samedi 15 novembre 2008

HAITI: PROPOSITIONS AU GOUVERNEMENT ET AUX INVESTISSEURS...

Haïti : Propositions au gouvernement et aux investisseurs
Des idées….. Des idées mais…….
vendredi 14 novembre 2008

Par Ives Marie Chanel

Soumis à AlterPresse le 14 novembre 2008

Après les passages des cyclones et ouragans qui ont dévasté le pays et entraîné la perte de centaines de vies humaines, le gouvernement est venu en pompiers annoncer aux citoyens qu’un montant de 200 millions de dollars - tiré des fonds du programme Petro Caribe - allait être mis à contribution dans des interventions et projets de récupération.

Cette nouvelle a surpris plus d’un, car, par absence de transparence, les citoyens n’étaient ni informés de la disponibilité de ces fonds, ni, encore moins, de leur placement dans des banques étrangères.

Le réflexe de nos dirigeants n’a pas évolué ni dépassé celui affiché depuis des lustres par nos hommes d’affaires qui préfèrent importer des produits de base et les revendre en gros et en détail sur le marché local, plutôt que de jouer leur vrai rôle d’investisseurs par la création de véritables entreprises de production, génératrices d’emplois et de richesses.

Laissons de coté le débat sur les contraintes à l’investissement et concentrons-nous d’abord sur la nécessité de changer cette mentalité qui nous fait toujours penser le conjoncturel avec nos instincts égoïstes.

Aujourd’hui, après « les catastrophes des deux écoles », on se retrouve avec les mêmes formules et les mêmes solutions conjoncturelles… les mêmes démagogies qui se démarquent de toute démarche structurelle et constructive.

On se décharge de toute responsabilité et on annonce des mesures qui, j’en suis certain, ne dureront que l’espace d’un matin.

Ces catastrophes en cascade ne sont elles pas, pour nous, de sérieux avertissements, afin que nous prenions conscience de notre situation ?

Le problème d’Haïti n’est il pas les Haïtiens eux mêmes ?

Nous devons voir les choses autrement, refaire cette mentalité basée sur l’égoïsme, l’étroitesse de vues, l’absence de solidarité, les préjugés.

Il nous faut cesser de penser le court terme en regardant nos intérêts immédiats et personnels qui ne se résument qu’en commissions sur les projets, dilapidation des fonds alloués aux projets ou tout simplement au blocage de tout projet non compensé par des largesses de leurs promoteurs.

En complémentarité à un véritable projet visant à renforcer la capacité de l’Etat haïtien à garantir une instruction publique de qualité à tous les niveaux, le gouvernement pourrait procéder à la mise en place pour le secteur privé de l’éducation d’un projet parallèle, dont les étapes d’exécution pourraient être :

1.‐ Une évaluation structurelle et infrastructurelle des écoles ;

2.‐ la désaffectation graduelle des écoles jugées à risque ou logées dans des édifices inappropriés.

Cette désaffectation devrait se faire moyennant la mise à la disposition des écoles, dotées d’une viabilité financière et structurelle, de fonds pour la construction d’immeubles adaptés et répondant aux normes modernes.

Le financement pourrait être mis à la disposition de ces écoles à travers les banques d’Etat ou des structures privées, moyennant la mise à leur disposition par le gouvernement Haïtien d’un fonds de garantie.

L’Etat Haïtien pourrait identifier des espaces pour la construction d’écoles dans les grandes agglomérations (Zonage). Ces espaces pourraient être dotés, au préalable par les services compétents de l’Etat, d’espaces communautaires (terrains de jeux (Volley ball, Basket ball, football, piscine, piste d’athlétisme, gymnasium, parc, jardin botanique, etc.), d’infirmeries ou de dispensaires, de bibliothèques publiques, d’un sous commissariat de police, de salles de projection, Internet Wi fi (développer le concept de zones Wifi).

L’Etat Haïtien se chargerait du lotissement des parcelles, du drainage, de l’électrification et de l’approvisionnement en eau potable de ces véritables villages scolaires. Les parcelles seraient ainsi mises à la disposition des écoles pour la construction des édifices, selon leur taille et leur viabilité financière et structurelle.

Le gouvernement garantirait ensuite le transport des écoliers et des professeurs des différents villages, à des points d’arrêt prédéterminés dans les différentes agglomérations visées par le projet.

Ce projet permettrait de :

1. Réduire graduellement les risques de catastrophes et des pertes en vie humaines dans le secteur scolaire ;

2. Améliorer les conditions d’apprentissage ;

3. Améliorer les résultats au niveau scolaire ;

4. Améliorer le niveau des apprenants et le niveau de connaissance des futurs professionnels ;

5. Donner un plus grand accès aux nouvelles technologies, aux livres, à la pratique du sport aux couches défavorisées ;

6. Faciliter un meilleur contrôle et une meilleure évaluation des écoles ;

7. Contrôler le coût d’accès à l’instruction (contrôle de la scolarité et des frais scolaires) ;

8. Renforcer la pratique sportive et découvrir de nouveaux talents dans les domaines sportifs et artistiques ;

9. Garantir une meilleure sécurité par un contrôle plus efficace de ces zones par la police (les problèmes lies au kidnapping) ;

10. Impact certain sur l’environnement, le développement des villes et l’aménagement du territoire.

Trop beau pour être vrai, diront plus d’un.

Mais les possibilités existent.

Ce qui nous manque, ce sont peut être des idées et de la volonté de faire quelque chose, de travailler pour la postérité.

Le simple citoyen, que je suis, croit que le gouvernement Haïtien gagnerait plus à investir localement les revenus générés par Petro Caribe ou de l’ONA ??? Que de faire des placements dans les banques étrangères ?

Les millions de Petro Caribe pourraient permettre, par exemple, à l’Etat Haïtien, en partenariat avec une banque locale ou internationale, d’entamer la construction de routes nationales à quatre voies dotées de stations de péage.

Les revenus de ces droits de passage pourraient servir à l’entretien de ces routes ou encore à payer les faibles intérêts de ce prêt spécial du Vénézuéla.

L’Etat Haïtien ne pourrait-il pas s’engager dans le développement urbain par la construction de nouveaux quartiers, dotés d’immeubles qui pourraient être mis à la disposition des classes moyennes, des fonctionnaires à travers un système de crédit sur 20 - 30 années ?

De même dirons-nous : que perdra l’Etat Haïtien à investir mensuellement, pendant une certaine période, 10 % des recettes douanières de Malpasse (chiffrées mensuellement à 60 millions de gourdes) dans l’aménagement des aires frontalières de Fonds Parisien et de Ganthier ?

