’Anmh dénonce l’incident qui s’est produit au bal des reines, tenu au Palais du Roi Henry 1er, à Sans-Souci, le samedi 9 février, lorsque plusieurs équipes de télévision - invitées par le comité du carnaval, dont Télé Caraïbes, Télé Métropole et Télé Superstar, toutes trois membres de l’association- ont dû, sous la contrainte, vider les lieux au profit de la Tnh. L’exclusivité de la couverture d’un tel événement, réservée à la télévision d’État, est inadmissible compte tenu du caractère libre et national de cette soirée. Au nom du droit à l’information du public, aucun pouvoir ne peut prendre sur lui de censurer la presse à l’occasion de la couverture des activités carnavalesques. Par ailleurs, l’Anmh condamne les agressions tant verbales que physiques exercées par des policiers de l’unité de sécurité générale du Palais National (Usgpn) à l’encontre de deux journalistes, Watson Phanor et Edzer César de Radio RFM, dans l’exercice de leur profession au Cap-Haïtien où ils assuraient la couverture des festivités pour le compte de ladite station, également membre de l’association nationale des médias haïtiens. Vivement préoccupée, face à ces multiples atteintes à la liberté de la presse et tentatives de mettre au pas les médias, l’Anmh en appelle à la vigilance patriotique des différents secteurs de la vie nationale et souligne à l’attention du gouvernement Martelly-Lamothe que le peuple haïtien reste profondément attaché aux valeurs démocratiques et aux conquêtes de l’État de droit depuis le rejet, en 1986, de la dictature et du règne de la pensée unique. Liliane Pierre-Paul Journaliste Présidente de l’Anmh

dimanche 3 février 2013

UNE ETAPE DE L'EVOLUTION HAITIENNE - DR JEAN PRICE MARS

« Une étape de l'évolution haïtienne » du Dr Jean Price Mars, ouvrage édité en 1929, en pleine occupation américaine de notre territoire et réédité, en 2012, par les Editions Fardin. « Je ne sais pas vers l'an 2050 et les années suivantes ce que deviendra ce pays d'Haïti, - parce que les données confuses que je possède obscurcissent mes anticipations. J'y vois une élite avide d'âpres jouissances sans ressort, et sans foi d'aucune sorte et qui - chose plus grave, - a perdu le sens des solidarités sociales et ethniques. Car, voyez-vous, nulle injure n'est plus grave que de dire d'un homme de notre élite qu'il est nègre, - quelle que soit d'ailleurs la couleur de son épiderme, noire comme la nuit ou claire comme le jour... », (p. 151), avait-il prophétisé avec beaucoup d'humilité. «... Je ne sais donc pas ce que deviendra ce pays dans un proche futur quand je regarde les masses populaires garrottées d'ignorance sur lesquelles glisse un catholicisme trop formel et l'élite qui camoufle son insuffisance dans une attitude d'élégant détachement. Anarchie en bas, couardise et hypocrisie en haut. Je ne sais ce que deviendra ce pays, - peut-être une simple expression géographique dans la Méditerranée américaine habitée par des parias industriels... », (Idem), avait prédit le Dr Mars. (Dans l'entrevue de Pierre Manigat Junior, Le Nouvelliste publie le 2013-02-01)

samedi 2 février 2013

LES 21 QUALITES OU COMPETENCES ESSENTIELLES D'UN LEADER

QUALITES GENERALES DE BASE - COMMUNICATION ORALE ET ECRITE (1 & 2)- RELATIONS INTER-PERSONNELLES (3)- COMPETENCES TECHNIQUES(4)- AGENT DE CHANGEMENT (5)- PRENDRE DES DECISIONS (6)- ETRE UN LEADER (7)- CONFIANCE EN SOI (8)- COMPETENCES ESSENTIELLES D’UN CHEF DU PERSONNEL - SOLUTIONS CREATIVES (9)- INFLUENCE/NEGOTIATION (10)- CONFLITS ADMINISTRATIFS (11)- ADMINISTRATION DES RESOURCES HUMAINES (12)- QUALITES ESSENTIELLES D’UN DIRECTEUR - ETRE UN PENSEUR (13)- PLANIFICATION ET EVALUATION (14)- GESTIONNAIRE (15)- BONNE CAMARADERIE (16)- INVENTAIRE DES BESOINS DE LA CLIENTELE (17)- INDICATEURS DE PERFORMANCE ET D’INTEGRITE (18)- NOUVELLE TECHNOLOGIE (19) COMPETENCES ESSENTIELLES D’UN LEADER - VISION (20)- INFORMATION (21)- LEADERSHIP N'EST PAS UN CONCOURS DE POPULARITE