Que perdra l’Etat Haïtien en accédant à la demande des hôteliers du Nord d’éliminer le visa d’entrée pour les ressortissants dominicains et les touristes séjournant en République Dominicaine et en favorisant le développement du tourisme inter frontalier (Nos voisins dominicains sont en avance en éliminant le visa pour les Haïtiens détenteurs de visas américains et canadiens) ?

Que perdra l’Etat Haïtien dans la mise en place d’une zone touristique de libre commerce au niveau de l’axe Malpasse‐ Lac Azuei‐ Fonds Parisien pour contourner le protectionnisme dominicain, en permettant la libre circulation des dominicains jusqu’à Ganthier tous les week-ends ?

Cette mesure, ajoutée à la mise en place d’activités artistiques, sportives et culturelles autour du Lac Azuei, permettrait d’attirer nos voisins qui seraient servis hors taxes par des comptoirs de vente de produits haïtiens (rhum, clairin, boissons gazeuses, artisanat etc.) mis en place en collaboration avec le secteur privé sur le parcours de ce périmètre contrôlé par la police, les douanes et l’immigration.

Un projet novateur donc pour le Centre de promotion des investissements et le Ministère du commerce !

D’aucuns diront que je délire……

des idées ……….

Mais après … qui aura la capacité de les transformer en réalité pour le bien être commun.

mercredi 12 novembre 2008

HAITI - ACCIDENT: AU PAYS DE LA HONTE

Haiti-Accident : Au pays de la honte

mardi 11 novembre 2008

Par Nancy Roc

Soumis à AlterPresse le 11 novembre 2008

Les Haïtiens, un instant animés d’un espoir illusoire par la victoire de Barack Obama, sont tombés de haut le vendredi 7 novembre. La nouvelle s’est propagée, telle une traînée de poudre, de Pétion Ville à toute la diaspora haïtienne : le bâtiment abritant le collège « La Promesse Évangélique », à Nérette, un quartier de Pétion-Ville, vient de s’effondrer sur des centaines d’élèves.

« Horreur en Haïti », titre Radio-Canada à la une de son site. Choc. Désarroi total. Douleur. Les images dans les médias étrangers et sur le site de la MINUSTAH sont insoutenables. Petits corps broyés, visages transformés en masques mortuaires, des mains tendues, des yeux horrifiés. Encore un drame. Un drame de trop ?

Oui, sans doute pour ceux qui ont encore une âme au pays des zombies. Mais et les autres ? Et les responsables ? Que font-ils ? Que feront-ils ? Cela changera-t-il quelque chose ?

L’irresponsabilité proverbiale des dirigeants haïtiens nous conduit à l’implacable conclusion : NON, ils ne feront rien ! Dans quelques jours, quelques semaines, la vie ou plutôt la survie reprendra son cours. Avec sa litanie de drames, d’horreurs, de faits inacceptables.

Cet été, le pays a été dévasté par le passage de quatre ouragans consécutifs en un mois. Bilan : plus de 600 morts, principalement dans la ville des Gonaïves. Selon nos informations, le collège « La Promesse Évangélique », peut accueillir près de 700 enfants, du cycle primaire au secondaire. Un collège au fond d’un ravin, sans route d’accès. Un collège dont le nom résonne tel un parjure. On compte encore les victimes : plus d’une centaine de morts, plus de 150 blessés et, 48h après le drame, il y a peu d’espoir de retrouver des survivants. Le bilan de la tragédie de « La Promesse Évangélique » sera-t-il beaucoup plus lourd que celui des quatre ouragans ? « L’école a un effectif de 700 enfants, mais ils travaillent en double vacation, ce qui veut dire qu’à l’heure où l’accident s’est produit on peut considérer qu’il y avait 350 écoliers à l’intérieur », a précisé Evans Lescouflair, ministre haïtien de la Jeunesse et des Sports à l’AFP. Même s’il a raison, 350 enfants sacrifiés au nom de la gabegie politique et de l’apathie sociale, c’est plus que honteux : c’est monstrueux.

Les résultats d’un populisme mortifère

L’effondrement de cet établissement découle de plusieurs raisons : le matériel utilisé pour sa construction ne répondait pas aux normes. De plus, le pasteur Augustin Fortain, propriétaire de l’école, l’aurait lui-même construite, sans l’aide d’ingénieurs. Suite au drame, la mairesse de Pétion-Ville, Lydie Parent, s’effondre au micro des journalistes : « Nous avions déjà interdit cette construction, mais le propriétaire n’a pas obéi à nos ordres », déclare-t-elle, en admettant que sa municipalité est en partie responsable de cette catastrophe.

Les secouristes s’affairent : des locaux aux étrangers, ils défilent tel un cortège funèbre. Les autorités aussi : du président René Préval au Premier ministre, Michèle Pierre-Louis, en passant par différents ministres, ils sont tous là à constater encore une fois le résultat d’un pays en faillite, un bateau sans gouvernail. Les accusations, parfois incendiaires, fusent contre ceux supposés « diriger » le pays. Seulement voilà : personne ne dirige plus ce pays depuis des années. Tout le monde se déresponsabilise, à commencer par le président. Alors, comment les choses pourront-elles changer ?

Depuis des années, la presse haïtienne dénonce la monstrueuse bidonvilisation et la ruralisation de la capitale. Les constructions anarchiques poussent telles des champignons avec la complicité et le cynisme des autorités. Aucun écho aux avertissements des journalistes. Des cris dans le désert.

Au nom du populisme, les autorités laissent faire le peuple. Pire ! Lorsqu’Yvon Neptune, architecte de formation et ex-Premier ministre sous le second mandat de Jean-Bertrand Aristide, a souhaité détruire les constructions anarchiques en commençant à les raser avec des bulldozers, sur instruction de son chef Jean-Bertrand Aristide, il a dû revenir sur sa décision. Il était apparemment plus important de ne pas déplaire à la population des bidonvilles afin de compter sur elle et ses chimères pour les manifestations de rue contre les opposants au populisme.

Aujourd’hui, il est sans doute trop tard pour arrêter la gangrène de la bidonvilisation qui menace toute la capitale, à commencer par les pauvres des bidonvilles. En témoigne, le silence embarrassé du président Préval qui, pressé par les questions des journalistes concernant les actions urgentes à mener contre le phénomène de la bidonvilisation, n’a pu expliquer cette catastrophe que par « le désordre qui règne dans le pays ».

Récemment, René Préval a attribué les méfaits ravageurs du déboisement à la colonisation, l’occupation américaine et la dictature des Duvalier. Aujourd’hui, selon lui, des enfants sont morts par centaines à cause du « désordre qui règne dans le pays » : pays qu’il dirige depuis 18 ans avec son « frère jumeau », Jean-Bertrand Aristide.

Si le président lui-même n’a que ces réponses à fournir, qui mettra de l’ordre dans le pays ? Qui responsabilisera le peuple ? Qui arrêtera la litanie des drames affectant quotidiennement le peuple haïtien, semant le deuil et la désolation au sein d’une population dont la survie dépend fondamentalement de l’aide de la communauté internationale et de l’encadrement des ONG ? Quand cesserons-nous d’être le pays de la honte ?

dimanche 9 novembre 2008

LE GRAND PRIX HUMANITAIRE DE L'ASSOCIATION DES CHIRUGIENS AMERICAINS

(Extrait du "Le Nouvelliste", 8 Novembre 2008)
Le grand prix humanitaire de l'Association des chirugiens américains

Guy Théodore

Par Adyjeangardy

Les associations de chirurgiens du monde entier continuent d'accueillir avec enthousiasme cette semaine le Premier Grand Prix Humanitaire (Surgeon Humanitarian Award) décerné au Dr Guy D. Théodore par le Collège des chirurgiens des Etats-Unis d'Amérique au cours d'une somptueuse cérémonie à San Francisco en Octobre dernier. Le Prix de l'American Collège of Surgeon fondé en 1913 s'est offert pour la 12e fois en 2008 dans les domaines traditionnels de Chirurgie aux Etats-Unis, mais a décidé de créer cette année le Grand Prix Humanitaire réservé spécialement à un haïtien de pur sang opérant en Haiti, le Dr Guy Deve Theodore. Ce petit fils du président Davilmar Théodore a soulevé cette semaine l'admiration également de membres éminents du Département d'Etat américain, qui le présentent au monde comme un modèle de personnalité indépendante, sensible à la politique sanitaire de son pays et qui participe brillamment à la reconstruction de sa patrie avec son coeur et ses mains jour et nuit sans se lasser.

Le portrait de Théodore

Né à Pignon de parents originaires du Nord'Est (Ouanaminthe), le Dr Guy D.Théodore, après ses études à la Grande Rivière du Nord, s'était retrouvé au Lycée Toussaint Louverture puis à la Faculté de Médecine de Port-au-Prince, qui le conduisit dans un internat en urologie de 1968 à 1970 à l'Hôpital Général de l'Université d'Etat d'Haïti. En 1970, il partit se spécialiser aux Etats-Unis et fut engagé immédiatement au Kings County and Surgeon Episcopal Hospital au service de chirurgie pour une période de 7 ans. En 1977, il est attiré par l'Armée américaine qui recherche des médecins expérimentés. Il s'embarque dans cette aventure sous les drapeaux comme pour rendre hommage au Général Davilmar Theodore, que les Etats-Unis préféraient à tous ses contemporains au début du 20e siècle, mais qui une fois au pouvoir refusa de se livrer entièrement aux chefs de la Maison Blanche, au point de leur interdire le contrôle des douanes et des ports haïtiens jusqu'à la fin de son tumultueux règne empreint d'un patriotisme intraitable. Guy D. Theodore, le petit fils, gravit avec une vitesse effrayante dès 1977 tous les grades d'officier supérieur de l'armée américaine au point de devenir Chirurgien en chef au Little Rock Air Force Base dès 1981, puis l'un des Colonels les plus en vue de la plus puissante armée du monde en 1983. Mais surprise, au moment d'être nommé Général, il refusa de renoncer à sa nationalité haïtienne, démissionna de la US Air Force et retourna chez lui dans les montagnes de Pignon où il était né...Le Dr Guy Deve Théodore est un spécimen rare qui possède toujours une « green card » mais il est fier de dire à tous qu'il n'a jamais changé de nationalité. Sa seule passion : la médecine.

Guy D. Théodore et son entreprise humanitaire

Peter Jenning de regrettée mémoire, en 1994 déclara cet homme Médecin de la Semaine sur ABC News, lui consacrant toute une semaine d'hommages. En 1999, il reçut de l'Association Médicale haïtienne le Prix Léon Audain puis en 2002 le Prix des Nations Unies au cours d'une fête internationale à Washington. C'est d'abord avec son argent qu'il a commencé à bâtir l'hôpital de Pignon dont les premières pierres ont été posées en 1978. Dès son retour au pays en 1983, il avait mis en place cette énorme entreprise humanitaire desservant plus de 600,000 personnes avec une salle d'opération qui avait couté 1,5 million de dollars US, un don de Strike Communion qui travaille à partir des techniques les plus modernes de télédétection, avec la participation de chirurgiens de différents endroits du monde via satellite. « Cet homme et un miracle et sa discrétion ne doit pas nous tromper, c'est désormais l'une des plus grandes figures d'Haïti consacrées à l'étranger ! » déclare émerveillé, le Dr Bradley Wong, Surgical Voluntary Award.

Les habitants de Pignon (140,000) fêtent encore l'événement en ce jour , signalant que l'Hôpital s'est entouré de divers projets d'agriculture d'élevage, d'éducation, d'assainissement, d'animation sociale, et de production économique, dans un contexte moral rigoureux cher à la famille du Dr Théodore élevé dans une église baptise que dirigeait son père. Sa fondation, le Comité de Bienfaisance de Pignon (CBP) qui oeuvre humanitairement dans le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, le Plateau Central et l'Artibonite multiplie la création de mini-hôpitaux ou centres de santé avec des lits de cliniques au Dondon, à St. Raphael, à Ranquitte, à la Victoire etc...

L'Hôpital Bienfaisance financé par la Mission Chrétienne de Pignon qui permet aujourd'hui aux femmes d'accoucher sans risque, a réduit considérablement le taux de mortalité infantile, apporte des soins dentaires constants grâce à l'appui de volontaires tels le Dr Jean Petit du Cap Haïtien, Dr. Marvin Loyd, Dr. Claudine Wainright, ou les Dr Robert Smith, et Larry Griffin , tous deux de l' Arkansas. Le Ministère de la Santé Publique en Haïti a offert une clinique mobile en ce sens. L'Hôpital assure aussi le traitement de l'eau, construit des écoles où près de 3,000 enfants reçoivent une instruction hors pair grâce au support de 2,500 écoliers de différentes écoles secondaires américaines. Un office dans l'Iowa coordonne l'aide aux élèves en Haïti sous la supervision de la belle Joanne Schafer, une amoureuse d'Haïti. Le Dr Théodore s'est engagé également dans le reboisement : plus de 1, 500,000 arbres ont été plantés dans cette région de Pigon qui se reverdit jour après jour. Son Email (G.theodore@hospital-pigon.org) est rempli chaque jour de demandes de volontaires qui débarquent en présence des agents douaniers du Cap sur la piste d'atterrissage de l'Aéroport de Pignon aménagé par l'Hôpital, prêts à travailler ou à livrer des médicaments. Le 14 Octobre 2008 à San Francisco, on ne parlait que de cette oeuvre remarquable qui se charge aussi du traitement du VIH sida autant que d'agro-industrie. Le Collège des Chirurgiens Américains a dévoilé un autre secret : Dr Guy Théodore est un chercheur, il s'intéresse même au traitement de la leucémie, le cancer du sang ...