lundi 28 janvier 2013

ARRETE MUNICIPAL DE OUANAMINTHE - KITA NAGO

LES DISPOSITIONS DE LA VILLE DE OUANAMINTHE POUR GARDER KITA NAGO - Un autre Arrêté municipal déclarant KITA NAGO symbole de la solidarité nationale qui sera jalousement et précieusement gardé par la communauté de Ouanaminthe. - MAIRIE DE OUANAMINTHE - LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ - RÉPUBLIQUE D’HAITI - Le Conseil Municipal de Ouanaminthe - Vu les articles 66, 73, 74 et 296 de la Constitution de 1987 ; Vu les articles 26, 31, 35, 39 et 53 du décret du 22 octobre 1982 sur les communes ; Vu la loi du 18 septembre 1978 sur la délimitation territoriale ; Vu le Décret du 1er février 2006 portant sur l’organisation et le fonctionnement de la Collectivité Municipale ; Vu l’initiative louable de l’agronome Harry NICOLAS, Mèt Fèy Vèt, de sculpter un tronc d’acajou appelé KITA NAGO, symbole de l’unité nationale ; Vu le parcours de 700 kilomètres de KITA NAGO porté à bout de bras par la population haïtienne d’une pointe à l’autre du pays, de la commune des Irois à la commune de Ouanmainthe ; Considérant la volonté fermement renouvelée du concepteur de ce grand mouvement de solidarité nationale de voir cette œuvre pérenniser l’espoir de tout un peuple dans un musée de la ville de Ouanaminthe ; Considérant qu’il y a lieu pour la commune de Ouanaminthe de recevoir solennellement et de garder KITA NAGO ; ARRÊTE Article 1er.- KITA NAGO est reçu dans la commune de Ouanaminthe comme symbole de la solidarité nationale. Article 2.- KITA NAGO, trésor de la nation haïtienne et partie intégrante de son patrimoine, sera jalousement et précieusement gardé dans la ville de Ouanaminthe. Article 3.- Le lieu choisi pour garder KITA NAGO servira de musée où seront conservés tous les objets, les œuvres et les actes de la commune de Ouanaminthe. Article 4.- Le 27 janvier de chaque année est officiellement proclamé journée KITA NAGO à Ouanaminthe. Article 5.- Chaque année, la collectivité assurera la tenue, durant la dernière semaine du mois de janvier, du FESTIVAL KITA NAGO DE OUANAMINTHE. Ce festival donnera lieu à des manifestations sportives, récréatives, culturelles et intellectuelles, avec notamment des conférences, des causeries et des actions citoyennes pour perpétuer et garder l’esprit d’union de KITA NAGO. Article 14.- Le présent Arrêté est applicable dans les vingt-quatre heures qui suivent sa publication. Article 15.- Le présent Arrêté sera exécuté à la diligence des autorités administratives, judiciaires et policières chacun en ce qui le concerne. Fait et passé à l’Hôtel de Ville de Ouanaminthe le 27 janvier 2013, an 210e de l’Indépendance. Par : Le Maire : Rony PIERRE Les Maires adjoints : Manfred RÉMY Amos JOSEPH