Son engagement total dépasse le domaine médical. Il accumule au cours des ans les titres et les honneurs sans jamais perdre de vue l'essentiel, à savoir l'être humain. Au moment où Haïti semble ne plus pouvoir tenir debout, le Dr Guy D. Théodore par ses actions humanitaires démontre qu'il est possible de prévenir la mort et de voir l'homme guéri un jour de tous ses maux...

Adyjeangardy

vendredi 31 octobre 2008

VOTE OBAMA: LES ELECTEURS BLANCS POURRAIENT FAIRE MENTIR LES SONDAGES

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/KEISER/16442
novembre 2008 - Article inédit

Vote Obama : les électeurs blancs pourraient faire mentir les sondages
Par Richard Keiser

La course à la présidence américaine est-elle déjà terminée ? Les Etats-Unis vont-ils bientôt élire leur premier président afro-américain alors que des nations européennes telles que le Danemark ou la France éprouvent encore des difficultés à convaincre leurs citoyens de couleur qu’ils ne sont pas une population de deuxième catégorie ? Les instituts de sondage ont peut-être raison d’annoncer que les Etats-Unis vont franchir une étape historique. Mais, quand des électeurs discutent en tête à tête avec des journalistes, leurs réponses se révèlent moins optimistes que les sondages. Dans un article publié le 13 octobre, le New Yorker résumait des entretiens avec des électeurs blancs de milieux populaires résidant dans l’Ohio. Un bon nombre d’entre eux ont soutenu Mme Hillary Clinton pendant les primaires mais ont laissé clairement entendre qu’ils ne voteraient pas pour M. Barack Obama. Dans la mesure où ces sondages d’opinion sont loin de la démarche scientifique des instituts de sondage, ces interviews ont peu de choses à nous apprendre. Néanmoins, la proximité plus grande de ces entretiens pourrait bien générer des réponses plus authentiques que « socialement désirables ».

En novembre 1989, des enquêtes du Washington Post réalisées à la veille du scrutin annonçaient un avantage de 11 points contre 9 pour M. Douglas Wilder, le candidat démocrate afro-américain au poste de gouverneur de la Virginie. Des sondages à la sortie des urnes lui avaient également prédit une avance de 10 points. Finalement, son adversaire républicain Marshall Coleman ne fut devancé que d’un demi-point de pourcentage.

Le même phénomène s’est produit pendant les élections municipales des trois plus grandes métropoles américaines, New York, Chicago et Philadelphie. Les défections des électeurs blancs supposés favorables au candidat noir et le nombre disproportionné de votants hésitant encore à donner leurs voix au candidat blanc se soldèrent par la victoire beaucoup plus serrée que prévu des candidats afro-américains. En 1989, des sondages effectués juste avant les élections municipales avaient prédit une avance de 14 points de pourcentage contre 10 au premier maire afro-américain de New York David Dinkins. Mais son avantage réel n’a été que de 2 points de pourcentage.

En 1983, pendant les deux semaines précédant la victoire du premier et unique maire afro-américain de Chicago démocratiquement élu, Harold Washington, ce dernier dépassa son adversaire de 14 points. Mais il finit par remporter le scrutin avec une marge à peine supérieure à 3 %. Si sa candidature inédite généra une considérable augmentation du nombre d’inscrits noirs sur les listes électorales de Chicago, elle engendra aussi une poussée équivalente des inscriptions d’électeurs blancs. La candidature de Washington donna finalement une écrasante majorité de 88 % du vote blanc à un candidat républicain peu connu, dans une ville qui avait toujours élu des démocrates depuis les années 1920.

A Philadelphie, autre ville majoritairement démocrate dont la population afro-américaine représente 40 % du nombre total des électeurs, un technocrate irréprochable ayant longtemps fréquenté l’église — Wilson Goode — fut le premier Afro-Américain à diriger la ville. Même ce candidat au-dessus de tout soupçon et ne suscitant aucune crainte fut incapable de capter plus de 23 % du vote blanc de Philadelphie, soit un tiers des voix allant traditionnellement aux démocrates. Ces élections se sont toutes déroulées après le fameux scrutin californien de 1982 qui vit le gouverneur afro-américain Tom Bradley, que les sondages prédisaient vainqueur, perdre de très peu contre son adversaire républicain George Deukmejian. Des explications autres que le facteur racial avaient alors été évoquées pour expliquer sa défaite, ce qui n’a pas été le cas pour les autres scrutins. Il se peut que les électeurs blancs mentent aux instituts de sondage, qu’ils changent d’avis à la dernière minute ou que les enquêtes soient conçues de telle sorte qu’elles sous-estiment le nombre d’électeurs fermement opposés à des candidats noirs. Il n’en demeure pas moins que les sondages impliquant des candidats noirs révèlent des anomalies persistantes.

Il est vrai qu’à la fin du XXe siècle et dans la première décennie du XXIe siècle de nombreux Afro-Américains furent élus au Congrès ; toutefois nous avons entendu peu d’histoires rappelant ce qui a été qualifié d’ « effet Bradley ». Mais peut-on comparer les fonctions de sénateur à celles de maire ou de président ? Se pourrait-il que les électeurs blancs craignent plus d’élire un Afro-Américain au poste de maire ou de gouverneur qu’au Sénat ou à la Chambre des représentants ? Et quid de l’élection d’un président afro-américain ? Chez les plus craintifs, l’élection d’un président noir peut-elle provoquer des niveaux d’anxiété sans précédent ?

Les psychologues qualifient cette attitude faussement candide des électeurs prétendant soutenir un candidat noir mais agissant différemment dans les isoloirs de « préjugé de désirabilité sociale » (social desirability bias) : les sondés fournissent des réponses perçues comme politiquement correctes et « socialement désirables », c’est-à-dire conformes à ce qu’il est bon de dire. Ainsi les électeurs prétendent vouloir voter pour un candidat afro-américain car toute autre réponse serait jugée déplacée, voire raciste, notamment lorsque ce candidat a été adoubé par leur propre parti. Il est donc vraisemblable que des électeurs déclarant vouloir voter pour M. Obama ne disent pas toute la vérité.

Considérant le silence qui a plané sur la question raciale durant la campagne présidentielle, il pourrait être « socialement indésirable » d’oser évoquer même la possibilité d’une défection massive des électeurs de M. Obama. Un groupe d’experts se sont alignés sur l’avis de l’ancien aide de campagne de Mme Clinton qui a déclaré le 5 octobre dernier que la course à la présidence était terminée et que M. Obama ne pouvait pas perdre.

Mais, à moins de deux semaines du scrutin, au moins dix Etats comptent suffisamment d’électeurs indécis et enregistrent une marge d’erreur suffisamment importante pour que M. John McCain y remporte la victoire. Selon les sondages, le Colorado, la Floride, l’Iowa, le New Hampshire, la Caroline du Nord, l’Ohio, le Missouri, la Virginie, la Virginie-Occidentale et la Pennsylvanie restent encore très indécis. Si M. Obama remporte la Pennsylvanie et l’Iowa et que les électeurs indécis se rangent massivement du côté de M. McCain dans les autres Etats, c’est ce dernier qui l’emportera. Si M. Obama gagne dans le New Hampshire aussi, il y aura égalité du collège électoral.

Considérant la combinaison de deux facteurs, le fait que le candidat soit afro-américain et qu’il brigue le poste le plus important des Etats-Unis, l’histoire et le bon sens suggèrent que les électeurs blancs se déclarant encore indécis après une si longue campagne électorale voteront contre M. Obama quand ils seront seuls dans leur isoloir, loin du jugement des instituts de sondage.

vendredi 24 octobre 2008

LES PRESIDENTS CHANGENT, L'EMPIRE AMERICAIN DEMEURE

Extrait du Monde Diplomatique - Septembre 2008

Les présidents changent, l’empire américain demeure

S’adressant à plusieurs centaines de milliers d’Allemands, le candidat démocrate Barack Obama a présenté l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) comme « la plus grande alliance jamais formée pour défendre notre sécurité commune ». Le républicain John McCain souhaite que cette dernière s’engage davantage dans le conflit ayant éclaté en Géorgie. En dépit de leurs différences, une même conception de la place des Etats-Unis dans le monde unit les deux principaux partis.
Par Arno J. MayerTirer à boulets rouges sur le président George W. Bush, un « canard boiteux » désormais, est définitivement passé de mode. Le nouveau sport en vogue consiste à spéculer sur la manière dont M. John McCain ou M. Barack Obama redessinera la politique étrangère américaine. Cet exercice n’est pourtant pas plus productif.

Caligula, troisième empereur de Rome, était un despote cruel. On raconte néanmoins qu’il caressait une idée — significative du peu de respect que lui inspirait son personnage public : nommer son cheval préféré, Incitatus, d’abord au Sénat puis à un poste de consul. Caligula sous-entendait peut-être que la mécanique de l’Empire romain fonctionnait par elle-même et, une fois lancée, qu’elle pouvait s’affranchir de sa cohorte de césars.

Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis se trouvent dans l’impasse en Irak et que des bombes à retardement couvent dans le « Grand Moyen-Orient » (Greater Middle East) et dans le Caucase, le problème réside moins dans la désastreuse médiocrité de M. Bush, ou dans l’impériale ardeur du prochain président américain, que dans la volonté propre d’un empire né de la guerre contre l’Espagne (1898) et ordonnateur d’une pax americana au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Les Etats-Unis ont survécu à l’aventure vietnamienne ; ils peuvent sortir pratiquement indemnes du fiasco irakien. Momentanément déconcerté, l’empire continuera sa route, entre bipartisme, pressions des milieux d’affaires et bénédictions évangéliques. Cette aptitude à s’offrir des gaffes coûteuses — non pas pour les élites mais pour les classes populaires — caractérise d’ailleurs les Etats impériaux parvenus à maturité. L’empire américain finira certes par s’effondrer, mais les prédictions de déclin précipité sont exagérées. Sans rival militaire à leur mesure, les Etats-Unis demeureront, quelque temps encore, l’unique superpuissance mondiale.

Cependant, à force de lutter contre l’érosion, les empires vaniteux et trop expansionnistes sapent leur pouvoir et leur prestige. Leur nervosité s’accroît. Et leur férocité. On les voit alors trépigner pour rappeler au monde qu’ils ne sont pas des tigres de papier. Etant donné leur posture en Irak et les retombées de cette crise dans la région, les Etats-Unis opteront-ils pour une escalade en Iran, en Syrie, au Liban, en Afghanistan, au Pakistan, au Soudan, en Somalie, en Géorgie, au Venezuela ? Les points de vue de MM. McCain et Obama diffèrent quant au lieu de l’intervention, aux tactiques à mettre en œuvre. Mais ni l’un ni l’autre ne doutent de l’urgence ou de la légitimité d’une telle action. Le premier situe la ligne de front de la « guerre contre le terrorisme » en Irak ; le second en Afghanistan et au Pakistan.

Les Etats-Unis possèdent l’armée la plus puissante du monde. Elle surpasse de très loin toutes celles des anciens empires. Omniprésent sur les mers, dans les airs, dans l’espace et le cyberespace, Washington sait projeter sa force à une vitesse record sur des distances considérables. Ainsi, tel un shérif autoproclamé, se précipite-t-il d’un bout à l’autre de la planète pour maîtriser ou exploiter des crises, réelles ou putatives. « Aucun coin du monde n’est assez reculé, aucune montagne n’est assez haute, aucune grotte ni aucun bunker assez profonds pour mettre nos ennemis hors de notre portée », affirmait M. Donald Rumsfeld, alors ministre de la défense (1). L’Amérique consacre plus de 20 % de son budget annuel à son armée, soit autant que les dépenses militaires du reste du monde. Qu’importe si cela nuit à la société. Les industries d’armement ne réalisent-elles pas de lucratives ventes à l’étranger ? Dans le « Grand Moyen-Orient », les Etats du Golfe — Arabie saoudite en tête — leur achètent pour des milliards de dollars de matériels de défense sophistiqués (2).

Au lieu d’établir des colonies territoriales classiques, les Etats-Unis assurent leur hégémonie en installant des bases militaires, navales et aériennes. Il en existe dans plus de cent pays, les plus récentes en Bulgarie, en République tchèque, en Pologne, en Roumanie, au Turkménistan, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ethiopie et au Kenya. Seize agences de renseignement, dont les bureaux sont disséminés de par le monde, constituent l’ouïe et la vue de cet empire sans frontières.