jeudi 24 janvier 2013

HAITI REPOUSSE LA NOMINATION DU REPRESENTANT AMERICAIN

UNE PAGE DE L’HISTOIRE HAITIENNE Haïti repousse la nomination du représentant américain - Le 31 juillet 1817 le représentant du gouvernement américain arrivait au Cap à bord de la frégate Le Congrès, désigné auprès de la cour d'Haïti, porteur du document suivant, une espèce de certificat : « A tous ceux qui ces présentes verront, salut. » Je certifie que Septimus Tyler, écuyer, a été appointé par le président des Etats-Unis pour résider au Cap français dans l'ile de Saint-Domingue en qualité d'agent de commerce et de marine des Etats-Unis d'Amérique, avec pleins pouvoirs et émoluments y appartenant. En témoignage de quoi, moi, James Monroe, secrétaire d'Etat des Etats-Unis, j'y ai souscrit mon nom et ai fait apposer le sceau du Département d'Etat. » Donné dans la cité de Washington le 18 décembre 1816. » Signé : J. Monroe. » Le baron de Dupuy, secrétaire-interprète du roi, traduisit le document soumis et reçut, en retour, la réponse suivante que lui fit parvenir le 1er août 1817 le comte de Limonade, secrétaire d'Etat, ministre des affaires étrangères d'Haïti : « Royaume d'Haïti, Le secrétaire d'Etat, ministre des affaires étrangères d'Haïti, à Monsieur le baron de Dupuy, secrétaire interprète du roi au palais de la Grande-Rivière, le 1er août 1817, l'an 14e de l'Indépendance. « Monsieur le baron, J'ai reçu votre lettre du jour d'hier qui m'annonce l'arrivée de la frégate américaine Le Congrès dans le port de la capitale avec M. Tyler, qui s'est annoncé comme agent pour le commerce des Etats-Unis d'Amérique. » En apprenant l'arrivée de M. Tyler, je m'attendais à recevoir des dépêches de son gouvernement et des lettres qui l'accréditeraient auprès de la cour d'Haïti ; mais j'ai été étrangement surpris, d'après le rapport que vous m'avez fait, qu'il n'était porteur que d'un simple certificat couché dans des termes inusités, inadmissibles, et de plus renfermant les mots de Cap français et d'île de Saint-Domingue, expressions impropres et injurieuses au gouvernement de Sa Majesté. » Malgré le désir que Sa Majesté aurait de voir s'établir des relations de commerce et d'amitié entre les deux gouvernements, je suis dans la nécessité de vous charger de notifier à M. Tyler qu'il ne peut être reçu et considéré comme agent de commerce, n'étant pas muni des pièces authentiques en bonne et due forme qui l'accréditent suffisamment auprès du gouvernement d'Haïti. » Comme il ignore sans doute les usages établis dans ce royaume pour les communications diplomatiques de gouvernement à gouvernement, vous les lui ferez connaître et lui remettrez un exemplaire de la déclaration du roi en date du 20 novembre 1816. » Je regrette que Sa Majesté, étant en ce moment en tournée, ne puisse donner une audience à M. Tyler et au capitaine de la frégate Le Congrès comme ils le désirent. » J'ai l'honneur de vous saluer avec considération... » Comte de Limonade. »

J'AI FAIT UN REVE (MARTIN LUTHER KING, JR

Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Mémorial, Washington D.C., le 28 août 1963. - Extrait du discours - « Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd’hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d’émancipation. Cet arrêté d’une importance capitale venait porter lumière, comme un phare d’espoir, aux millions d’esclaves Noirs marqués par les flammes d’une injustice foudroyante, et annonçait l’aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité. Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle . Un siècle plus tard, les Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons ici aujourd’hui pour dramatiser notre condition effroyable. Nous venons à la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d’un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils signèrent un billet à l’ordre de chaque américain. C’était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a manqué a cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique a passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué « sans provisions ». Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu’il n’y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d’opportunité nationaux. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également à cet endroit sacré pour rappeler à l’Amérique l’urgence absolue du moment. Ce n’est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d’ouvrir les portes de l’opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale jusqu’au rocher solide de la fraternité. Que la nation ne tienne pas compte de l’urgence du moment, qu’elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu’à l’arrivée d’un automne vivifiant qui amènera liberté et égalité. L’année 1963 n’est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s’exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n’était. L’Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu’au jour où la lumière de la justice arrivera. Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d’actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l’amertume et de la haine pour assouvir notre soif. Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l’âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence ici aujourd’hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls. Et quand nous marchons, nous devons jurer d’aller toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, « Quand serez-vous satisfaits ? » Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu’un Noir du Mississippi n’a pas le droit de voter et qu’un Noir à New York ne voit rien pour lequel il peut voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la rectitude sera comme un fleuve puissant. Je ne suis pas sans savoir que certains d’entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d’entre vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d’entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les vétérans de la souffrance créative. Persévérez dans l’assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption. Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d’une manière ou d’une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée de la désespoir. Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même fais un rêve. C’est un rêve profondément enracinée dans le rêve américain. J’ai fait un rêve, qu’un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance : « Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. » J’ai fait un rêve, qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. J’ai fait un rêve, qu’un jour même l’état de Mississippi, un désert étouffant d’injustice et d’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. J’ai fait un rêve, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère. J’ai fait un rêve aujourd’hui. J’ai fait un rêve, qu’un jour l’état de l’Alabama, dont le gouverneur actuel parle d’interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et sœurs. J’ai fait un rêve aujourd’hui. J’ai fait un rêve, qu’un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble. Ceci est notre espoir. C’est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu’un jour nous serons libres. Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, « Mon pays, c’est de toi, douce patrie de la liberté, c’est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pèlerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse. » Et si l’Amérique veut être une grande nation, ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes de l’état de New York. Que la liberté retentisse des hautes Alleghenies de la Pennsylvanie ! Que la liberté retentisse des Rocheuses enneigées du Colorado ! Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie ! Mais pas que ça, que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Géorgie ! Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee ! Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi ! Que la liberté retentisse ! Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, « Enfin libres ! Enfin libres ! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres ! » Martin Luther King, Jr (Canal+Haiti.net)