Washington possède douze porte-avions, dont trois seulement ne sont pas nucléaires. Ces bâtiments transportent jusqu’à quatre-vingts avions ou hélicoptères ainsi que de forts contingents de soldats, de marins et de pilotes. Autour de ces bâtiments titanesques gravitent des croiseurs, des destroyers, des sous-marins souvent autoguidés et équipés de missiles. La marine américaine veille dans des bases éparpillées sur la surface du globe et patrouille les principales routes maritimes. Elle est l’épine dorsale, le flux sanguin d’un empire d’un nouveau genre. Les bateaux déplacent les avions, qui sont les principaux pourvoyeurs de soldats, de matériel et de ravitaillement. A Washington et au Pentagone, l’US Navy a récemment pris l’ascendant sur les armées de terre et de l’air (3).

Démocratie, droits et... capitalisme

Entre 2006 et 2008, la présence américaine à l’est de la Méditerranée, en mer Rouge, dans le Golfe et dans l’océan Indien témoigne du désir de Washington de montrer sa force partout dans le monde (4). Au besoin en livrant de l’aide humanitaire à la pointe du fusil, dans l’attente d’un avantage politique. Au moins deux porte-avions stationnent actuellement entre Bahreïn, le Qatar et Djibouti. Entièrement équipés en matériel terrestre et en véhicules amphibies, ils transportent des milliers de soldats et de marins ainsi que des personnels formés aux opérations spéciales. Ces géants des mers sont là pour rappeler, comme le déclarait en janvier 2007 le ministre de la défense Robert Gates, que les Etats-Unis « maintiendront longtemps encore leur présence dans le Golfe (5) ».

Une semaine plus tard, le sous-secrétaire d’Etat chargé des affaires politiques, M. Nicholas Burns, estimait que « le Proche-Orient n’a pas vocation a être dominé par l’Iran ; les eaux du Golfe n’ont pas vocation à être contrôlées par l’Iran. C’est pourquoi les Etats-Unis ont stationné deux unités de combat dans la région (6) ». Ces paroles de MM. Gates et Burns auraient pu émaner de n’importe lequel des ministres de la défense, des secrétaires d’Etat américains, des directeurs de la Central Intelligence Agency (CIA) ou des présidents des soixante dernières années.

Dans le discours qu’il prononça en janvier 1980, un peu plus d’un an après Camp David I, et quelques semaines seulement après la crise des otages à Téhéran et l’invasion soviétique en Afghanistan, le président James Carter avait été très clair : « Toute tentative d’une force extérieure de prendre le contrôle du golfe Persique sera perçue comme une attaque contre les Etats-Unis. Les moyens adéquats, y compris l’usage de la force, seront utilisés pour repousser celle-ci (7). » Il ajoutait que la présence de l’armée russe en Afghanistan constituait « une menace » pour une région qui « détient les deux tiers des ressources pétrolières exportables du monde » et se trouve « à trois cents miles de l’océan Indien et du détroit d’Ormuz, une voie maritime par laquelle doit transiter l’essentiel des ressources pétrolières du monde ».

Un quart de siècle plus tard, M. Henry Kissinger, ancien secrétaire d’Etat américain, désormais consultant, remettait au goût du jour la doctrine Carter en déplaçant la menace de Moscou à Téhéran : « Si l’Iran devait persister à combiner tradition impériale perse et ferveur islamique contemporaine (...), il ne lui serait tout simplement pas permis de réaliser son rêve impérialiste dans une région aussi importante pour le reste du monde (8). »

Certes, les soldats équipés d’armes conventionnelles ultrasophistiquées sont mal préparés pour ces guerres asymétriques qui ne se déroulent plus entre Etats mais contre des entités ayant recours à des armes et à des techniques non conventionnelles. Mais les porte-avions, les avions de combat, les missiles antimissiles, les satellites militaires, les robots de surveillance, les véhicules et les bateaux autoguidés ont encore de beaux jours devant eux.

Qu’elles soient directes ou indirectes, ouvertes ou secrètes, militaires ou civiles, les intrusions dans les affaires intérieures d’autres Etats constituent, depuis 1945,la pierre angulaire de la politique étrangère américaine. Washington n’a pas hésité à intervenir, le plus souvent de manière unilatérale, en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, au Liban, en Palestine, en Iran, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Ukraine, en Géorgie, au Kazakhstan, au Nicaragua, au Panamá..., défendant inlassablement les intérêts américains tout en prônant des variantes de la démocratie, du capitalisme, des droits humains.

Prenant pour modèles l’Agence américaine pour le développement international (United States Agency for International Development, Usaid), le programme Fulbright (9) et le Congrès pour la liberté de la culture (10) lancés à l’époque de la guerre froide, les gros bras de la nouvelle « guerre mondiale contre le terrorisme » ont imaginé des mécanismes équivalents : Compte du défi du millénaire (Millenium Challenge Account), Initiative pour le partenariat au Proche-Orient (MEPI), l’un et l’autre émanant directement du département d’Etat. Se remémorant les jours glorieux de la Rand Corporation, de l’Institut d’analyse stratégique et des chaires d’études soviétiques, le ministère de la défense a enrôlé des universitaires dans le projet Minerva afin qu’ils apportent leur concours aux nouveaux combat anti-insurrectionnels.

L’économie surpuissante de l’Amérique, sa culture syncrétique et sa science sont à l’image de sa puissance militaire : inégalées. Mis à part les déficits fiscaux et commerciaux abyssaux, qui grippent parfois son système financier et secouent la planète, l’économie américaine demeure robuste et bat la cadence de la « destruction créatrice (11) », sans tenir compte de son coût social, aux Etats-Unis comme à l’étranger.

Le rétrécissement de son secteur industriel et manufacturier pourrait s’avérer le maillon faible. Cependant, les Etats-Unis tiennent encore le haut du pavé en matière de recherche et de développement, de brevets en cybernétique, biologie moléculaire et neurologie. Leur ascendant planétaire est conforté par les crédits publics, les dons privés et le mécénat d’entreprise dont bénéficient leurs universités et leurs instituts de recherche, qui établissent des antennes à l’étranger en même temps qu’ils drainent les cerveaux du monde entier. L’engouement pour les musées globalisés, l’architecture des sièges des grandes entreprises et la généralisation des stratégies de marketing politique ou commercial obligent ceux qui en douteraient encore à admettre que le modèle américain perdure bel et bien.

Recruter des soldats à prix cassé

Il n’est donc pas étonnant que le pays récolte une moisson disproportionnée de récompenses internationales en économie mais aussi en sciences naturelles. Plus édifiant encore, l’anglais américain s’impose dans le monde entier comme une lingua franca (une langue universelle), en particulier pour les jeunes générations et les utilisateurs d’Internet. Ce phénomène explique et alimente l’immense influence des multinationales et des institutions financières publiques et privées américaines. La culture populaire et les modes de consommation américains pénètrent les endroits les plus reculés du globe, pour le meilleur et pour le pire. Wal-Mart, McDonald’s, Hollywood, les stades et les séries télévisées rassasient les masses de pain et de jeux. Aux confins instables de l’empire, Washington, Wall Street et K Street (la rue de Washington où se concentrent nombre de lobbys) soutiennent les régimes et les élites disposés à collaborer.

Cette puissance n’est en rien le produit d’une génération spontanée. Dans sa quête permanente de ressources naturelles, de nouveaux marchés et de positions stratégiques, elle trahit des ressemblances troublantes avec les empires du passé. La plupart des Américains estiment qu’ils ont tout à gagner à conserver leur position dominante. Bien sûr, certaines couches sociales sont plus avantagées que d’autres. Mais, dans l’ensemble, l’empire leur profite sur les plans économique, culturel et psychologique. Cela vaut également pour l’intelligentsia, les professions libérales et la presse.

Les Etats-Unis conservent de gigantesques réserves, notamment militaires, qui leur permettent de poursuivre leur interventionnisme mondial. Ils peuvent mobiliser les ressources et la volonté nécessaires pour sortir de l’impasse irakienne. L’armée manque certes d’unités de combat pour certaines manœuvres terrestres de grande envergure, et l’on a pu observer une certaine incohérence stratégique dans les opérations menées contre des groupes d’insurgés, une guérilla ou des forces terroristes. Mais la pénurie de soldats ne devrait pas durer. Des entreprises privées recruteront à prix cassé, de préférence dans les « dépendances du tiers-monde », des mercenaires en armes ou des civils qu’ils projetteront sur les théâtres d’opérations.

Lorsque Washington entonne le couplet de la défense désintéressée des droits humains, des programmes sociaux, de la libération des femmes, de l’Etat de droit et de la démocratie pour tous, il s’agit, pour partie, d’un artifice. Tous les dirigeants américains ont eu les mêmes priorités : terrasser le spectre du communisme, avant l’implosion de l’Union soviétique ; étouffer le serpent de l’islamisme radical depuis le 11 Septembre.

Le rapport de la commission bipartie Baker-Hamilton sur l’Irak, rendu public le 6 décembre 2006, ne se préoccupait pas tant du chaos sur les rives du Tigre que de ses éventuelles répercussions aux Etats-Unis mêmes : « L’Irak, indispensable à la stabilité régionale et même mondiale, joue un rôle très important pour les intérêts américains. Le pays se trouve sur la ligne de fracture entre l’islam chiite et l’islam sunnite, et entre les populations kurdes et arabes. Il détient la deuxième réserve de pétrole du monde. Il sert aujourd’hui de base d’opérations au terrorisme international et à Al-Qaida. L’Irak, pièce maîtresse de la politique étrangère américaine, influence la manière dont les Etats-Unis sont perçus dans la région et dans le monde (12). » En somme, l’importance du pays envahi tient à ce que son effondrement ternirait l’image de l’Amérique dans le monde...

En accord avec la légion d’experts de politique étrangère acquis à la ligne officielle, MM. James A. Baker (républicain) et Lee H. Hamilton (démocrate) ont postulé que Washington continuerait à faire la loi dans le « Grand Moyen-Orient ». Le rapport était très clair sur ce point : « Même après le départ des brigades d’intervention américaines d’Irak, nous maintiendrons une importante présence militaire dans la région, grâce à nos forces militaires restées sur le terrain en Irak, à notre déploiement de forces terrestres, navales et aériennes depuis le Koweït, Bahreïn et le Qatar et à notre présence croissante en Afghanistan. »

Il n’est pas surprenant que MM. Baker et Hamilton aient demandé conseil aux plus brillants instituts de recherche stratégiques « indépendants » ou bipartis et autres « boîtes à idées » qui prolifèrent depuis la fin de la guerre du Vietnam, au point de former un cinquième pouvoir. Dans nombre de ces instituts, dirigeants, consultants et intellectuels attitrés ne font pas mystère de leur engagement. Certains ont même fourni des notes de synthèse et des textes clés en main pour ce rapport sur l’Irak.

En partie financé par la Fondation Bill et Melinda Gates, le Centre d’études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies, CSIS) fut l’un des Pygmalion de la commission Baker-Hamilton. Regroupant des administrateurs et des experts issus de la fonction publique comme du secteur privé, il affiche son objectif : « Améliorer la sécurité et veiller à la prospérité dans une époque de transformation politique, en offrant aux dirigeants des analyses stratégiques et des solutions pratiques afin qu’ils puissent imaginer l’avenir et anticiper les changements. »

Parmi ses membres figurent l’actuel et les ex-présidents du conseil d’administration de Time Inc., Coca-Cola, Merrill Lynch, Lehman Brothers, ExxonMobil, Morgan Stanley. Sans oublier le dernier oracle du soft power, le professeur Joseph S. Nye, de la Kennedy School of Government Harvard. Quant au panel des consultants, il regroupe une brochette d’anciens hauts responsables d’administrations démocrates et républicaines : MM. Harold Brown, Zbigniew Brzezinski, Frank Carlucci, Henry Kissinger, James Schlesinger, Brent Scowcroft et Mme Carla Hills.

Des organismes semi-privés exploitent le même créneau. Officiellement indépendant, l’Institut républicain international, très impliqué en Irak (et présidé par le sénateur McCain), entend « faire avancer la cause de la liberté et de la démocratie dans le monde en aidant au développement des partis politiques, des institutions publiques, des élections libres, de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit ». Dans la même veine, une autre structure « à but non lucratif », l’Institut démocratique national pour les affaires internationales, présidé par l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, œuvre au « renforcement et au développement des valeurs, des pratiques et des institutions démocratiques (...) dans toutes les régions du monde ».

Avec un cahier des charges plus restreint, l’Institut pour la politique du Proche-Orient, autoproclamé pluraliste mais clairement situé à droite, se propose « d’œuvrer pour une meilleure compréhension, réaliste et équilibrée, des intérêts américains au Proche-Orient (...) et de promouvoir dans la région un engagement américain basé sur le renforcement des alliances, l’amitié, qui apporterait la sécurité, la paix, la prospérité et la démocratie aux populations ».

La commission Baker-Hamilton a également sollicité les avis du Council on Foreign Relations, du Brookings Institute, de la Rand Corporation et de l’American Enterprise Institute. Quels que soient leurs penchants politiques, tantôt à droite, tantôt au centre, les collaborateurs, associés ou mécènes de ces officines ne s’interrogent guère sur les coûts et avantages politiques, économiques et sociaux de l’empire pour les Etats-Unis et pour le reste du monde. Les désaccords et les débats portent invariablement sur la meilleure manière d’assurer la sécurité, d’exploiter et de protéger l’hégémonie américaine, plutôt que sur les valeurs, les objectifs et l’éthique qu’elle est censée défendre. Là où les néoconservateurs prêchent sans complexe la poursuite de la mission civilisatrice de l’Amérique, les centristes « pluralistes » disent la même chose, mais sotto voce.

Rappelant que le rôle des Etats-Unis est « unique » dans un monde où « peu de problèmes peuvent se résoudre sans nous », la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a ingénument admis : « Nous, les Américains, nous nous engageons en politique étrangère parce que nous le devons, et non pas parce que nous le voulons. C’est là une saine position, celle d’une république et non d’un empire (13). »

Toutefois, même les critiques centristes de la politique étrangère de l’administration Bush se gardent d’interpeller Washington sur son soutien inconditionnel à Israël. Et, comme les néoconservateurs, ils refusent de lier le marasme irakien et l’impasse israélo-palestinienne. Les uns comme les autres expriment des réserves à l’égard d’une des conclusions du rapport Baker-Hamilton, celle qui pose que les Etats-Unis « ne pourront pas atteindre leurs objectifs au Proche-Orient s’ils ne s’attaquent pas directement au conflit israélo-arabe et à l’instabilité régionale qui en découle ». De même, sur la question de l’Iran, démocrates et républicains pourraient presque parler d’une seule voix tant ils semblent s’accorder pour planifier des interventions secrètes en agitant sans cesse la menace d’un embargo économique renforcé ou d’une action militaire.

L’empire américain ne tient pas — et n’a jamais tenu — à la personne de M. Bush. Demain, il ne s’identifiera pas davantage à celle de M. McCain ou de M. Obama. Le candidat démocrate aurait pu s’exprimer au nom des deux partis à la fois lorsqu’il annonça en mars 2008 : « Ma politique étrangère se veut un retour à la politique réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan (14). » Aucun des candidats à la présidence ne propose de solution de rechange à la mission impériale des Etats-Unis, hormis peut-être la mise en sourdine de l’habituelle rhétorique messianique et moralisatrice dans les rapports potentiellement conflictuels avec l’Iran, la Chine, l’Inde, sans oublier une Russie revigorée. Quatre pays tentés d’instaurer des formes nationales de capitalisme.

Au cours d’une campagne présidentielle dont l’enjeu a largement débordé les frontières américaines, les deux candidats ont transformé les capitales étrangères en autant d’estrades du haut desquelles ils ont pu réaffirmer leur détermination. Au moment de prononcer son discours d’investiture, M. Obama a d’ailleurs préféré se détourner du Pepsi Center de Denver, lieu de la convention démocrate, au profit du stade des Denver Broncos. Une arène qui peut contenir soixante-quinze mille spectateurs, soit vingt-cinq mille de plus que le Colisée...

Arno J. Mayer

jeudi 23 octobre 2008

UN MEDECIN HAITIEN HONORE AUX ETATS-UNIS

Un médecin haïtien honoré aux États-Unis

mardi 21 octobre 2008

P-au-P., 21 oct. 08 [AlterPresse] --- Un prestigieux collège américain de chirurgiens « The american college of surgeons » a décoré un médecin haïtien, lors d’une cérémonie, à San Francisco, le 14 octobre dernier.

Guy Dève Théodore est récompensé, souligne le Collège, pour avoir consacré une bonne partie de sa carrière à la fourniture de soins chirurgicaux à des populations démunies, sans contrepartie financière.

Originaire de Pignon, le docteur Théodore a fait sa spécialisation en Chirurgie aux Etats-Unis, puis a rejoint l’Armée de l’air américaine.

De retour en Haïti en 1983, il s’est concentré sur les besoins vitaux de ses compatriotes et a développé une stratégie qui allait déboucher sur la construction de l’hôpital de Pignon.

Plus qu’un hôpital, Guy Dève Théodore a construit - ces vingt-cinq dernières années – un vaste réseau de services de santé publique, en passant par le traitement du VIH, les soins dentaires, oculaires et de maternité ainsi que la mise en place d’installations sanitaires et de programmes de micro-finance.

Avec l’assistance des chirurgiens expatriés et bénévoles de la Mission chrétienne de Pignon, « Community coalition of Haiti » et « Project Haiti », le docteur Guy Dève Théodore a animé régulièrement des formations à l’intention des médecins, à travers Haïti.

lundi 20 octobre 2008

L'AMERIQUE: UNE BOUGIE ALLUMEE AUX DEUX BOUTS

L’AMERIQUE: UNE BOUGIE ALLUMEE AUX DEUX BOUTS

Le nouvel occupant de la maison blanche le 20 janvier 2009 va être l’héritier d’une Amérique fatiguée, malade, et estropiée. Durant la XIIe. Conférence des Amériques, organisée à Miami par le quotidien Miami-Herald, le président dominicain Leonel Fernandez a soutenu que » En 2008, ce sont les Etats-Unis qui sont une menace ouverte à la démocratie et au développement économique de la région. » Le bilan suivant met vraiment en cause les fondements même de l’Etat :
• Un système financier dysfonctionnel, ravagé par l’appât des gains faciles, la mauvaise gouvernance des corporations, le laxisme ou la complaisance des autorités compétentes causant une perte de 1,2 mille milliards de dollars en une journée
• Une dette extérieure évaluée à $10,2 mille milliards avec une dépense de $451 milliards pour l’exercice fiscal 2008 seulement pour couvrir les intérêts, soit $1,2 milliard par jour
• Un déficit budgétaire estimé à $1 mille milliard pour l’exercice fiscal 2009
• Une guerre contre la terreur en Iraq coutant $2 milliards par jour et le coût total, à nos jours, évalué à $591 milliards
Parliez-vous de promesses ? Promesses électorales ? De qui ? McCain ou Obama ? Le choix : entre Lucifer et Satan. Les promesses, quel qu’elles soient, vont manger la poussière de la réalité. A bon entendeur, salut !

LeGrand Parisien Salvant, MBA